Le FLN et le RND remis en selle | El Watan
toggle menu
lundi, 13 juillet, 2020
  • thumbnail of elwatan13072020




Election de nouveaux SG à la tête de ces formations

Le FLN et le RND remis en selle

01 juin 2020 à 10 h 03 min

Ayant toujours appuyé toutes les politiques du régime, les deux partis avaient défendu, jusqu’à la dernière seconde, l’option du 5e mandat d’un Président impotent et absent qui, comme on a fini par l’avouer, ne gouvernait pas du tout.

Le FLN et RND ont parachevé, durant le week-end dernier, l’opération de leur remise en selle. Ayant fait le dos rond durant plus d’une année, pour laisser passer la violente tempête du hirak populaire qui a failli dévaster leurs bases, les deux «frères ennemis», considérés comme étant les deux béquilles du système en général et du régime Bouteflika en particulier, ont élu leurs nouveaux secrétaires généraux.

On ne sait pour quelle urgence, l’administration a autorisé – en dépit du risque sanitaire dû à la propagation de la Covid-19 et malgré le confinement en vigueur – les deux formations à tenir leurs activités organiques.

En effet, le RND, géré par intérim depuis l’été 2019, a organisé jeudi dernier son congrès extraordinaire qui a débouché sur l’élection d’un nouveau secrétaire général, en l’occurrence Tayeb Zitouni.

L’ancien maire d’Alger-Centre remplace ainsi Ahmed Ouyahia, en prison, avec qui il a toujours été en conflit. A une journée d’intervalle, le Front de libération nationale (FLN) a accompli une opération similaire.

Traversant la même tourmente que le RND en raison des poursuites judiciaires engagées contre deux de ses anciens secrétaires généraux, l’ex-parti unique a tenu la réunion de son Comité central (CC), pourtant dissous par Moad Bouchareb, ancien SG mis à l’écart.

Le conclave, organisé aussi sans aucun respect des mesures de distanciation sociale en vigueur, a été clôturé avec la désignation Badji Abou El Fadhel, ancien partisan d’Amar Saadani et de Djamel Ould Abbès, comme nouveau patron du parti.

Et la boucle est bouclée. Désormais, les deux formations, qui étaient des cibles du mouvement populaire, dès le 22 février 2019, en raison de leur responsabilité dans le désastre politique et économique du pays, s’apprêtent à «un retour à la normale».

Ayant toujours appuyé toutes les politiques du régime, ces partis ont défendu, jusqu’à la dernière seconde, l’option du 5e mandat d’un Président impotent et absent qui, comme on a fini par l’avouer, ne gouvernait pas du tout. Les Algériens, rappelons-le, ne leur ont pas pardonné cette position et leur ont demandé carrément de «dégager».

Mais au lieu d’une dissolution ou d’une autodissolution, comme réclamé par le mouvement populaire «béni», on assiste à un réaménagement des maisons des deux partis qui détiennent toujours, et paradoxalement, le contrôle du Parlement et d’une majorité des assemblées élues.

Reconduction du même schéma ?

Pour quel objectif ? Ces partis seront-ils à nouveau sollicités pour conduire la locomotive politique de la nouvelle étape ? Assisterons-nous à la reconduction du même schéma politique en vigueur durant les 30 dernières années ?

Le lancement du débat autour du chantier de la révision de la Constitution n’est, visiblement, pas étranger à cette opération.

En attendant les prochains développements, les observateurs de la scène nationale estiment d’ores et déjà que ce branle-bas de combat au sein de ces deux partis est fortement lié au prochain épisode politique national.

Ayant toujours fonctionné par des schémas basés sur des représentations factices, le système s’apprêterait à remettre sur orbite les mêmes alliances qui ont favorisé la longévité de l’ancien régime.

Il y a déjà des signes avant-coureurs. Parallèlement à la réorganisation interne des partis au pouvoir, des formations politiques bénéficient d’une sorte de promotion pas du tout innocente.

Un mois après le lancement de ce débat sur la Constitution, ce sont seulement ces formations qui font dans le «soutien critique» du pouvoir qui ont accès aux médias.

Les autres voix sont, en revanche, diabolisées. Ces nouveaux promus seront-ils sollicités pour prendre le relais de certains partis, qui constituaient, avec le FLN et le RND, la fameuse alliance présidentielle, dans la future probable coalition politique ? 



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!