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Responsabilité de l’état français dans la disparition de son père

Le fils de Maurice Audin lance un appel à témoins

15 septembre 2018 à 1 h 30 min

Après la décision historique du président Macron de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la disparition du militant anticolonialiste Maurice Audin durant la Guerre d’Algérie, son fils Pierre a appelé les témoins de la Guerre de Libération nationale à «dire la vérité» et à «transmettre les documents» sur l’assassinat de son père par l’armée française, rapporte l’APS.

Lors de son intervention sur une station de radio, Pierre Audin a estimé que pour lui le président Macron «a reconnu que la torture était un système qui était essentiellement une arme politique, qui ne servait qu’à terroriser la population et qu’il a décidé d’ouvrir les archives concernant tous les disparus, pas seulement mon père», a-t-il déclaré. «Désormais, il faut dire la vérité et transmettre les documents qui permettront de savoir, pour mon père et pour des milliers d’autres, ce qui est arrivé précisément», a-t-il jugé, tout en regrettant qu’il a fallu 61 ans pour que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans ce crime.

Pierre Audin a rappelé qu’il est «tout à fait clair» à l’époque que quand les militaires annonçaient que quelqu’un s’était évadé, cela voulait dire qu’il avait été assassiné. «C’était un langage codé, mais dans le système de terreur qui régnait à Alger à ce moment-là, il est tout à fait clair que c’était ce que ça voulait dire. Il n’y avait pas d’ambiguïté», a-t-il rappelé.

Pour sa part, Raphaëlle Branche, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Rouen et auteur de La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, a expliqué, à nos confrères du Monde, que «cette reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans la torture, la mort puis la disparition du corps d’un homme désarmé, arrêté parce qu’il était soupçonné d’appartenir à un mouvement clandestin opposé au maintien de l’Algérie française, marque un changement radical dans la position officielle de la France».

«En se démarquant des propos de ses prédécesseurs qui n’avaient reconnu que des actes minoritaires et déviants», le président Macron reconnaît que la torture fut «un élément indispensable du dispositif répressif que l’armée française mit en place dès le début de la guerre». «Il ne sera plus possible désormais de nier son caractère systématique : elle appartenait à l’arsenal disponible pour les militaires chargés de mener une guerre aux formes inédites, dans une population qu’ils connaissaient mal», a-t-elle poursuivi, soulignant qu’au-delà des personnes arrêtées et soumises à ces violences, «la cible essentielle de la torture était la population civile».

«Les Algériens n’ignorent rien de la réalité du caractère massif de la torture pendant la guerre d’indépendance, des exécutions sommaires, des tortures et d’autres violences illégales accomplies par les forces de l’ordre françaises. Cette déclaration ne leur apprendra rien. En revanche, elle leur dira qu’en France aussi les discours officiels sur le passé peuvent changer», a fait remarquer Raphaëlle Branche.



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