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Le difficile compromis politique

10 juillet 2019 à 10 h 25 min

Le dialogue national revient ces derniers jours avec acuité comme une impérieuse nécessité pour faire sortir le pays de la crise politique actuelle. Tous les acteurs politiques le prônent et l’indiquent comme l’unique voie qui mènera le pays à bon port.

Ce dialogue, on peut le dire, est déjà engagé dans des blocs politiquement homogènes et a commencé à donner ses premiers résultats à travers des objectifs  communs et des feuilles de route. L’enjeu du moment est donc celui de faire converger les visions des uns et des autres pour montrer le chemin à suivre pour solutionner définitivement cette crise politique profonde.

Le Forum du dialogue national du 6 juillet a le mérite de mettre en lumière toutes les fractures et les fissures qui traversent la classe politique. Si tout le monde semble vouloir changer radicalement le système politique tel que revendiqué et exigé par les manifestants qui battent le pavé tous les vendredis à travers l’ensemble du territoire national, les avis divergent sur la façon de traduire sur le terrain de la réalité politique ces aspirations et ces attentes si grandes du peuple.  Ainsi donc et selon les propositions des uns et des autres, c’est la voie à suivre pour atteindre cet impératif du changement qui diffère d’un bord politique à un autre. Il y a ainsi les partisans d’une Assemblée constituante d’un côté et ceux qui veulent la tenue d’une élection présidentielle.

Et chacun y va de son argument. Les partisans de la Constituante, qui sont regroupés dans l’Alternative démocratique, affirment vouloir traiter le problème à sa racine, afin que le système actuel ne se régénère plus. Comment ? Il faudra tout mettre à plat pour refonder la Nation algérienne sur de vraies bases. Ils estiment ainsi qu’il est plus judicieux et plus constructif d’aller vers une Constituante pour préparer une nouvelle Constitution qui garantirait les contre-pouvoirs, sans lesquels on ne pourrait parler de démocratie.

S’ils ne sont pas foncièrement opposés au principe d’une Constituante, les défenseurs de l’option électorale rapide, regroupés dans les Forces du changement dominées par le courant islamo- conservateur, considèrent que le temps presse et que la crise risque de s’aggraver davantage, d’où  la nécessité de préparer le terrain pour l’élection d’un président de la République légitime, en mettant en place tous les mécanismes et les instruments juridiques garantissant un processus électoral transparent, libre et crédible. Autrement dit, permettre au peuple d’exprimer sa volonté à travers l’urne. Leurs divergences ne se limitent pas à une simple affaire de moyens pour concrétiser ce changement de système. Il s’agit surtout du contenu que chacun veut donner à ce changement politique. Entre ceux qui voient ce changement d’un point de vue électoral (élections libres et transparentes) et ceux qui veulent d’abord un «accord politique global» définissant la conception de l’Algérie de demain. Ces deux bords politiques s’appuient sur leurs référents idéologiques.

Le défi est donc celui de pouvoir réduire cette fracture idéologique et dépasser ces clivages politiques. Comment ?  Certains hommes politiques parlent d’un «compromis politique» qui sera le fruit d’un dialogue national sérieux. C’est le cas d’Ali Benflis qui propose d’aller vers une présidentielle pour élire un «président de transition». Pour lui, qui fait partie des Forces du changement, «nul ne doute que le prochain mandat présidentiel sera un mandat de transition plein et entier. Et c’est dans ce cadre-là que se trouve la place naturelle de la transition démocratique, de la nouvelle Constitution et de l’objectif global de changement de régime politique». Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. Pour Abdelwahab Fersaoui, président du RAJ, membre des trois dynamiques de la société civile, «on ne peut pas aller vers un dialogue conditionné par une présidentielle». Certaines forces démocratiques refusent un compromis à n’importe quel prix.

Pour le PLD, qui fait partie de l’Alternative démocratique, «il n’y a pas de solution miracle pour sortir le pays d’une crise aussi gravissime. Aucun courant politique, aucun parti démocrate, aucune personnalité ne la possède». Pour cette formation coordonnée par Mustapha Hadni, «les démocrates ne seront une alternative crédible, face au système et l’islamisme politique, que dans l’alliance démocratique la plus large et la plus forte». «Ce n’est qu’en fédérant nos forces que nous construirons le bras de levier nécessaire pour obtenir l’adhésion des citoyennes et des citoyens et que nous créerons la synergie suffisante pour faire la jonction avec l’extraordinaire potentiel moderniste qui gît dans le ventre du mouvement du 22 février», souligne-t-il.

Ce «compromis politique» s’annonce donc difficile, tant les fractures idéologiques sont profondes entre, notamment, modernistes et conservateurs.


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