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Le député Tliba Bahaeddine face à la justice : Un homme de main à l’ambition démesurée

11 septembre 2019 à 10 h 18 min

Ala demande du ministère de la Justice, le bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN) a examiné, avant-hier, la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député FLN de la wilaya de Annaba, Baha Eddine Tliba.

Selon des sources judiciaires, ce dernier est présumé accusé de «financement occulte» de la campagne électorale de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika et des listes de son parti lors des campagnes électorales pour les élections législatives et locales de 2017. Et c’est le fils de l’ex-secrétaire général du parti FLN, Omar Skander Ould Abbès – en prison avec deux complices depuis le 13 juin – qui serait derrière ces accusations.

Selon des sources proches de ce dossier, le député Tliba avait déposé plainte contre le fils de Djamel Ould Abbès en février 2017. Auditionné par la gendarmerie, il l’avait accusé de l’avoir approché à l’effet de «payer» une place confortable sur la liste des candidats FLN à la députation.

La perquisition par les éléments de la Gendarmerie nationale du domicile de Omar Skander Ould Abbès, à Club des Pins, avait permis la saisie d’importantes sommes d’argent en monnaies nationale et étrangère. En effet, la police judiciaire avait requis, lors de la présentation des prévenus devant le parquet du tribunal de Chéraga, de «saisir les éléments de preuve consistant en un montant en monnaie nationale de près de 50 millions de dinars et un autre en devises de 200 000 euros». Depuis le début de la chasse à la îssaba (bande) initiée par Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, des voix se sont élevées pour réclamer la tête de ce jeune homme d’affaires dont les parcours politique et économique ont défrayé la chronique.

Né à Annaba, Baha Eddine Tliba, 41 ans, est originaire de Oued Souf. El Hadj, comme on aime l’appeler, a suivi des études en informatique à l’université Badji Mokhtar de Annaba. Encore jeune, il s’est initié au monde de la politique. Il a fait ses débuts en 2002 à Ouargla, où il était le plus jeune membre, à deux reprises, de l’APW de cette wilaya du Sud. Son retour au bercail coïncidait avec les législatives de 2012, où il avait été élu député sous la casquette d’un parti méconnu, le Front national démocratique (FND).

A l’APN, Tliba avait vite rejoint le FLN, ce qui lui avait permis d’être nommé membre du comité central du parti. Mieux, il s’est hissé dans les responsabilités politiques, occupant le poste n°2 de vice-président de l’APN sous Ould Khelifa. Ses contacts avec la haute sphère se sont multipliés rapidement. Il a eu également un rôle dans l’opération de démantèlement du DRS, dans le sillage des attaques menées notamment par Amar Saadani, alors secrétaire général du FLN, à travers un média audiovisuel acquis, où il a tiré à boulets rouges sur le général-major Toufkkf Mediène. Ses adversaires politiques ont connu aussi le même sort, dont Louisa Hanoune du PT, Ahmed Ouyahia du RND et le dernier en date, Ali Guediri, candidat malheureux à la présidentielle annulée.

Ses difficultés politiques ont commencé avec Ould Abbès, alors secrétaire général du parti FLN. Lors des législatives de 2017, le fils de ce dernier aurait proposé à l’homme d’affaires «d’acheter» son siège à l’APN, sous peine d’être rejeté par son père. Dénoncé aux services de sécurité, il a connu le sort qu’on sait. Son intention de réitérer l’appel à un 5e mandat en faveur de Bouteflika a aggravé ses liens avec celui qui croupit actuellement à El Harrach.

Ce qui lui a valu de passer devant la commission disciplinaire de l’ex-parti unique. Par ailleurs, la «success story» de Tliba Baha Eddine n’était pas seulement dans le domaine politique. Son choix professionnel était l’architecture, qu’il exerça d’abord comme directeur du bureau d’études architecturales SETO à Ouargla, qu’il a acquis dans le cadre de la privatisation auprès de la Société de gestion et des participations (SGP). Des projets, le «golden boy» en a beaucoup et un peu partout, accordés par une administration acquise. Le dernier en date est le suivi du projet de l’hôtel Sheraton International de Annaba, à travers son bureau d’étude SETO.

En un temps record, Tliba a connu une ascension fulgurante dans le monde des affaires, particulièrement dans le secteur de l’habitat. Profitant de la crise du logement, il a érigé plusieurs promotions immobilières à Annaba, dont la plus célèbre et contestée est celle de la cité Beni M’haffeur.

Interrogé en avril dernier par un média audiovisuel, au lendemain de l’incarcération de quelques membres de la îssaba, le député Baha Eddine Tliba a répondu fièrement : «J’informe tous les Algériens que je n’ai jamais bénéficié d’un prêt bancaire auprès d’une quelconque banque, publique ou privée. Je ne dispose également d’aucun bien mobilier ou immobilier, encore moins d’un compte bancaire à l’étranger.

Dans toutes mes activités professionnelles et politiques, je n’ai jamais eu recours à un transfert en devises vers ou de l’étranger. Toute ma fortune est le fruit de mon travail.» Son nom et son image restent pourtant parmi les symboles «populaires» des sulfureuses et douteuses carrières érigées à l’ombre du régime Bouteflika.


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