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Fait du jour

Le Conseil militaire de transition cède à petites doses Soudan : la rue maintient la pression pour instaurer un Etat civil

16 avril 2019 à 9 h 10 min

Lors de la manifestation de vendredi dernier à Alger, est apparu un drapeau soudanais. Un clin d’œil à un peuple frère qui se bat lui aussi pour sa liberté et pour dégager un système autoritaire qui a trop longtemps oppressé les Soudanais, les réduisant à l’état de sujets.

La révolte du peuple soudanais, qui dure depuis trois mois, a abouti à la destitution du président Omar El Béchir. Les manifestations se poursuivent toutefois afin d’éradiquer les traces du régime d’El Bachir et arriver à instaurer une démocratie réelle.

Les manifestants, qui ne bougent pas de devant le QG de l’armée, réclament un changement en profondeur du régime. Ils ne veulent pas se contenter de départ d’El Béchir, ils veulent, comme en Algérie, voir tout le système dégager. Chaque jour, les militaires cèdent à petits coups, devant la pression de la rue ; ils ont compris que cette déferlante populaire n’abdiquera pas devant si peu de résultats.

L’armée, à travers son Conseil militaire de transition dirigé par Abdel Fattah Al Burhan – succédant au général Ibn Ouf, qui a démissionné au bout de 24 heures après la destitution de Omar El Béchir –, qui avait dans un premier temps décidé d’une transition de deux ans, en appelle aujourd’hui aux partis de l’opposition et aux représentants du mouvement populaire pour s’unir en vue de choisir un Premier ministre et la formation d’un gouvernement civil d’union nationale. «Nous n’allons pas dormir tant que nous n’avons pas vu le gouvernement précédent inculpé», disent les Soudanais, qui veulent voir les anciens dirigeants répondre de leurs forfaits devant la justice.

En signe de bonne volonté, l’armée a engagé des discussions avec l’opposition et a entrepris de saisir les avoirs du Parti du congrès national (PCN), parti qui avait intronisé Omar El Béchir. En sus de lever le couvre-feu, Abdel Fattah Al Burhan a annoncé la libération de tous les manifestants détenus depuis le début de la révolte, en promettant d’enlever les racines de l’ancien régime.

La même armée soudanaise s’était, pour rappel, rangée du côté du peuple lors des manifestations sévèrement réprimées par les forces pro-gouvernementales, notamment par les éléments du NISS, les services de renseignement. Les bureaux de ces derniers viennent d’être investis par ordre du Conseil des officiers supérieurs. Les nouveaux maîtres de Khartoum promettent aussi de juger les personnes ayant tué des manifestants. Malgré ces promesses, la contestation ne faiblit pas.

Les Soudanais maintiennent la pression pour avoir la garantie de ne pas hériter d’un pouvoir militaire après la destitution de Omar El Béchir. Hier, des manifestants ont contesté une tentative de dispersion du sit-in qui rassemble depuis dix jours des milliers de Soudanais devant le QG de l’armée. Des témoins ont indiqué à l’AFP que plusieurs véhicules de l’armée ont encerclé le lieu du rassemblement. «Ne pas s’approcher. Vous avez été nos invités sous notre protection. Mais à présent, la loi d’urgence nous gouverne tous», est-il écrit sur une banderole accrochée sur le mur du siège de l’armée.

Un message qui ne cache pas un ton menaçant, qui fait douter les manifestants sur la réelle intention du Conseil militaire de transition, puisqu’il fait référence à une loi d’urgence instaurée par Omar El Béchir depuis le 22 février pour interdire les rassemblements. Des dizaines de manifestants ont été tués depuis le début de la contestation déclenchée en décembre dernier.

L’Association des professionnels soudanais (SPA), qui a été aux avant-postes de la contestation, a appelé les soudanais à ne pas céder et à poursuivre les rassemblements afin de «protéger la révolution et exhorté à nouveau le Conseil militaire de transition à transférer immédiatement le pouvoir à un gouvernement civil». La seule promesse d’Al Burhan d’aller inéluctablement vers un gouvernement civil ne suffit pas à rassurer les Soudanais puisqu’aucun calendrier ou délai n’a été fixé.

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