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Des chercheurs en histoire parlent des détracteurs de la réunion d’Ifri : «Le Congrès de la Soummam a donné corps au projet national»

20 août 2020 à 10 h 02 min

Le Congrès du 20 Août était une de ces dates commémorées dans les marches du mouvement populaire.

Guerre des mémoires. Le hirak était une période de communion nationale : des moments de l’histoire nationale étaient célébrés dans la joie.

Le Congrès du 20 Août était une de ces dates commémorées dans les marches du mouvement populaire : des effigies de Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Zighoud Youcef, entre autres, étaient bien visibles dans l’espace urbain.

«Les jeunes du hirak s’étaient appropriés leur histoire, la Révolution et ses symboles. Ils ont surtout renouvelé le message d’Ifri, dans son esprit rassembleur de tous les Algériens dans leur diversité sur les traces de Abane.

Le hirak unitaire et pacifique a réitéré surtout un des principes clés du Congrès de la Soummam : la primauté du civil sur le militaire et l’édification de l’Etat démocratique, social et civil», estime Saïd Salhi, vice-président de la Laddh, et une des figures du mouvement populaire.

Cependant, ce tableau n’est pas qu’idyllique. Ces moments de joie collectifs étaient parfois marqués par l’apparition d’un discours clivant.

Des marcheurs portaient des slogans hostiles au congrès. Des badissistes-novembristes, tels qu’ils se qualifiaient, défendaient la «prééminence» de la Déclaration du 1er Novembre et ses rédacteurs. Sur les plateaux de télévision, mais surtout les réseaux sociaux, les détracteurs du Congrès accusaient ses organisateurs, particulièrement Abane Ramdane.

«Il y a des parties qui veulent provoquer une guerre des mémoires entre les Algériens. Le danger, c’est que ces batailles peuvent provoquer une guerre civile», enrage Rabah Lounici, chercheur en histoire.

Les attaques contre le congressiste ne datent pas des mois du hirak. Au lendemain de cet événement historique, Ben Bella, membre de la délégation extérieure, adressa un courrier au CCE où il s’opposait aux résolutions du Congrès.

Plusieurs années après, Ben Bella reformulera les mêmes reproches, sur la chaîne Al Jazeera, provoquant un tollé. Il se trouve que des chercheurs en histoire reprennent le même discours et considèrent que le Congrès «est un coup d’Etat» qui visait «à éloigner les Algériens de leur religion», comme formulé dans la Déclaration du 1er Novembre.

«Aucun académicien sérieux ne peut nier l’apport du Congrès à la Révolution. Malheureusement certains rejouent les conflits apparus après ce Congrès. Pour des raisons de pouvoir, le duo Mehsas-Ben Bella n’avait pas accepté les résolutions d’un congrès et l’émergence de nouveaux dirigeants.

Nous ne devons pas oublier que certains étaient actionnés par l’Egypte, qui a refusé la formule qui dit que la Révolution ‘‘n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington.’’ L’Egypte a cherché à avoir des pantins dans la région.

En réalité c’est un combat entre les défenseurs d’une Algérie indépendante et forte et ceux qui veulent soumettre le pays à d’autres puissances», signale Lounici.

Pour le chercheur, les détracteurs du Congrès s’appuient surtout sur des textes tels que les mémoires du responsable des moukhabarat égyptien, Fathi Dib (Abdel Nasser et la Révolution algérienne), qui «considère que Nasser a donné son feu vert pour le déclenchement de la guerre».

«Il est tout de même étonnant que des chercheurs donnent du crédit à des textes de Dib, qui explique que Nasser lui a demandé d’empêcher que des Kabyles occupent les premiers postes à l’indépendance. D’où les attaques qu’il leur a réservés dans son livre.

Ce dernier, paru au Caire en 1984, était dans toutes les librairies du pays, alors que des écrits de Harbi et de Ferhat Abbès étaient absents. Nous souffrons à ce jour de l’histoire ‘‘idéologisée’’ enseignée dans les écoles, d’où l’impossibilité épistémologique pour certains chercheurs de se détacher de cette vision biaisée de l’histoire du pays», poursuit le chercheur.

Pour Saïd Salhi, ceux qui veulent opposer le Congrès de la Soummam au 1er Novembre sont de «mauvaise foi» : «C’est le Congrès qui a acté l’intégration des forces du Mouvement national qui ont ‘‘raté’’ le 1er Novembre. C’est le Congrès qui a donné corps au projet national et mis les bases de l’Etat national.

Pour ma part, j’assume pleinement et la Déclaration du 1er Novembre et la Plateforme du Congrès de la Soummam, qui est présidé pour rappel par le grand Ben M’hidi, rédacteur en chef de l’appel du 1er Novembre 1954. Gloire à nos martyrs.»


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