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Selon le collectif des avocats de Louisa Hanoune : «Le complot contre l’Etat n’existe pas»

01 octobre 2019 à 10 h 05 min

Durant plus de deux heures, les avocats de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), condamnée à 15 ans de réclusion par le tribunal militaire de Blida, sont sortis hier de leur silence pour parler d’un procès «politique, expéditif, du régime contre le régime, de vengeance, de règlement de comptes» qui de plus «n’a été ni équitable, ni public, ni transparent». Le collectif de la défense est revenu sur «le refus du tribunal du droit d’accès aux documents dits de preuve», «le rejet» de l’audition de l’ancien président, Liamine Zéroual, auteur de la lettre ayant servi à la mise en action de la justice.

C’est pour «éclairer» l’opinion publique et «rétablir la vérité  déformée» par un de leurs confrères, que les avocats de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, ont animé hier une conférence de presse en présence de Zohra Drif, grande figure de la Guerre de Libération nationale, et Zoubida Assoul, présidente de l’UCP (Union pour le changement et le progrès), ainsi que de l’universitaire Mohand-Arezki Ferad et de nombreux cadres du parti.

Pour Me Mokrane Aït Larbi, «le procès de Louisa Hanoune est politique. Ce n’est pas nouveau. Depuis l’indépendance, il y a eu celui des défunts Hocine Aït Ahmed, traduit devant le tribunal révolutionnaire, Mohamed Chabani, jugé par le tribunal militaire en deux heures de temps, et deux heures après, il a été exécuté, et aujourd’hui, c’est au tour de Louisa Hanoune».

Il affirme que Mme Hanoune a été convoquée comme témoin par la direction de la sécurité intérieure. «Elle a exprimé sa position politique qu’elle a pour habitude de rendre publique à travers la presse. Le 9 mai, elle a été convoquée par le tribunal militaire comme témoin. Une fois arrivée, elle a été filmée comme tous les autres accusés.

Qui l’a filmée dans une enceinte militaire, où moi-même en tant qu’avocat je trouve des difficultés à y accéder ? Après avoir été entendue par le juge, ce dernier lui a demandé d’attendre 10 minutes avant qu’il ne la relâche. Mais deux heures après, il a annoncé : ‘‘Je vous mets en prison’’.»

L’avocat estime que le procès «n’a pas été équitable ni respectueux» des dispositions du code de la justice militaire. Le tribunal, ajoute Me Aït Larbi, «a violé» l’article 132 de ce code «en refusant» de remettre au collectif de la défense une copie du dossier.

Il conteste le caractère public, donné par le communiqué du tribunal militaire au procès, en expliquant : «Chaque accusé n’avait droit qu’à un seul membre de sa famille à l’audience. Le reste des présents étaient tous des gendarmes. On ne voulait pas permettre à Mme Hanoune de s’adresser au peuple algérien.»

L’avocat a démenti avoir demandé le report de l’audience en raison de la santé de Hanoune, avant de déclarer que celle-ci «est restée cohérente dans ses propos du début jusqu’à la fin». Revenant sur la journée du 27 mars, Me Aït Larbi rappelle que Mme Hanoune n’a pris part qu’à «une seule rencontre, et non réunion d’une heure» avec le frère conseiller du Président encore en exercice, précisant que «c’est ce dernier qui l’a contactée pour la rencontrer.

On a lu qu’il y a des enregistrements de cette rencontre qui démontrent le complot. Or, ils n’existent pas. Mme Hanoune n’a rien dit. On n’entend sa voix nulle part. Il n’y a ni enregistrement, ni témoins, ni de déclarations contre elle.

C’est une preuve que le complot contre l’armée et l’Etat n’existe pas». Me Aït Larbi a rappelé que le 27 mars, Mme Hanoune «était députée et ne pouvait donc être poursuivie pour ses actes ou déclarations. Les faits pour lesquels elle a été inculpée se sont déroulés alors qu’elle bénéficiait de l’immunité parlementaire». Et de conclure : «Louisa Hanoune est une détenue politique. Elle est en prison pour son combat politique.»

Me Fatiha Chelouche insiste sur la journée du 27 mars. «Le frère conseiller du Président en exercice a contacté Louisa Hanoune en sa qualité de chef de parti. Elle ne pouvait pas le voir la matinée, il l’a invitée pour l’après-midi. Ils n’ont parlé d’aucune personne à limoger ou à nommer. Les conditions de l’accusation ne sont pas réunies.»

Elle aussi dénonce le fait que les avocats ont été sommés de prendre note au stylo le contenu de 10 kg de documents, après le refus du tribunal de mettre à leur disposition une photocopieuse. Me Seddik Mouhous évoque les «conditions difficiles» dans lesquelles a travaillé la défense et précise que les 3 médecins experts ramenés par le tribunal militaire, bien avant l’ouverture de l’audience, ont rendu leur conclusion sur place et affirmé que les accusés étaient aptes à répondre aux questions.

Revenant sur le contenu de l’enregistrement, il affirme que les témoins, des officiers du service technique, ont justifié cette carence par un problème technique. «Dans ce genre de situation, les officiers sont sanctionnés. Or, cela n’a pas été le cas.»

Me Saheb qualifie le procès d’«atteinte à la conscience citoyenne et à la démocratie, c’est une criminalisation de l’action politique». Pour lui, «le procès a été expéditif. C’est une tartufferie politique. Nous n’avions même pas le droit d’accéder au contenu de l’ordonnance de renvoi». Lui aussi revient sur les «nombreuses  violations de la loi».

Abondant dans le même sens, Me Aïssa Rahmoun préfère parler de procès de «règlement de comptes» avant de dire que «le vrai complot est celui mené par des figures du régime contre le Président». Selon lui, «il n’y a aucune preuve, aucune déclaration et aucun enregistrement confortant la thèse du complot. Nous sommes devant un télescopage violent entre la politique et le droit».

Me Saheb revient sur les sms envoyés par Louisa Hanoune à Saïd Bouteflika, dans lesquels elle lui dit : «Qu’attendez-vous, partez, sinon vous sortirez par le trou de la serrure.» «Elle a été invitée à la maison, elle a refusée. Elle a accepté une rencontre dans une résidence qui dépendait à l’époque de la Présidence. C’est une chef de parti. Elle a été invitée es-qualité.

Elle a donné son avis. Elle a même proposé des personnalités pour être dans ce gouvernement à larges prérogatives, qui assurera la transition, comme Mohand-Arezki Ferrad, ou encore le professeur Aberkane, mais le frère du Président n’était pas d’accord. Son souci était l’intérêt du pays et des Algériens qui manifestaient dehors.

Où est le mal à parler de la politique ?» Il s’insurge contre le procureur qui a fait état du contenu de l’enquête sociale sur Mme Hanoune lors du procès et où il a déclaré : «Selon le RCD, Louisa Hanoune possède trois comptes ccp et un autre à l’étranger.

Il est dit aussi qu’elle était rémunérée par la 4e Internationale socialiste. Un tissu de mensonges. Le dossier est vide.» L’avocat a par ailleurs évoqué le refus du tribunal de convoquer le témoin Liamine Zéroual, dont la déclaration, publiée par les médias, a servi à l’ouverture de l’enquête par le tribunal militaire. 


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