Affaire de l’étudiant Walid Nekkiche : Le comité contre la torture réclame justice | El Watan
toggle menu
dimanche, 25 septembre, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Affaire de l’étudiant Walid Nekkiche : Le comité contre la torture réclame justice

14 février 2021 à 10 h 48 min

«L’enquête préliminaire du parquet ne doit pas être un énième subterfuge pour calmer la colère et l’indignation nationales et internationales. Il faut que justice soit rendue sur ce qu’a subi Walid Nekkiche pendant 6 jours à la caserne Antar et que ses tortionnaires soient identifiés et jugés», lit-on dans la déclaration du comité contre la torture.

«Bannissement des centres de la torture, comme la caserne Antar», «identification des tortionnaires» et «justice». Le Comité contre la torture, créé dans la foulée des révélations faites devant la chambre criminelle près la cour d’Alger par le jeune Walid Nekkiche, se montre décidé à lutter contre cette pratique abjecte qui rappelle, selon ses responsables, celle du colonialisme français en Algérie.

Dans une déclaration rendue publique hier à l’occasion de sa première conférence de presse, cette instance alerte sur la gravité de la situation et exige le jugement des auteurs de l’agression physique et morale de Walid Nekkiche.

«L’enquête préliminaire du parquet ne doit pas être un énième subterfuge pour calmer la colère et l’indignation nationales et internationales. Il faut que justice soit rendue sur ce qu’a subi Walid Nekkiche pendant 6 jours à la caserne Antar et que ses tortionnaires soient identifiés et jugés», lit-on dans cette déclaration.

Ce document, initié par le CNLD, le collectif de défense des détenus d’opinion et la coordination des universitaires pour le changement, est signé par déjà plusieurs acteurs, dont Pierre Audin, fils du militant de la cause algérienne disparu Maurice Audin. Outre l’exigence de l’identification des auteurs de la torture qu’a subie Walid Nekkiche, les initiateurs dénoncent aussi «l’utilisation de la justice comme instrument de répression».

Fin de l’omerta

Saluant le courage de la victime qui «a brisé le mur de l’omerta», les auteurs de cette déclaration affirment que le «choc est réel au sein de l’opinion publique». «Les conditions d’arrestation et d’incarcération des détenus d’opinion, rapportées par les avocat(e)s, confirment des cas de maltraitance, de violence et de torture dans différentes structures de police et services de sécurité ainsi que dans les prisons», lit-on encore dans cette déclaration. Pour les initiateurs et les signataires, il faut désormais refuser «le silence» et «l’omnipotence d’un Etat autoritaire et répressif».

«L’Algérie revendiquée par le hirak est une Algérie libre où la souveraineté populaire doit se substituer à la gestion sécuritaire qui ouvre la voie, aujourd’hui, à tous les dépassements. Les lieux de torture, comme la caserne Antar, doivent être bannis. Nous voulons une justice indépendante, érigée en rempart protecteur d’une Algérie démocratique», clament-ils.

Rappelant également le cas du militant politique Kamel Eddine Fekhar, décédé en détention en raison de «la négligence programmée», les auteurs rappellent aussi la persistance de la pratique de la torture dans l’Algérie indépendante.

«Depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, la torture salit notre histoire et l’impunité des tortionnaires est couverte par le pouvoir politique, la justice, l’Etat et ses appareils. De Bachir Hadj Ali à Nekkiche, plus d’un demi-siècle où la torture continue de sévir. Quelle différence entre l’Etat colonial qui torture les Algériens en lutte pour leur indépendance et l’Etat algérien indépendant qui torture ses citoyens pour délit d’opinion ?» condamnent-ils. Selon le même document, «l’Etat de droit, les libertés individuelles et collectives, la démocratie et les attentes sociales des Algériens ne peuvent être occultées par la répression et la peur».

Les instances onusiennes saisies

Intervenant à l’occasion de cette conférence, les membres du collectif rappellent aussi que la répression du hirak fait réapparaître au grand jour la réalité de la torture en Algérie.

«Les sévices physiques, psychologiques et sexuels subis par Walid Nekkiche, infligés par des services de sécurité après son arrestation le 26 novembre 2019, sont un acte d’une extrême gravité qu’on ne peut pas laisser passer», dénonce Me Madjid Hachour, qui a rappelé le contenu de la Déclaration internationale contre la torture, ratifiée par l’Algérie. «Si nous sommes ici, c’est pour que ces pratiques ne se reproduisent plus. Nul n’est à l’abri», ajoute-t-il.

Intervenant par la même occasion, Me Nacéra Haddouche, l’avocate qui a déposé plainte le 23 juillet dernier auprès de la justice pour faire la lumière sur l’affaire Nekkiche, rappelle que les révélations du jeune étudiant «étaient connues depuis des mois déjà». «Tous les ex-détenus d’opinion le savaient. Le juge d’instruction a été informé dès le mois de mars 2020, mais il n’a rien fait», déplore-t-elle.

Et d’ajouter : «J’ai utilisé ce que prévoit la loi algérienne qui punit les actes de torture. Malheureusement, nos demandes n’ont pas été prises en compte par le juge d’instruction.» Selon elle, les instances onusiennes chargées de la lutte contre cette pratique ont été alertées depuis le mois de mars dernier.

«Il n’y a aucune ingérence. Si on ne veut pas de cela, il ne faut pas ratifier les conventions internationales», souligne, pour sa part, Madjid Hachour. 


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!