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Le CNLD réagit aux dernières condamnations des détenus du drapeau amazigh : «Le divorce peuple-magistrats est acté»

16 novembre 2019 à 10 h 09 min

La déclaration du CNLD intervient après les verdicts prononcés par les tribunaux d’Alger dans les affaires des porteurs du drapeau amazigh.

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) s’insurge contre ce qu’il qualifie de «mascarade judiciaire» et des «procédés malsains» de la part du pouvoir de fait. Dans une déclaration rendue publique, en fin de journée d’hier, le comité, regroupant les familles des détenus et leurs soutiens, estime que le pouvoir poursuit un objectif en condamnant des détenus du mouvement populaire : «Diviser, affaiblir et désorienter le mouvement populaire et (…) tromper l’opinion publique sur les véritables desseins recherchés et qui ont conduit à cette condamnation.»

La déclaration du CNLD intervient après les verdicts prononcés par les tribunaux d’Alger dans les affaires des porteurs du drapeau amazigh. En effet, lundi 11 novembre s’est déroulé, au tribunal de Sidi M’hamed (Alger), le procès de 42 détenus incarcérés depuis près de cinq mois pour «port du drapeau amazigh» lors des marches à Alger, rappelle le comité. Sur les 42 prévenus, 21 ont été condamnés à une peine d’un an de prison, dont six mois ferme et six mois avec sursis. Le procès des 21 autres manifestants a été renvoyé au lundi 18 novembre – 10 détenus et 9 sous contrôle judiciaire ainsi que Maati Salah, toujours à l’hôpital psychiatrique de Frantz Fanon (ex-Joinville) depuis le 20 octobre. Le lendemain, six autres détenus, accusés pour les mêmes chefs d’inculpation et jugés mardi 22 octobre dernier, ont été condamnés à six mois de prison ferme.

«Paradoxalement, mercredi 13 novembre, le juge du tribunal de Baïnem (Bab El Oued), où ont comparu, mercredi 23 octobre, cinq détenus pour ‘‘port du drapeau amazigh’’, ont été relaxés sans aucune charge. Trois procès pour un même chef d’inculpation, trois verdicts différents. Deux l’ont été dans le même tribunal, pour deux verdicts passant du simple au double. Que cherche le pouvoir à part l’embrasement de la rue et provoquer la violence pour instaurer l’état d’exception ?» s’interroge le CNLD. Et de poursuivre : «Alors que dans d’autres régions du pays, des détenus ou manifestants ont été relaxés, le tribunal de Sidi M’hamed se distingue en condamnant des détenus innocents pour les mêmes faits. C’est une démonstration et confirmation que le pouvoir, par des discours adressés des casernes, ne fait qu’appliquer aux juges des codes pénaux différents afin de diviser les Algériens.» Le CNLD estime que les magistrats «viennent de rater la dernière chance offerte par le peuple souverain de ses décisions : le divorce peuple-magistrats est acté, il n’y a plus de confiance».

Débaptiser le tribunal Abane Ramdane

Le pouvoir aux commandes, «après avoir confisqué l’indépendance de l’Algérie, vient, lui, d’être condamné à perpétuité par le code de l’histoire du fait qu’il s’est rendu coupable du véritable délit d’atteinte à l’unité nationale», dénonce le collectif, qui réclame la débaptisation du tribunal du nom de l’architecte de la Guerre de Libération Abane Ramdane «pour préserver le nom et la mémoire de Abane Ramdane que le régime tente de souiller même après 62 ans de son assassinat».

Durant toute la semaine, la chronique judiciaire a bien fonctionné : arrestations par-ci, condamnation ou relaxe, par-là. Le poète et activiste Mohamed Tadjadit, en comparution directe devant tribunal de Sidi M’hamed, a été placé en détention provisoire. Il est accusé d’«atteinte à l’unité nationale», selon l’article 96 du code pénal modifié, suite à ses publications sur Facebook. Son affaire est renvoyée à l’audience du jeudi 28 novembre.

A Constantine, une marche d’activistes du hirak a été «violemment réprimée» par la police et plus de 40 personnes ont été arrêtées par des services de sécurité, précise le CNLD. «Une véritable chasse à l’homme a été lancée par la police pour arrêter les manifestants, dans les ruelles de la ville. Si tout le monde a été libéré après avoir signé des PV, et ce, grâce à la mobilisation des étudiants et citoyens qui ont tenu un sit-in devant le commissariat à partir de 16h, il reste toujours un activiste de Constantine, Azeddine Brahimi, maintenu en garde à vue au commissariat 10e, Saint John», précise le comité.

L’activiste Brahim Daouadji, détenu à la prison de Mostaganem, a décidé, jeudi, de mettre fin à sa grève de la faim qu’il avait entamée il y a 33 jours, signale son avocat Abdelghani Badi.

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) exige la libération «immédiate et inconditionnelle» de tous les détenus politiques, remercie l’ensemble des avocats du collectif de défense pour leurs efforts et le travail qu’ils assurent depuis le début de la révolution, et réitère son appel aux Algériens pour garder cet élan de solidarité exceptionnel avec toutes les familles des détenus.


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