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Le chef de l’état reconnaît officiellement sa maladie

12 février 2019 à 11 h 25 min

La président Bouteflika a officialisé, dimanche dernier, sa candidature à la présidentielle du 18 avril prochain. Dans sa lettre diffusée par l’APS, il évoque aussi, pour la première fois, sa maladie qu’il traîne depuis 2013. Il fait ainsi un aveu sur «ses ennuis de santé».

«Bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, ce que je n’ai jamais occulté à notre peuple, mais la volonté inébranlable de servir la Patrie ne m’a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté», écrit le président sortant dans son document.

Mais cette confession ne l’empêche pas de postuler pour battre tous les records de longévité à la tête de l’Etat. Un record qu’il détient déjà avec 20 ans de règne.

Cependant, pour valider sa candidature au prochain scrutin présidentiel, Abdelaziz Bouteflika est tenu de satisfaire un certain nombre de conditions exigées par la Constitution et la loi électorale. La plus importante exigence, pour lui, est celle de présenter un document prouvant sa bonne santé. En effet, la déclaration officielle de candidature devant être soumise avant le 3 mars prochain, au Conseil constitutionnel devra être accompagnée, comme le stipule la loi électorale, par «un certificat médical délivré par des médecins assermentés».

Qui s’acquittera de cette tâche ? Quels sont les médecins assermentés qui attesteront, en apposant leur signature sur un certificat médical, que le candidat Abdelaziz Bouteflika jouit d’une santé lui permettant d’exercer la fonction présidentielle ? Les éventuels médecins devant être sollicités pour délivrer cet important document devraient être dans la gêne.

Car l’intéressé lui-même avoue publiquement qu’il a «des ennuis de santé». Et la conscience professionnelle des médecins ne devrait pas s’appuyer sur les intentions et les volontés des patients qui les sollicitent pour diagnostiquer leur état de santé.

Les médecins qui seront appelés à délivrer le certificat nécessaire pour la candidature du président Bouteflika commettront-ils une fausse déclaration qui est un délit aux yeux de la loi ?

En tout cas, le Conseil constitutionnel, seule autorité habilitée à valider ou à invalider les dossiers des candidats, est interpellée d’ores et déjà. L’institution que préside Tayeb Belaïz, nommé hier à la place de feu Mourad Medeclci décédé au début du mois de février en cours, examinera-t-elle minutieusement les dossiers des candidats ou fera-t-elle dans la complaisance ? Wait and see.

L’exemple de la présidentielle de 2014 est toujours présent dans les esprits. A l’époque, l’actuel chef de l’Etat, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) quelques mois auparavant, s’était porté candidat à sa propre succession. Le Conseil constitutionnel, présidé par Mourad Medelci, avait validé, sans aucune surprise, sa candidature à un 4e mandat.

Le même scénario se reproduira, fort probablement, au mois de mars prochain. La nomination de Tayeb Belaïz, un proche du chef de l’Etat, à la tête du Conseil constitutionnel, répond visiblement à cet objectif.

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