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Le changement démocratique tarde à se dessiner : La longue attente

12 juin 2019 à 10 h 20 min

Que faut-il encore faire pour donner un prolongement politique concret à la révolution démocratique en cours dans le pays, en vue d’en finir avec l’ancien système et engager l’Algérie sur le chantier de la nouvelle République ?

La question remue le peuple de vendredi à la fin des manifestations hebdomadaires. Va-t-on indéfiniment marcher chaque week-end, s’interrogent – désemparés – les manifestants après quatre mois de mobilisation populaire générale à un rythme soutenu. Même s’ils ne se laissent pas gagner par le doute, cette longue attente crée un sentiment d’incertitude légitime.

L’engagement politique consenti pas la majorité des Algériens en défiant le régime Bouteflika et en exigeant le changement radical du système politique ne peut s’accommoder de la persistance de l’impasse actuelle. Encore moins accepter de laisser le cours de la révolution être détourné. Une sérieuse épreuve pour les élites du pays. Mais surtout un vrai défi pour les dirigeants politiques.

L’opposition démocratique multiplie initiatives et démarches pour élaborer des projets pouvant aider à transiter de l’ancien régime, dont certains secteurs opposent une résistance, vers le nouvel ordre politique. Des figures politiques de poids aussi crédibles que légitimes ne ménagent aucun effort intellectuel et politique pour éclairer sur les enjeux, faciliter les évolutions et surtout jouer un rôle d’ingénierie politique dans cette période décisive.

La société civile longtemps bâillonnée échafaude également, à sa manière, ses propositions. Jamais la société algérienne dans ses divers compartiments n’a été aussi mobilisée et disposée à contribuer à la refondation de l’Etat national. Cette grande espérance née du brumeux ciel de février et portée par toute la nation est à portée de réalisation.

Cependant, des hésitations peuvent sérieusement contrarier cette nouvelle ambition algérienne. Par manque de savoir-faire et peut-être aussi par manœuvres de l’ombre. Sinon, comment après de longues semaines d’effervescence populaire inédite, qui ont irrémédiablement libéré le pays du projet sordide des partisans du 5e mandat, le mur pourri du régime ancien tient encore !

Aucune raison objective ne peut expliquer ce retard de l’histoire. Toutes les conditions militent favorablement pour faire aboutir le projet du 22 février. Si en effet, la méthode et les instruments pouvant donner corps au «rêve algérien» méritent débat, la question de la volonté politique doit être franchement exprimée à travers des garanties et des actes. Il y va de l’avenir et de l’existence de l’Algérie dans sa diversité joyeuse. 

Il est vrai que le gouvernement, réduit à sa plus simple expression, ne peut être cette autorité politique en mesure de donner le coup de starter. Dépourvu de légitimité et disqualifié par l’opinion publique, il lui reste un seul acte à accomplir. Démissionner. C’est une revendication nationale. Le chef d’Etat, qui a hérité du fauteuil du palais d’El Mouradia par le hasard de l’histoire, n’est pas non plus en capacité d’impulser la dynamique politique tant attendue.

Lui-même n’est pas convaincu de ce à quoi il convie la classe politique. Il ne peut justifier son maintien en poste au-delà des délais constitutionnels par le risque du vide politique, alors que tout l’Etat est plongé dans une paralysie quasi-générale plus périlleuse que le vide qu’il redoute.  L’Exécutif est devenu un facteur de blocage. Difficile de s’en débarrasser tant les personnalités dites de «compétence nationale» ne prennent pas le risque d’assumer des responsabilités. Evidemment, elles doivent avoir les coudées franches pour accomplir une tâche aussi déterminante pour l’avenir du glorieux combat en cours. Il reste l’homme vers lequel tous les regards sont tournés et surtout duquel est attendu le signal fort. Ahmed Gaïd Salah.

L’autorité dont il dispose lui recommande d’entrer en résonance effective avec l’aspiration démocratique largement exprimée dans les boulevards du pays. De changer de fusil d’épaule en regardant du côté de la classe politique qui a longtemps combattu le régime Bouteflika. Les attaques dont il fait l’objet lors des manifestations du vendredi sonnent comme une forte interpellation. Le changement de régime, c’est aussi dans les méthodes, la philosophie et les interlocuteurs.

Abdelaziz Bouteflika a conduit le pays dans l’abîme parce qu’il a gouverné par la ruse, la répression et la corruption. Il a été un homme de pouvoir. Ses soutiens également. L’Algérie nouvelle exige de la conviction démocratique, de la transparence et de la négociation permanente. Mais par-dessus tout, des hommes d’Etat. Ils existent.


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