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L’opération d’acquisition a coûté des millions en devises

Le bracelet électronique au cœur d’une enquête judiciaire

13 février 2021 à 10 h 36 min

Annoncé en grande pompe dans le cadre de la réforme de la justice, initié par l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, actuellement incarcéré à la prison d’El Harrach, le bracelet électronique a été l’arnaque du siècle !

Il ne verra apparemment jamais le jour. Ce jeudi devant les parlementaires, le garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a confirmé que ce projet, qui était l’élément-clé de la réforme de la justice, a été tout simplement abandonné. Pourtant, en 2017, le Parlement avait adopté un projet de loi sur l’organisation des peines en dehors des établissements pénitentiaires au moyen du bracelet électronique.

L’objectif était de permettre aux détenus condamnés à une peine privative de liberté ne dépassant pas trois ans ou ceux auxquels il reste à purger une peine privative de liberté n’excédant pas trois ans de la purger en dehors de l’établissement pénitentiaire et ils seront ainsi surveillés par le biais de ce même bracelet. Une enveloppe financière importante a été débloquée pour ce dispositif.

Avant-hier, lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a été interrogé sur le sort du bracelet électronique et les sommes faramineuses déboursées pour son acquisition.

Zeghmati a avoué que le projet a coûté des sommes colossales en devises alors que l’auteur de cette réforme savait pertinemment qu’il y avait des problèmes et des difficultés techniques pour la mise en application de ce bracelet.

Aujourd’hui, une enquête est ouverte pour faire la lumière sur ce dossier qui prend l’allure d’une affaire de corruption et d’un nouveau scandale financier. «L’utilisation de ce bracelet est à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre», a répliqué Zerghamti à l’adresse des députés sans donner plus de détails.

Il précise seulement qu’une enquête judiciaire a été diligentée au niveau du tribunal de Sidi M’hamed sur justement l’opération d’acquisition des sommes colossales en devises, alors que des problèmes techniques empêchent son utilisation.

«Nous fondions de grands espoirs sur l’utilisation du bracelet électronique, mais ces espoirs se sont évanouis après la constatation de problèmes techniques empêchant la mise en œuvre de ce dispositif», regrette le ministre. En 2018, une enquête a été diligentée par les services de la police judiciaire.

Selon certaines sources, les marchés du bracelet électronique ont coûté aux finances de l’Etat pas moins de 100 millions de dollars, soit l’équivalent de 2000 milliards de centimes, alors que le dispositif n’a pas été opérationnel du fait de la non-disponibilité de ces appareils auprès des services concernés et de la non-conformité des quantités disponibles dans certains de ces services.

Les enquêtes préliminaires ont révélés que l’ancien ministre avait importé les bracelets électroniques de plusieurs pays européens au prix de 1000 dollars l’unité et il s’est avéré plus tard que ces dispositifs ont été fabriqués en Chine et ne répondent pas aux normes internationales.


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