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L’avocat Salah Dabbouz placé sous contrôle judiciaire

08 avril 2019 à 17 h 19 min

Après une audition qui aura duré une heure et demi, Me Salah Dabouz est sorti libre mais placé sous contrôle judiciaire et devrait ainsi pointer et marquer sa présence à Ghardaïa, deux fois par semaine. Le procureur général près la cour de Ghardaïa dénonce des pressions sur les magistrats…

Défendu par un collectif de cinq avocats, en l’occurrence maitres Saïd Zahi, Lassakeur Omar Farouk et Kherrazi Nacer du barreau d’Alger, et maitres  Boumriga Aflah et Kherrazi Slimane du barreau de Médéa, Salah Dabouz,  l’avocat et militant des droits de l’homme, arrêté dimanche vers 11 heures 30 dans un restaurant de la rue Cavaignac à Alger, transféré et arrivé le lendemain vers 10 heures du matin à Ghardaïa , a été présenté le jour même vers 15 heures devant le juge d’instruction de la 2ème chambre du tribunal de Ghardaïa .

Après une audition qui aura duré une heure et demi, il est sorti libre mais placé sous contrôle judiciaire et devrait ainsi  pointer et marquer sa présence à Ghardaïa, deux fois par semaine. Invité, au sortir du bureau du juge d’instruction, à nous relater les circonstances de son arrestation et les griefs retenus  contre lui, Salah Dabbouz, bien que fatigué et éreinté par le voyage –transfert Alger /Ghardaïa , a bien voulu nous répondre par : « J’ai été approché par deux individus en civil qui n’ont même pas décliné leurs identité ni leurs fonctions et qui m’ont demandé de les suivre hors du restaurant dans lequel j’étais entrain de déjeuner à la rue Cavaignac à Alger. Dehors, ils m’ont conduit au commissariat de la rue Cavaignac, à quelques mètres du restaurant, puis m’ont présenté devant le procureur du tribunal de la rue Abane Ramdane. Le lendemain matin, je me suis retrouvé à Ghardaïa devant le juge d’instruction, d’abord de la 1ère chambre qui m’a notifié une ancienne affaire datant de plusieurs années, avant de me retrouver devant le juge d’instruction de la 2ème chambre  auquel j’ai refusé de répondre à ses questions en l’absence de mes avocats qui devaient d’abord consulter le dossier d’accusation . En leur présence, j’ai répondu aux questions du juge et celui-ci, après plus de 90 minutes d’audition, a décidé de me placer sous contrôle judiciaire. »

Le procureur général près la cour de Ghardaïa dénonce des pressions sur les magistrats

« C’est la première fois depuis que je suis à ce poste  que je rencontre ce genre de pressions venant tant de personnalités hauts placés que de certains avocats qui n’ont pas admis qu’un des leurs soit interpellé par la justice . Même au plus fort des sanglants évènements qu’avait vécus la région, il n’y avait pas eu ce type de pression » avait déclaré, en préambule de la conférence de presse tenus lundi matin dans son bureau, Mohamed Bensalem, le procureur général près la cour de Ghardaïa, suite à l’interpellation dans un restaurant à Alger de l’avocat Salah Dabbouz et ce suite à un mandat d’amener lancé contre lui par le juge  d’instruction du tribunal de Ghardaïa.

« Je rappelle que  Salah Dabbouz est un citoyen comme un autre et qu’il a les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout citoyen Algérien et que de ce fait , ils sont tous égaux devant la justice », tient-il à préciser, avant d’ajouter « il est inadmissible qu’au moment où le peuple Algérien, à travers ses magnifiques manifestations pacifiques, se débarrasse des opaques cercles de décisions , d’autre cercles opaques se mettent en place et mettent une pression terrible sur les magistrats du tribunal de Ghardaïa leur ordonnant de libérer sur le champ Salah Dabbouz . »

Après un moment de silence, le procureur général reprend sa communication « est-ce qu’un avocat est au-dessus de la loi ? Non c’est un citoyen comme un autre et devra répondre devant le juge par rapport à ses déclarations à travers lesquelles il remet en cause les décisions de justice qui sont, je le rappelle, prisent au nom du peuple. » Questionné pour avoir de plus amples informations sur ces mystérieux cercles opaques, Mohamed Bensalem, s’est limité à les désigner ainsi en y ajoutant qu’« une poignée d’avocats est train de prendre parti sans être informé sur le fond du dossier. Je leur demande, en tant que procureur général, de laisser la justice faire sans travail sans pression et de laisser le juge pour sa décision en son âme et conscience tel que  défini par les canons du droit. » Pour rappel, l’avocat et militant des droits de l’homme, Salah Dabbouz, a été interpellé dimanche dans un restaurant à Alger et conduit à Ghardaïa pour y être entendu par le magistrat instructeur qui a lancé contre lui un mandat d’amener. Il lui est reproché ses déclarations après l’incarcération de son mandant Kamel Eddine Fekhar et le militant et syndicaliste, Idriss Khiat des droits et avant eux, la condamnation et l’incarcération de Nordine Tichabet et Idriss Kheyat, qui ont été condamnés mardi 26 mars 2019 par la cour criminelle de Ghardaïa, à dix ans de prison chacun, accusés du meurtre du notable mozabite Omar Allout. Arrivé hier soir à Ghardaïa, Salah Dabbouz sera entendu aujourd’hui (lundi) par le juge d’instruction du tribunal de Ghardaïa. Nous vous informerons dans notre prochain papier de la décision du juge d’instruction quant à ce dossier sensible qui fait couler beaucoup d’encre et de salive ici dans la vallée du M’zab, région natale de l’avocat Salah Dabbouz.


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