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L’avocat évoque la «responsabilité» des hommes politiques : Salah Dabouz victime d’une agression à l’arme blanche

11 septembre 2019 à 10 h 23 min

L’avocat et militant des droits de l’homme Salah Dabouz a été victime, en début de soirée de lundi, d’une agression à l’arme blanche à Ghardaïa.

C’est son ami et militant Kacem Soufghalem qui a donné l’alerte. «Maître Salah Dabouz est victime d’une agression à l’arme blanche au quartier Chouahin à Ghardaïa, je viens de le transporter aux urgences. Des hommes cagoulés l’ont agressé selon ses premiers dires», a posté Soufghalem sur sa page Facebook.

L’avocat a été agressé au couteau alors qu’il se rendait chez son ami Hadj Brahim Aouf, militant et compagnon de prison de feu Kamel Eddine Fekhar, mort en prison après une grève de la faim. «Je me dirigeais vers la maison de Aouf qui m’a invité pour passer la soirée à l’occasion de la fête d’Ibaoun. J’ai demandé à Soufghalem de me déposer à 300 mètres de la maison de Aouf, je ne voulais qu’il s’engage sur la piste. A 40 ou 50 mètres de la maison de Aouf, j’ai vu quelqu’un se dirigeait vers moi. J’ai pensé qu’il voulait me parler, mais je me suis aperçu qu’il était encagoulé. Cette personne m’a attaqué au couteau, voulant m’atteindre au ventre, mais j’ai reculé. Il a ensuite essayé de m’atteindre à la poitrine et au visage. Je me suis protégé avec mes deux mains. C’est alors que j’ai reçu des coups sur mes deux bras. Avant de s’enfuir, il m’a aussi jeté une pierre au visage alors que j’étais par terre», a confié Salah Dabouz par téléphone à El Watan.

Toujours sous le choc, l’avocat affirme que sons agresseur ne s’attendait pas à ce qu’il résiste. «J’ai fait de la boxe et du judo dans mon enfance et ça m’a servi. Mon agresseur s’est enfui lorsqu’il a vu que des gens commençaient à sortir d’une mosquée voisine. Il s’est enfui par une artère où l’attendait son complice sur une moto», raconte-t-il.

L’avocat a été transporté par Soufghalem aux urgences de l’hôpital. «J’ai reçu quatre ou cinq coups de couteau. Je m’en suis sorti avec huit points de suture sur l’avant-bras gauche et une blessure au front. J’ai toujours mal à la tête», précise-t-il. L’avocat avait déjà été pris à partie le 27 juin à sa sortie du tribunal de Ghardaïa.

«L’individu du tribunal m’a dit que je suis un séparatiste et que je le payerai très cher. J’ai déposé une plainte devant le procureur. Durant ma déposition d’aujourd’hui (hier), la police m’a sorti la plainte. On voulait savoir si j’ai reconnu mon agresseur et si c’est la même personne. Mon agresseur d’hier est très maigre et souple», signale l’avocat.

«Les cagoules face à la liberté»

L’avocat soupçonne-t-il une quelconque partie d’être derrière l’agression ? «Je suis toujours sous le choc. Je ne m’attendais jamais à subir cette agression. Je ne soupçonne personne. Mais il faut dire que des responsables politiques prononcent des discours haineux et violents contre des personnes accusées de séparatisme, il ne faut donc pas s’étonner de voir des gens réagir de la sorte. Ces discours ont coûté la vie à Fekhar. Il y a une responsabilité morale des hommes politiques qui produisent un discours de rejet en accusant des gens d’être des traîtres à la solde de l’étranger», assène-t-il.

Dans un communiqué rendu public, le frère de Salah Dabouz, Mohamed, a tenu pour responsables de l’agression les autorités de Ghardaïa «complices par leur passivité». «Elles peuvent même être les commanditaires. Après avoir éliminé le Dr Fekhar, elles essayent d’éliminer ceux qui restent et qui refusent de se taire. Ceux qui les dénoncent. Sois vigilant cher ami Kacem. Tu es ciblé toi aussi par la même mafia qui n’a ni âme ni conscience. Si les deux exécuteurs de la tentative d’assassinat de l’avocat courage, Salah Dabouz, ne sont pas connus car encagoulés, les commanditaires, eux, ils sont bien connus», souligne Mohamed Dabouz, président de l’association Izmulen.

De son côté, le secrétariat permanent du bureau politique du PT a condamné l’agression «sauvage» qui a nécessité l’hospitalisation de l’avocat. Le parti l’«assure de son soutien indéfectible et exige que la lumière soit faite sur cette nouvelle épreuve qui frappe un militant dévoué et désintéressé». Zazi Sadou, membre fondatrice du Rassemblement algérien des femmes démocrates, évoque dans un post sur sa page Facebook «les cagoules face à la liberté» : «La première image qui me vient à l’esprit en prenant connaissance de la lâche agression contre maître Salah Dabouz est l’image des assassins du Klu Klux Klan, cette organisation fasciste et raciste qui s’est sauvagement attaquée aux Noirs américains.

Cette agression n’est pas un acte isolé. Cette politique de barbouzes et de voyous tente de faire taire les voix de la Liberté et de la Démocratie. Maître Dabouz, la voix des sans-voix, est un militant déterminé et acharné des libertés démocratiques, de l’indépendance de la justice et d’un Etat de droit. Dénoncer cet acte est une nécessité absolue pour préserver nos libertés et faire reculer les ambitions des barbouzes qui n’ont aucun argument pour détourner le cours de l’Histoire en marche.»

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a dénoncé un «acte barbare» et s’interroge sur ces agressions qui ciblent les avocats après la tentative d’assassinat qui a visé Wassila Boughari, avocate du barreau de Chlef, la semaine dernière.


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