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L’arme honteuse du dénigrement

02 juillet 2019 à 10 h 25 min

Une vile campagne de dénigrement a ciblé le moudjahid Lakhdar Bouregaâ depuis l’annonce, samedi dernier, par ses proches, de son arrestation. Les attaques se sont multipliées par la suite, lorsque des chaînes de télévision, dont la télévision publique, ont tenté de remettre en cause son passé révolutionnaire.

Beaucoup d’Algériens, des intellectuels mais aussi de simples citoyens, ont réagi pour défendre le moudjahid. Même l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) a haussé le ton, hier, dans un communiqué, à l’encontre de ceux qui tentent de souiller l’image des valeureux combattants de la Guerre de Libération nationale.

Au-delà de ce qui a été diffusé sur ces chaînes de télévision à son encontre, dimanche, il faut dire que le dénigrement avait déjà commencé sur les réseaux sociaux dès les premiers instants de son arrestation, c’est-à-dire la veille. Si sa présentation devant le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs est en lien, d’après un communiqué officiel de cette juridiction, avec des déclarations qu’il a faites relatives à l’institution militaire (atteinte au moral de l’armée et outrage à corps constitué), rien ne pourrait expliquer, a priori, ces attaques visant à «salir» le passé révolutionnaire de l’homme ! Des attaques en lien avec les propos qu’il aurait tenus et pour lesquels il a été arrêté.

L’universitaire Fodil Boumala, qui a été le premier à donner l’alerte à propos de son incarcération, a évoqué, hier, «une campagne féroce menée par des médias, publics et privés, suite à des ordres venus d’en haut, pour salir la réputation du moudjahid». Effectivement, des questions méritent d’être posées au sujet de la source des informations relatives au passé historique et politique du commandant de la Wilaya IV, relayées simultanément par ces chaînes de télévision, qui faisaient la lecture du communiqué du procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs, alors que ce dernier n’y faisait aucunement référence. D’où sont parvenues à ces chaînes ces informations ? Il est sans conteste qu’il y a une volonté de «nuire» au moudjahid.

«Quand la télévision nationale de service public devient une agence de propagande et d’intox, sans aucun respect des règles d’éthique, de déontologie et de présomption d’innocence des prévenus. Le système résiste et joue ses dernières cartes», a déclaré à ce propos Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH).

Une campagne similaire cible également, sur les réseaux sociaux, une autre icône de la Guerre de Libération nationale, à savoir Djamila Bouhired. S’agit-il donc d’attaques visant les personnalités historiques nationales qui soutiennent le hirak ? Est-il question d’instaurer un climat d’incertitude dans l’objectif de les faire taire et par conséquent affaiblir graduellement le mouvement ? En tout cas, il est clair que ces campagnes sur les réseaux sociaux ciblent principalement les acteurs de la mouvance démocratique qui sont globalement très critiques vis-à-vis du pouvoir en place actuellement. Ceux-là mêmes qui n’acceptent pas un «revêtement» de façade du système.

Des campagnes de dénigrement accompagnées de tentatives de division du hirak en s’appuyant sur les polémiques relatives, par exemple, à la transition et ses supposés dangers, et plus récemment à l’étendard amazigh. Les arrestations, par dizaines sur l’ensemble du territoire national, et leur mise en détention provisoire, dans le cas de ceux d’Alger, pourraient être également une «manœuvre» visant à alimenter ces divisions et à faire peur. En somme, il est clair que ces campagnes de dénigrement à l’encontre de certaines personnalités, politiques dans un premier temps, et historiques ces derniers jours, ne sont pas innocentes.

Le climat délétère instauré ces dernières semaines, marqué par un retour à la répression, empêcherait a priori l’enclenchement de tout processus de dialogue. Est-ce que c’est ce qui est recherché ? Réprimer les manifestants pour moult motifs, dénigrer des personnalités mènerait vers un «vide» qui ne peut qu’être dommageable pour la recherche d’une solution apaisée. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’Algériens insistent, à cet effet, sur le maintien du caractère pacifique des manifestations. C’est la réponse la plus appropriée, d’après eux, à ce qu’ils considèrent être des provocations.


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