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L’ambassadeur de Chine en Algérie : «Nous nous opposerons à l’ingérence de toute puissance étrangère en Algérie»

01 décembre 2019 à 10 h 23 min

Les autorités algériennes ont dénoncé l’«ingérence» après l’adoption par le Parlement européen d’une résolution sur «la situation des libertés en Algérie».

Dans un communiqué très dur, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que ce Parlement «a surtout confirmé, à l’initiative des députés instigateurs, qu’il promeut désormais ouvertement leur agenda du chaos provoqué, qu’ils ont malheureusement mis en œuvre dans bien des pays frères». Cette indignation très vive s’estompe quand il s’agit des représentants d’autres puissances qualifiées d’«amies».

Participant à une opération de reboisement au parc des Grands-Vents de Dély Ibrahim (Alger), l’ambassadeur de Chine en Algérie, Lie Lianhe, a affirmé que son pays s’oppose à toute «ingérence» des puissances étrangères dans le pays. «Nous nous opposerons à l’ingérence de toute puissance étrangère dans les affaires intérieures de l’Algérie. La Chine restera toujours aux côtés de l’Algérie», a lancé, dans un arabe hésitant, le diplomate. Lie Lianhe, qui s’est exprimé aux côtés des ministres de la Communication et de l’Environnement, a précisé que son pays s’opposera aussi «à toute intervention des forces étrangères dans les affaires intérieures de l’Algérie».

Le porte-parole du gouvernement, Hassan Rabehi, a visiblement apprécié les propos de l’ambassadeur de Chine, se réjouissant que l’Algérie soit «soutenue par les puissants» ! «De par sa grandeur, l’Algérie est soutenue par les puissants, les nobles et les peuples enclins à la paix (…). Nous sommes heureux que l’Algérie soit soutenue, dans les bons et les mauvais moments, par des pays amis à l’instar de la République populaire de Chine et d’autres pour lesquels nous éprouvons une grande affection», a ajouté Hassan Rabehi, cité par l’APS, qui n’a pas repris le diplomate chinois dans sa longue dépêche.

Le ministre poursuit sa rhétorique en relevant que l’Algérie est «bien gardée et ses remparts sécurisés» grâce à son brave peuple, ses fortes institutions et son armée, mais aussi «grâce à de nombreux pays amis à travers le monde, qui renforcent sa confiance en l’avenir, sa capacité à gérer ses affaires et à sécuriser le chemin vers la démocratie à travers la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019».

D’aucuns s’interrogent sur la pertinence des propos d’un ministre du gouvernement Bedoui. Que cachent ces réactions surprenantes de ce ministre ? Une ingérence étrangère serait-elle «plus acceptable» qu’une autre ? L’indignation «à géométrie variable» des autorités algériennes est évidente, d’après ce porte-parole très loquace ces dernières semaines.

Tout en dénonçant l’«ingérence» du Parlement strasbourgeois, le régime et ses soutiens ont apprécié l’«appui» d’un pays de l’Union européenne, l’Espagne en l’occurrence. Ce pays a annoncé son soutien au processus électoral du 12 décembre. S’exprimant après son homologue algérien, Salaheddine Dahmoune, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Karlaska, a estimé que la situation actuelle en Algérie est une «question interne» et que son gouvernement «appuie le processus électoral qui va se tenir le 12 décembre prochain».

L’intriguant comportement des autorités algériennes rappelle la «prestation» du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, devant le président russe, Vladimir Poutine. Bensalah avait fait, à la mi-octobre, un compte rendu au président russe, quelque peu gêné, sur la situation politique en Algérie : «Si j’ai demandé à vous rencontrer, c’est pour vous rassurer sur la situation en Algérie qui est maîtrisée» et que «nous sommes capables de dépasser cette conjoncture»…

Le comportement humiliant du chef de l’Etat intérimaire rappelle, là aussi, d’autres décisions prises sous Bouteflika, lorsque des diplomates s’étaient rendus dans des capitales étrangères pour quémander le soutien à une présidentielle rejetée par le peuple. 



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