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Un cabinet britannique prévient : L’Algérie risque des troubles sociaux à cause de la Covid-19

27 juillet 2020 à 10 h 09 min

Selon le rapport de Verisk Maplecroft, de violentes manifestations de rue en raison de l’impact économique négatif de la Covid-19 sont à craindre dans certains pays, notamment en Afrique et en Amérique latine.

La crise sanitaire engendrée par la propagation de la Covid-19 et son impact négatif sur l’économie mondiale risquent de provoquer des troubles sociaux dans plusieurs pays, dont l’Algérie.

L’alerte est donnée par le cabinet britannique de gestion des risques, Verisk Maplecroft, dans un récent rapport. «Les pays les plus à risque sont le Nigeria, l’Iran, le Bangladesh, l’Algérie, l’Ethiopie, la République démocratique du Congo (RDC), le Venezuela et le Pérou. La Turquie et l’Egypte devront également se préparer à une fin d’année explosive», soutiennent les auteurs de ce rapport.

Selon le document, de violentes manifestations de rue en raison de l’impact économique négatif de la Covid-19 sont à craindre dans certains pays, notamment en Afrique et en Amérique latine. Soulignant l’ampleur du chômage engendré par l’arrêt de l’activité économique, le rapport met en garde contre des «troubles majeurs» devant intervenir au second semestre de l’année en cours.

«La mise au chômage de millions de personnes ainsi que la dégradation de la sécurité alimentaire en raison de la Covid-19 pourraient avoir pour effet d’entraîner de violentes manifestations de rue à l’échelle mondiale, représentant un risque pour la stabilité intérieure des pays à un niveau rarement vu au cours des dernières décennies», alerte Verisk Maplecroft.

Au moins 37 pays dans le monde, notamment en Afrique et en Amérique latine, indique la même source, risquent d’être confrontés à des pics de tensions sociales. «La douloureuse reprise économique post-pandémie pourrait accentuer la colère des populations contre les gouvernements», ajoute le rapport, précisant que ce «risque d’instabilité restera par ailleurs particulièrement élevé au cours des 2 à 3 prochaines années».

Ce sont, plus particulièrement, les pays de l’Afrique subsaharienne qui encourent de violentes réactions des populations, en raison du «déclin économique, de la pauvreté et de l’incapacité à garantir des approvisionnements alimentaires adéquats». «Les principaux marchés à surveiller dans cette région sont le Nigeria, l’Ethiopie et la RDC. Ce climat instable n’a besoin que d’une étincelle pour déclencher des troubles majeurs.

Cela s’est déjà produit en Ethiopie, où de récentes manifestations de masse déclenchées par le meurtre de l’éminent musicien activiste oromo Hachalu Hundessa ont fait 166 morts», note le document. Au Nigeria et en RDC, indique aussi la même source, l’insécurité alimentaire croissante attise la colère.

«Bien que la production de riz au Nigeria augmente, elle est encore insuffisante pour nourrir le pays le plus peuplé d’Afrique. Lagos a vu les prix des denrées alimentaires augmenter jusqu’à 50%, ces derniers mois. C’est une situation similaire que vit la RDC, où la hausse du coût des denrées de base a conduit à des troubles à Kinshasa et dans d’autres villes, y compris le centre minier de Lubumbashi», fait remarquer également le cabinet britannique Verisk Maplecroft.


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