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dimanche, 07 mars, 2021
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Acquisition du vaccin contre la Covid-19 : L’Algérie peaufine sa stratégie

06 décembre 2020 à 11 h 00 min

Au vu de toutes les procédures, administratives, scientifiques et réglementaires préalables pour l’acquisition de ce produit, la campagne de vaccination ne pourrait intervenir dans les meilleurs délais que vers la fin du deuxième trimestre 2021.

Dans son planning prévisionnel présenté dans la stratégie de préparation au déploiement de la vaccination contre la Covid-19 élaboré par l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) soumise à validation par le gouvernement, l’Algérie table sur une hypothèse d’achat, dans un premier temps, de deux millions de doses de vaccin contre la Covid -19.

La plateforme Covax, sur laquelle l’Algérie compte beaucoup, prévoit la vaccination de 20% de la population cible, dont 3% de cette population dès la pré-qualification du vaccin par l’OMS qui pourrait intervenir au deuxième trimestre 2021.

Parallèlement, le comité technique de vaccination a élaboré la stratégie de vaccination en identifiant les populations cibles selon les recommandations de l’OMS et les spécificités du vaccin qui sera choisi. Des scénarios de vaccinations sont donc établis en fonction de toutes ces caractéristiques.

Au vu de toutes les procédures, administratives, scientifiques et réglementaires préalables pour l’acquisition de ce produit, dont la source d’approvisionnement n’est à ce jour pas encore révélée, la campagne de vaccination ne pourrait intervenir dans le meilleur des cas que vers la fin du deuxième trimestre 2021, selon des sources au fait des préparations et l’organisation de cette stratégie.

Stratégie élaborée par un comité interne de l’IPA il y a quelques mois qui a étudié tous les éléments constitutifs de la stratégie de préparation.

Le wait and see de l’Algérie

Une mouture a été soumise au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière pour discussion au sein du Comité technique national de vaccination et du comité scientifique de l’évolution et de suivi de la pandémie pour l’élaboration d’une stratégie de vaccination.

Cette dernière sera ainsi présentée au gouvernement pour dégager l’enveloppe budgétaire nécessaire pour l’acquisition du vaccin que l’Algérie aura choisi à l’issue de toutes les consultations et discussions avec les laboratoires fabricants et les chancelleries des différents pays ayant présenté des candidats vaccins, dont certains ont affiché des résultats concluants.

Une fois ces deux aspects essentiels validés, ce document constituera, dès son approbation par le gouvernement, «la référence unique pour organiser et mobiliser tous les moyens humains, matériels et organisationnels nécessaires à l’effet de réaliser, avec l’efficacité et la célérité requises, l’ensemble des opérations relatives à la préparation et à la mise en œuvre du programme de vaccination», confie notre source, qui précise en outre que «l’établissement du programme de vaccination relève des prérogatives et de la responsabilité du Comité technique national de vaccination».

Ainsi, selon les prévisions de l’IPA, les conditions d’acquisition doivent répondre à une série de démarches.

Une période qui s’étale sur plusieurs mois à partir de l’identification de la source d’approvisionnement, en passant par toutes les procédures administratives, scientifiques, la qualification des moyens, la validation par la commission interne des marchés, réception des lots, le stockage, le contrôle, la libération des lots et la distribution du vaccin.

Pour le moment, aucune information n’a filtré sur le choix du vaccin que l’Algérie compte importer, ni sur les échéances relatives au planning de la campagne nationale de vaccination.

Confusion

Les nombreuses déclarations contradictoires des membres du conseil scientifique du suivi et de l’évolution de la pandémie ont semé plus de confusion en laissant comprendre qu’il n’y a aucune coordination entre les différents acteurs.

Ce qui porte sérieusement atteinte à la crédibilité de ce comité chargé de valider des décisions sanitaires stratégiques et de conseiller le gouvernement sur les choix que l’Algérie doit faire pour lutter contre la Covid-19 et protéger la santé des Algériens. Comme cela pourrait susciter de vives inquiétudes et la méfiance de la population vis-à-vis de la vaccination.

Le ministre de la Santé et président du conseil scientifique, le professeur Abderrahmane Benbouzid, ne cesse de rassurer et d’expliquer que l’Algérie est engagée, au même titre que tous les autres pays, dans cette course pour l’acquisition de ce vaccin. Toutefois, il met en exergue le principe de précaution.

Réitérant l’engagement de l’Algérie depuis le mois d’août dernier dans la plateforme Covax, il précise que l’OMS est garante de la disponibilité du vaccin de qualité pour tous les pays qui y ont adhéré et c’est à cette dernière de fixer l’échéancier pour les livraisons.

L’inconvénient, c’est que cette démarche ne lui permet pas d’avancer de date précise concernant cette campagne de vaccination dont bénéficiera gratuitement la population algérienne. Il insiste sur le fait que la stratégie de vaccination devra être arrêtée, compte tenu de toutes les incertitudes et de l’évolution des données scientifiques.

Elle dépendra, selon l’avis des experts, des caractéristiques du produit, du rapport bénéfice/risque, d’immunogénicité selon les différentes classes d’âge et groupes à risque, d’efficacité vaccinale et de sécurité des vaccins et de son effet sur la propagation de l’épidémie. Une fois tous ces paramètres requis, insiste-t-il, seul le vaccin préqualifié par l’OMS sera retenu.

Discussions politiques

Dans le document portant préparation de la stratégie de vaccination, il est souligné que «l’acquisition du vaccin sera le résultat des discussions politiques à très haut niveau pour permettre à l’Algérie de bénéficier à titre prioritaire de la fourniture des vaccins à l’issue des travaux de recherche».

A ce jour, aucune précommande ni commande n’a été faite, rappelle le ministre de la Santé. «Le fait d’être inscrit sur la plateforme Covax, l’Algérie bénéficiera d’une quantité importante de doses, quel que soit le vaccin retenu», a-t-il encore rassuré, tout excluant les vaccins dont les conditions de conservation exigent des équipements et un matériel à moins de 70 degrés Celsius et moins de 20 degrés.

Ainsi, les vaccins de Pfizer/BioNtech et de Moderna semblent être exclus de la liste établie par les experts algériens, alors que le BNT 162 B2 le vaccin de Pfizer/BioNtech est le premier vaccin contre la Covid-19 à avoir été approuvé au Royaume-Uni.

Il reste donc, pour l’Algérie, les entreprises chinoises dont deux avancées dans la recherche, à savoir Sinopharm et Sinovac qui prévoient de porter les capacités de production actuellement limitées à environ 400 millions de doses par an vers la fin de l’année 2020. «Sinovac prévoit 100 millions, Sinopharm 200 millions et l’Institut des produits biologiques de Beijing 100 millions», a-t-on annoncé.

Au vu de ces quantités, l’acquisition des doses de vaccin auprès de ces laboratoires ne pourrait intervenir que «lorsqu’un surplus de production par rapport aux besoins internes aura été dégagé», a-t-on fait savoir du côté diplomatique aux responsables du ministère de la Santé, tout en affichant la disponibilité du pays d’«examiner favorablement la demande d’approvisionnement de l’Algérie en vaccin, et en précisant que la commercialisation à l’étranger relèvera de la décision du gouvernement central chinois», qui sera suivi de contacts avec les autorités compétentes pour les modalités pratiques relatives à l’acquisition du vaccin. Et d’expliquer que la meilleure voie qui permettrait à notre pays un accès rapide au vaccin est sa production en Algérie.

«Il s’agirait d’envisager l’acquisition et l’installation de capacité de production en partenariat avec des entreprises chinoises, la participation aux travaux de recherches à travers la conduite en Algérie des essais cliniques de la phase III et l’établissement de contacts avec Sinopharm et Sinovac», a-t-on proposé, comme c’est le cas au Maroc qui a participé aux essais cliniques.

Du côté russe, la même proposition a été formulée dans le projet de mémorandum d’entente proposé par la société par actions Management Company of Russian Direct Investment Fund (R.D.I.F.) à l’Institut Pasteur d’Algérie. Il s’agit d’une forme de coopération qui portera le partage d’expertise dans la réalisation d’essais cliniques du vaccin et si nécessaire, pour l’organisation des essais cliniques en Algérie.

Comme il a été également question de la fabrication et la distribution du vaccin à base de vecteur adénovirus «Sputnik V» mis au point par le Gamaleya National Research Institut d’épidémiologie et de microbiologie contre la Covid-19. La décision finale tarde donc à venir puisque cela revient au gouvernement de trancher définitivement cette question.


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