«L’Algérie n’est pas la Syrie» | El Watan
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Les manifestants répondent à Ahmed Ouyahia

«L’Algérie n’est pas la Syrie»

02 mars 2019 à 11 h 01 min

La rue a répondu, hier, au Premier ministre Ahmed Ouyahia. D’une seule voix, des centaines, voire des milliers d’Algériens, des femmes, des jeunes, des vieux ont scandé haut et fort que l’Algérie n’est pas la Syrie : «Ya ouyahia Dzaïr machi Sourya» (L’Algérie n’est pas la Syrie), «Ouyahia dégage»,  «Nous n’aurons pas le même sort que la Syrie».

«Ouyahia we are not happy», Ce vendredi, le Premier ministre en a eu pour son compte. Les manifestants l’ont invité à quitter le navire, lui, son staff et le clan qui gravite autour du président.

Hier, ceux qui ont défilé dans la capitale n’avançaient pas en soldats de Dieu en crachant sur la démocratie et les symboles de l’Etat comme dans les années 90’. Beaucoup de jeunes filles battaient le pavé et l’emblème national flottait à la place des drapeaux noirs. Les algériens sont conscients, ils refusent l’anarchie et ne cherchent pas le chaos, mais ils réclament un changement et refusent un 5e mandat.

Rappelons que dimanche dernier, lors de la présentation de la déclaration de politique générale, Ouyahia a perçu les roses offertes par les citoyens aux agents de l’ordre comme étant le symbole et le témoin de la «mobilisation pacifique». Pour lui, c’était un geste des plus conciliants. Mais ce jeudi, le Premier ministre a changé de ton.

Dans ses réponses aux députés, il a adopté un discours plus alarmiste : «Les roses sont brandies comme une preuve irréfutable du danger qui guette notre pays et rappelle aux algériens les prémices de la violence de la décennie noire».

Ouyahia a fait le parallèle avec les événements qui se déroulent actuellement dans notre pays et le début de la guerre civile en Syrie en 2011. «Les citoyens ont offert des roses aux policiers, c’est beau, mais je rappelle qu’en Syrie les manifestations ont commencé aussi avec les roses», a-t-il averti. En évoquant l’exemple syrien, Ouyahia met en garde les opposants au 5e mandat contre les «dangers» de manifester. Hier, nous avons vécu en direct la communion du peuple dans sa diversité.

Les manifestants ont, encore une fois, offert des roses aux policiers, manière de défier Ahmed Ouyahia et lui dire : «Nous n’avons pas peur et nous ne voulons pas le retour aux années 90’. Nous avons répondu à l’appel pour dire non à un 5e mandat. Nous voulons une Algérie prospère et non une Syrie malade», lance un manifestant brandissant une banderole où l’on pouvait lire : «Nous sommes le peuple». Des syndicalistes présents dans la marche promettent de faire en sorte que l’Algérie ne se transforme ni en syrie, ni en Libye. «Qu’Ouyahia se rassure, nous marchons pour une Algérie digne et debout», lancent-ils.

Invité à commenter les propos du Premier ministre, Ali Benflis qui était au milieu de la foule a évité de polémiquer. «Le discours qui tend à nous faire peur est complètement dépassé. La peur, c’est fini ! Les étrangers n’ont pas à se mêler, les martyrs ne sont pas morts pour que le sort des Algériens se décide à l’étranger. Aujourd’hui, en tant que simple citoyen, fils de chahid, je suis parmi le peuple algérien pour dire non à un 5e mandat», a-t-il tranché.

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