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mercredi, 13 novembre, 2019
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Mobilisation contre le projet de loi sur les hydrocarbures à travers le pays : «L’Algérie n’est pas à vendre»

14 octobre 2019 à 10 h 05 min

«A qui profite ce projet qu’un pouvoir exécutif et législatif illégitime va adopter et pourquoi ce timing ? Quelle urgence y a-t-il à initier cette loi qui engage l’avenir du pays ?» scandaient les manifestants.

Impressionnante était la manifestation organisée hier devant le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN) contre l’avant-projet de révision de la loi sur les hydrocarbures.

Des hommes et des femmes de tous âges, de simples employés, des universitaires, des chômeurs…, ils ont tous répondu présent à l’appel lancé sur les réseaux sociaux pour dire «non» au texte qui était au menu, le même jour, du Conseil des ministres.

A 11h, l’avenue Zighoud Youcef était noire de monde. Ils étaient des centaines à se rassembler tout près de l’hôtel Safir (ex-Aletti), actuellement en travaux, avant de briser le cordon de sécurité pour se diriger vers le boulevard Asselah Hocine.

A hauteur de la salle El Mougar, les manifestants ont été stoppés par les forces antiémeute alors que d’autres continuaient d’affluer de Bab El Oued et de La Casbah.

Infatigable et sous un soleil de plomb, la foule scandait des slogans hostiles au pouvoir, au gouvernement et aux députés. Même les fonctionnaires de l’APN, penchés aux fenêtres de leurs bureaux, n’ont pas échappé à la colère des manifestants.

Ces derniers ont signifié haut et fort leur rejet de ce texte assimilé à un «bradage des richesses du pays»  et surtout à «une pure trahison». Cette manifestation pacifique se déroulait dans le calme et sous l’œil vigilant des policiers, dont le dispositif déployé était des plus impressionnants.

D’ailleurs, les accès à la Chambre basse du Parlement étaient tous bloqués par des fourgons de police et des éléments antiémeute.

Seulement, contrairement au 32e mardi de la marche des étudiants, les services de sécurité n’ont pas été, apparemment, instruits pour «bastonner» ni interpeller les manifestants. Malgré cette mise à l’écart, les policiers ont essuyé une salve de critiques. Ils sont accusés d’avoir pris parti contre le peuple.

Durant cette grande mobilisation de plusieurs heures, les centaines de manifestants, d’une seule voix et brandissant drapeaux et banderoles, ont exigé le départ du gouvernement Bedoui qui «veut faire passer en force une loi antisociale, alors qu’il est chargé de gérer uniquement les affaires courantes jusqu’à la présidentielle».

Pour eux, en réintroduisant le recours à l’endettement extérieur, le gouvernement Bedoui, qui prétend être en rupture avec les politiques des gouvernements de la îssaba (bande), qui ont bradé l’économie nationale, se permet de faire ce que ces derniers n’avaient pas osé.

«Djazaïr Amana, Baouha el khawana» (Les traîtres ont vendu le pays) «Vous les traîtres : l’histoire vous jugera» scande à tue-tête la foule. «Le peuple ne veut pas d’un Parlement aux ordres», «Notre terre n’est pas à vendre et notre pétrole n’est pas à dilapider», crient les manifestants qui réclament tout simplement la dissolution de l’Assemblée.

Les slogans sont ponctués par des youyous. «L’adoption de cette loi est une honte et un crime contre le peuple algérien. C’est une atteinte grave à la fois au patrimoine de notre peuple et à sa souveraineté nationale.

L’histoire retiendra que tous ceux qui auront contribué à son adoption et à sa mise en œuvre auront trahi leur peuple», lit-on sur une pancarte. «Pouvoir assassin !» «La loi sur les hydrocarbures à la poubelle !», proteste un citoyen.

Rencontré dans la foule, un manifestant s’en prend aux députés qu’il traite de «béni-oui-oui» : «Si le texte passe, alors il faudra publier les noms de tous les députés qui l’auront voté pour les juger quand le pays aura retrouvé sa souveraineté.

Les traîtres doivent être jugés.» Assis à même le sol, des manifestants, malgré la chaleur suffocante, débattent, s’expriment et disent tout le mal qu’ils pensent des instigateurs de cette loi qui risque, selon eux, d’hypothéquer l’avenir du peuple.

«A qui profite ce projet qu’un pouvoir exécutif et législatif illégitime va adopter et pourquoi ce timing ?

Quelle urgence y a-t-il à initier cette loi qui engage l’avenir du pays ?» lance un universitaire qui pense que l’urgence ne se justifie pas pour des raisons économiques ou financières, puisque les mesures préconisées n’auront pas d’impact dans un futur proche.

A l’unanimité, les manifestants dans la rue estiment qu’on ne peut pas dans ces conditions promulguer une loi qui engage l’avenir de la nation, mais il faut une réflexion dans la sérénité.


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