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Le président du GNA et le chef de la diplomatie turque hier à Alger

L’Algérie face au bourbier libyen

07 janvier 2020 à 10 h 11 min

La décision du président, Abdelmadjid Tebboune, d’accorder la priorité à ce dossier s’explique par le fait que ce conflit armé – qui oppose le gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et le gouvernement rival de Tobrouk – a évolué en guerre par procuration. La Libye est en effet devenue un terrain d’affrontement entre des acteurs régionaux et internationaux qui risque de plonger l’ex-Jamahiriya dans le chaos et de déstabiliser durablement l’Afrique du Nord.

L’Algérie tente de reprendre de l’initiative au niveau diplomatique, domaine dans lequel elle s’est faite jusque-là discrète en raison d’abord de la longue maladie de l’ex-président Bouteflika, et ensuite de sa crise politique interne. Une éclipse suivie d’une sorte de déclassement diplomatique de l’Algérie. Cet état de fait sera d’ailleurs confirmé par la non-invitation de l’Algérie, en décembre dernier, par l’Allemagne à la conférence internationale de Berlin sur la Libye.

La première décision des nouvelles autorités algériennes consiste donc à redevenir un acteur agissant et écouté dans le dossier complexe de la crise libyenne, surtout que le conflit a lieu dans un pays avec lequel l’Algérie partage une frontière de près de 1000 kilomètres. Autant dire que la Libye est pour l’Algérie une question de politique interne.

Les visites, hier à Alger, du président du conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale libyen (GNA), Fayez Al Serraj, du ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Taher Siala, et son collègue de l’Intérieur, Fathi Bachagha, suivie de celle du chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, traduisent, selon certains observateurs, une volonté de rattraper le temps perdu et surtout d’éviter de se retrouver à nouveau hors jeu dans sur un dossier aussi important. L’urgent aujourd’hui pour l’Algérie est de contribuer à remettre sur les rails un plan de règlement politique et pacifique de la crise libyenne.

Chaos et menace terroriste

La décision de Abdelmadjid Tebboune d’accorder la priorité à ce dossier s’explique par le fait que ce conflit armé – qui oppose le gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et le gouvernement rival de Tobrouk – a évolué en guerre par procuration.

La Libye est en effet devenue un terrain d’affrontement entre des acteurs régionaux et internationaux – parmi lesquels l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, la Russie, la France, le Qatar, l’Italie et la Turquie -– qui risque de plonger l’ex-Jamahiriya dans le chaos et de déstabiliser durablement l’Afrique du Nord. De l’avis de nombreux spécialistes, l’offensive militaire menée depuis avril dernier par les troupes de Khalifa Haftar contre Tripoli dans le but de renverser le GNA a déjà permis une réorganisation des groupes terroristes locaux. Un conflit prolongé peut transformer la Libye en base arrière du terrorisme.

Ce pays est devenu au fil des années une véritable poudrière pour ses voisins. Les premiers à en payer le prix fort sont les pays du Sahel, qui enregistrent des attentats terroristes sanglants presque quotidiennement.

La crise libyenne coûte également excessivement cher aux contribuables algériens. Le coût de la sécurisation de la longue frontière algéro-libyenne avoisine, selon des experts en défense, les 500 millions de dollars par an et requiert une mobilisation permanente de plusieurs milliers de militaires.

Renforcé après l’annonce, la semaine dernière, d’Ankara de déployer des troupes à Tripoli pour soutenir le GNA, le dispositif conçu pour la sécurisation de la frontière est de l’Algérie est en place depuis le renversement par les Occidentaux du guide libyen Mouammar El Gueddafi en 2011.

Ce qui est très long. Cela expliquerait d’ailleurs l’empressement d’Alger de faire taire les armes en Libye. Pour les autorités algériennes, il n’est pas question que le conflit perdure encore 10 autres années, surtout que le budget de la sécurité algérienne est également sollicité pour sécuriser ses frontières avec le Mali et le Niger, deux pays qui connaissent une flambée de terrorisme.

Rappel à l’ordre

Il n’est pas question non plus pour l’Algérie que le règlement de la crise libyenne se fasse sans elle, ou pire, à ses dépends. «L’Algérie est le premier pays concerné par la stabilité de la Libye, qu’on le veuille ou non, et nous n’accepterons jamais qu’elle soit écartée des solutions proposées au dossier libyen», avait déclaré, le 19 décembre dernier, M. Tebboune lors de son discours d’investiture, tout en assurant que l’Algérie n’a aucune visée sur son voisin.

Le message semble avoir été compris cinq sur cinq par la chancelière allemande Angela Merkel, puisqu’elle a fini par appeler hier son homologue algérien pour lui faire savoir que l’Algérie est invitée officiellement à assister à la conférence internationale sur la Libye, prévue à Berlin.

A l’occasion, Mme Merkel a également adressé une invitation à Abdelmadjid Tebboune pour effectuer une visite officielle en Allemagne. Il reste maintenant à l’Algérie de convaincre les belligérants de la crise libyenne et leurs multiples soutiens que la guerre est une voie sans issue et qu’il n’y a pas d’alternative à la paix. Cela ne sera pas une mince affaire.

L’Algérie condamne «énergiquement» le raid contre l’école militaire de Tripoli

L’Algérie a condamné «énergiquement» le raid ayant ciblé l’Ecole militaire de Tripoli en Libye, appelant à faire prévaloir l’intérêt suprême et à un retour rapide «au processus de dialogue national inclusif dans ce pays frère et voisin», a indiqué hier le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

«L’Algérie condamne énergiquement le raid contre l’Ecole militaire de la capitale libyenne Tripoli, ayant fait plusieurs victimes, et considère que de tels actes, quelles que soient les parties impliquées, attisent la haine et aggravent davantage la crise», a précisé le communiqué.

L’Algérie réitère «son refus absolu de toute ingérence étrangère en Libye» et «appelle toutes les composantes et parties libyennes à faire prévaloir l’intérêt suprême et à un retour rapide au processus du dialogue national inclusif pour parvenir à des solutions à même de faire sortir ce pays frère et voisin de la crise dont il souffre et de construire un Etat d’institutions où le peuple libyen souverain vivra en paix et en sécurité et jouira de la stabilité au sein d’un seul et même pays». APS

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