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Laïd Benamor. PDG du groupe Amor Benamor sur le projet des boulangeries de Corso : «Le groupe Amor Benamor a supporté tout le passif d’Eriad Corso»

11 mars 2019 à 9 h 25 min

Annoncé en grande pompe en 2013 par les autorités nationales, le projet d’une boulangerie géante en partenariat entre l’entreprise Eriad Corso et le groupe privé Amor Benamor a tourné au fiasco. Les raisons, tout autant que les déboires causés par cet échec sont multiples.

Contacté par El Watan, Laïd Benamor, PDG du groupe éponyme, a accepté de revenir pour la première fois sur cet échec, qui lui a valu de graves accusations d’enrichissement personnel, notamment aux dépens du groupe Eriad. «C’est faux», s’insurge le dirigeant. Les documents consultés par El Watan confirment ses dires.

Édifiants, ils dessinent une tout autre histoire. Selon les documents, le groupe Amor Benamor a assumé tout le passif de l’Eriad Corso et paye, jusqu’à la fin de l’année en cours, les conséquences financières d’un projet géant aux pieds d’argile.

Rappelons qu’initialement, ce projet visait à satisfaire, en pleine crise à l’époque, la demande allant crescendo en pain sachant que les Algériens en raffolent, consommant, à titre indicatif, 49 millions de baguettes par jour. Le site de Corso devait à lui seul assurer une production de 150 tonnes de pain par jour, soit 500 000 baguettes/jour.

Mieux, on s’attendait également à la création de 1500 postes d’emploi directs annoncés, dont 300 avaient déjà été recrutés. Aveux documentés sur cette affaire et plusieurs autres…

 

Bien qu’il soit prometteur par rapport à son caractère exclusif de Partenariat public-privé (PPP), le dossier Eriad Corso a, contre toute attente, échoué. Comment en est-on arrivé là ?

Le 17 octobre 2012, le ministère de l’Agriculture, à la demande du Premier ministre, a instruit le holding SGP Cegro pour négocier avec le groupe Amor Benamor un partenariat ayant pour objet la réhabilitation du complexe meunier de Corso, avec une participation du groupe Eriad Alger. La société de partenariat Eriad-Benamor a ainsi été créée pour réhabiliter le complexe meunier de Corso, suite à la crise du pain.

Son capital était de 2,6 milliards de dinars, avec 40% pour la partie Eriad et 60% pour la partie Benamor. Réalisée par un organisme étatique, l’expertise a estimé les biens de l’Eriad, hors l’assiette du terrain, à 1,3 milliard de dinars. Le projet a été validé par le CPE et le CNI.

En mars 2013, le protocole d’accord a été signé pour la création de la société MMC, qui elle a bénéficié de la concession du terrain en faveur de la société de partenariat. Tout allait bien… jusqu’au début des blocages institutionnels.

Cela a d’abord concerné la réévaluation de la valeur, par l’expertise, des biens de l’Eriad après la création de la société et le lancement du projet de la boulangerie. De 1,3 milliard de dinars, ils sont passés à 2,6 milliards, dont l’augmentation a été décidée par un commissaire aux apports, choisi par l’Eriad. Puis il a fallu revoir le prix de la concession de l’assiette du terrain, pour une location de 8000 DA/m2.

A cela il a fallu ajouter la révision à la hausse du montant de l’investissement de 8,8 milliards de dinars à 13 milliards, suite à la dévaluation du dinar et l’augmentation des capacités de production du projet. Nous avons à chaque fois accepté de remettre la main à la poche, de bonne foi, et par respect de nos engagements auprès des pouvoirs publics.

Quid du financement ?

Il y a eu un crédit bancaire de 0,95 milliard de dinars pour le financement de la boulangerie industrielle, dont le coût global était 2,5 milliards, sans aucune bonification du taux d’intérêt (5,25%). J’insiste : la différence a été supportée en totalité par le groupe Amor Benamor.

La banque autorisait, alors, le financement du moulin et de la semoulerie pour un montant de 7 milliards de dinars. Je le répète ici fermement : nous n’avons jamais mobilisé cet argent et le projet est toujours bloqué. De son côté, la partie publique Eriad a refusé l’augmentation du montant total de l’investissement.

C’est ce qui vous a poussé à abandonner le projet ?

Eriad et Benamor ont effectivement décidé à la fin de se séparer à l’amiable, avec un traité de sortie, en convenant qu’Eriad récupère son site, à Corso, et que le groupe Amor Benamor reprenne, quant à lui, la société MMC et délocalise le projet vers Annaba.

Pour ce faire, le groupe Benamor a assumé l’ensemble du passif d’Eriad, y compris le crédit bancaire. Le CPE et le CNI ont validé le traité de sortie. Je vous révèle aujourd’hui que le groupe Benamor a déjà procédé au paiement de la première échéance.

La société MMC a pu, quant à elle, inciter les changements nécessaires, à savoir la délocalisation de son siège social et la modification des statuts et du registre de commerce.

Le ministère de l’Industrie a également donné son accord pour un programme de libération de MMC du site de Corso. Et au final, MMC a procédé, au profit d’Eriad Corso, au transfert d’une partie du site dans l’attente de libérer le reste, entrant dans le cadre du programme de libération du site.

Plusieurs parties vous accusent d’avoir profité du blé algérien subventionné pour, après sa transformation en Algérie, l’exporter vers l’Occident. Est-ce vrai ?

J’oppose un niet catégorique face à ces accusations. Notre groupe importe plus de 65% de ses capacités de production en blé non subventionné.

Ce qui nous coûte le double du prix de celui subventionné. Et pour être parfaitement franc avec vous et vos lecteurs, je vous remets toutes les attestations d’admission temporaire établies par les services des Douanes algériennes qui font foi.

Les pâtes Amor Benamor exportées vers l’étranger sont produites exclusivement de blé dur importé ! Les états des importations et des exportations de nos produits ainsi que du blé subventionné par l’Etat, acquis auprès de l’OAIC, sont justifiés avec un écart nul.


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