Lahouari Addi : «Il n’y aura pas d’élection et il ne peut pas y avoir d’élection» | El Watan
toggle menu
lundi, 30 mars, 2020
  • thumbnail of elwatan30032020
  • Tombola Alliance



Lahouari Addi : «Il n’y aura pas d’élection et il ne peut pas y avoir d’élection»

02 septembre 2019 à 19 h 57 min

Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques de Lyon, estime que « les conditions politiques d’une élection ne sont pas réunies. Aucun candidat sérieux ne se présentera alors que des centaines de milliers de personnes manifestent tous les vendredis ». Entretien.

 

Dans son dernier discours, prononcé aujourd’hui lundi, Gaïd Salah déclare qu’il est «opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre courant». Quel est votre avis concernant cette nouvelle annonce ? 

L’annonce faite par le général Gaid Salah est surprenante et irréaliste. Mais il faut savoir que l’Etat-Major est composé de plusieurs généraux, vieux et jeunes, et ils n’ont pas le même avis sur la sortie de crise. Pour moi, l’explication de cette annonce est que les softliners ont poussé les hardliners à organiser une élection présidentielle vers la mi-décembre. L’élection n’aura pas lieu pour des
raisons évidentes, et cela renforcera le softliners. Gaid Salah sera obligé de démissionner. Je pense que l’EM sera renouvelé vers la mi-octobre pour permettre une sortie de crise acceptable par la population.

 Vous dites que cette annonce est surprenante et irréaliste. Pourquoi ?

Les conditions politiques d’une élection ne sont pas réunies. Aucun candidat sérieux ne se présentera alors que des centaines de milliers de personnes manifestent tous les vendredis. S’il y a des candidats, ils ne pourront pas tenir des meetings électoraux. Et même si la campagne se mènera à huis clos et sur les plateaux de la télévision publique, les citoyens empêcheront le moment venu l’ouverture des bureaux de vote. Les services de sécurité, même aidés par l’armée, n’ont pas suffisamment de personnel pour protéger des milliers de bureaux de vote. Il n’y aura pas d’élection et il ne peut pas y avoir d’élection.

Des milliers de manifestants appellent, depuis des semaines, à la désobéissance civile…

Le hirak est la désobéissance civile par excellence. Aucun wali ou ministre ne se rend sur le terrain. Les permanences locales du panel sont fermées par les citoyens dans différentes villes. Le pouvoir s’adresse à la population à partir de casernes. C’est l’état de siège à l’envers. La population a mis le gouvernement et le pouvoir réel sous un état de siège. La population va continuer dans la désobéissance civile pacifique jusqu’à obtenir une négociation pour une transition vers un autre régime. Ceux qui cherchent à paralyser les institutions ou à gêner l’économie nationale par des grèves sauveront, consciemment ou inconsciemment, le régime. Je mets cela sur le compte de l’impatience de certains hirakistes sincères, ou de la provocation des résidus du régime.

 

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!