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Des conversations téléphoniques enregistrées diffusées sur les réseaux sociaux : La vie privée et la dignité des personnes violées

19 décembre 2019 à 10 h 06 min

Des échanges entre des personnes, des officiels notamment, lors de réunions, font aussi l’objet de cette même pratique dangereuse. Ils sont même relayés par des milliers d’internautes, curieux. Warning ! Une véritable atteinte à la vie privée des gens, pourtant protégée par la Constitution et les lois algériennes.

La pratique s’est répandue d’une manière inquiétante ces derniers mois. La Toile algérienne et les réseaux sociaux ont été inondés de vidéos et d’enregistrements des conversations téléphoniques de personnes, classées ou pas dans la case de ce qu’on appelle «la îssaba» (la bande). On ne sait par quel miracle ces enregistrements, résultats d’écoutes téléphoniques effectuées on ne sait dans quelles conditions, sont diffusés à grande échelle sur les réseaux sociaux.

Des échanges entre des personnes, des officiels notamment, lors de réunions, font aussi l’objet de cette même pratique dangereuse. Ils sont même relayés par des milliers d’internautes, Curieux ! Warning ! Une véritable atteinte à la vie privée des gens, pourtant protégée par la Constitution et les lois algériennes. Des pages Facebook aux connotations malveillantes obtiennent et diffusent, dans une volonté de nuire à des personnes, des images, des vidéos et des enregistrements que seuls les services compétents et autorisés par la justice devraient détenir.

Qui les a mis à la disposition des administrateurs de ces pages ? Qui est derrière ces comptes ? Facile à deviner, mais difficile à identifier. En plus de ce fait, ce qui est grave aussi, c’est le silence de la justice, censée veiller au respect des lois interdisant ce genre de pratiques. «La vie privée et l’honneur du citoyen sont inviolables et protégés par la loi. Le secret de la correspondance et de la communication privée, sous toutes leurs formes, est garanti.

Aucune atteinte à ces droits n’est tolérée sans une réquisition motivée de l’autorité judiciaire. La loi punit toute violation de cette disposition. La protection des personnes physiques dans le traitement des données à caractère personnel est un droit fondamental garanti par la loi qui en punit la violation», stipule l’article 46 de la Constitution. L’article 2 de la loi sur le traitement des donnés personnelles, adoptée en 2018, protège aussi la vie privée.

«Le traitement des données à caractère personnel, quelle que soit son origine ou sa forme, doit se faire dans le cadre du respect de la dignité humaine, de la vie privée, des libertés publiques et ne doit pas porter atteinte aux droits des personnes, à leur honneur et à leur réputation», précise cette disposition, qui prévoit de lourdes peines à l’encontre des contrevenants.

Respect des lois : Un concept destiné à la consommation

«A quoi servent les lois si on ne les respecte pas ?» se demande la députée du RCD, Fetta Sadat, qui rappelle que durant les manifestations du mouvement populaire, les citoyens sont filmés et pris en photo à leur insu par les services de sécurité. «Ces pratiques visent à ficher tous les citoyens. Il n’y a aucune protection. Les pouvoirs publics sont interpellés. Il ne sert à rien d’avoir les meilleures lois du monde si elles ne sont pas respectées dans la pratique», dénonce-t-elle.

Pour sa part, le vice-président de la LADDH, Saïd Salhi, qualifie ces faits de «dérapage», précisant que «normalement, tout enregistrement téléphonique est interdit et sa publication encore plus, sans le consentement des concernés, c’est une atteinte grave à la vie privée des gens et à la confidentialité des correspondances qui sont pourtant protégés par le droit».

«Nous assistons à certains dérapages concernant l’atteinte à la dignité des personnes, à la présomption d’innocence pour certaines personnes même poursuivies en justice. Ces pratiques doivent cesser, la vie privée et la dignité des personnes sont une sphère inviolable qui doit être protégée, alors que certains, notamment ceux que l’on appelle ‘‘les mouches électroniques’’ vont jusqu’à la diabolisation et à la stigmatisation de toute voix discordante, ce qui ne doit pas exclure, bien sûr, le débat contradictoire et le travail d’investigation journalistique, mais qui doit toujours se faire dans le respect de l’éthique et la déontologie», souligne-t-il.            


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