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Répression du hirak

Le constat accablant de la LADDH : «La situation est alarmante»

28 juin 2021 à 10 h 41 min

La LADDH dénonce les dernières arrestations qui ont ciblé des membres du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), dont l’universitaire à la retraite Fatiha Briki, ainsi que d’autres citoyens qui se sont retrouvés poursuivis pour «délit de solidarité».

Depuis le retour du hirak en février 2021 après une année de trêve sanitaire en lien avec la Covid-19, la répression a été la seule actualité.» Le constat est de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) qui, dans une déclaration rendue publique hier, dénonce la répression qui s’abat sur l’opposition, tout particulièrement les activistes du hirak, sachant que nous sommes à plus de 290 détenus d’opinion qui croupissent en prison.

Sous le titre «Déclaration urgente», et par la voix de son vice-président, Saïd Salhi, la LADDH dresse un état des lieux pour le moins inquiétant quant à la situation des droits humains et des libertés publiques dans notre pays.

«Jamais dans le hirak qui a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de l’Algérie, nous n’avons assisté à une telle dérive autoritaire, animée par une volonté manifeste d’en finir avec le hirak et d’enterrer définitivement les espoirs du peuple algérien d’édifier l’Etat de droit démocratique et social (…) et de réaliser le serment de nos martyrs de la Guerre de Libération nationale», écrit Saïd Salhi.

La Ligue commence par une lecture politique du scrutin législatif du 12 juin 2021 ; des élections «boudées par une large majorité du peuple algérien, confirmant le rejet de la feuille de route politique du pouvoir».

En même temps, ce rejet populaire reflète «l’échec de l’approche du tout sécuritaire marqué par une escalade sans précédent de la répression et des restrictions des libertés», estime la LADDH. «La liste des détenus ne cesse de s’allonger de jour en jour», alerte l’organisation de défense des droits humains.

Une campagne d’arrestations «qui vise toutes les voix discordantes du hirak pacifique pro-démocratie et de l’opposition démocratique et la société civile» et qui «prend une ampleur inquiétante». A l’appui de son plaidoyer, ces chiffres : depuis la reprise du hirak, «près de 6400 arrestations ont été opérées à l’échelle de tout le pays, dont 2000 interpellations en deux semaines».

Le nombre de citoyens privés de leur liberté a atteint «300 détenus d’opinion», souligne la LADDH. Parmi eux, «des femmes, des étudiants, des universitaires, des militants de partis politiques de l’opposition, toutes sensibilités confondues, dont Ouahid Benhalla, cadre du MDS, et des acteurs associatifs, dont Nacer Meghenine, président de l’association SOS Culture Bab El Oued».

La Ligue cite également notre confrère de Liberté Rabah Karèche, en détention à Tamanrasset depuis le 18 avril, ou encore l’avocat de Tébessa Arslane Abderraouf, arrêté le 20 mai 2021.

La même organisation dénonce par ailleurs les dernières arrestations qui ont ciblé des membres du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), dont l’universitaire à la retraite Fatiha Briki, ainsi que d’autres citoyens qui se sont retrouvés poursuivis pour «délit de solidarité».

«Plusieurs organisations et collectifs, particulièrement ceux qui travaillent sur la solidarité avec les détenus et leurs familles, sont ciblés. Plusieurs militant-e-s du CNLD et des comités contre la répression et la torture, des universitaires de la CNUAC, ont été arrêtés», énumère la Ligue.

A la lumière de ces faits, la politique actuelle représente «un bilan chaotique qui contredit clairement les promesses faites par le président Tebboune d’une ‘‘Algérie nouvelle’’», déplore la LADDH. Pour elle, les pratiques auxquelles on assiste «ravivent dans l’esprit des Algériennes et des Algériens le sentiment de hogra et le mépris qui a fait sortir le peuple dans la rue en février 2019 pour exiger le changement». «La situation est alarmante», martèle la Ligue avant d’appeler à la «libération de l’ensemble des détenus d’opinion, l’acquittement et l’abandon de toutes les charges retenues contre tous les militant-e-s pacifiques».

La LADDH a lancé également un appel à «l’ouverture d’un nouveau processus politique démocratique, apaisé et négocié, passant par le respect des libertés démocratiques, pierre angulaire de toute démocratie».


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