Suspension des vols de rapatriement en mars : La situation d’Air Algérie se complique | El Watan
toggle menu
dimanche, 26 septembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021




Suspension des vols de rapatriement en mars : La situation d’Air Algérie se complique

01 mars 2021 à 11 h 04 min

La compagnie nationale ne va pas effectuer de «vols spéciaux» au départ de la France, cependant, les vols de l’Algérie vers la France vont se poursuivre.

En grande difficulté financière, aggravée par la crise de la Covid-19, la compagnie nationale Air Algérie joue sa survie. L’horizon n’est pas encore dégagé pour elle, surtout après la décision du gouvernement de suspendre durant le mois de mars l’ensemble des vols en provenance de l’étranger vers l’Algérie, en ayant recours à la fermeture des frontières. La compagnie nationale ne va pas effectuer de «vols spéciaux» au départ de la France, cependant, les vols de l’Algérie vers la France vont se poursuivre.

«Les vols spéciaux au départ de l’Algérie vers la France, opérés par les compagnies aériennes Air France et ASL Airlines, se poursuivent. La compagnie Transavia opérera également des vols en mars au départ d’Alger et d’Oran», précise le consulat général de France à Alger sur sa page Facebook. L’ambassade de Turquie en Algérie a publié aussi sur sa page Facebook une annonce confirmant «l’arrêt des vols vers l’Algérie dans le cadre des mesures Covid-19».

Selon cette source, et dans le cadre des mesures prises par les autorités algériennes contre la nouvelle vague de variants de la Covid-19, «tous les vols en provenance de l’étranger vers l’Algérie entre le 1er et le 31 mars 2021 ont été annulés. Pendant cette période, aucun vol de la Turquie vers l’Algérie ne sera programmé. Nos citoyens en Algérie pourront revenir dans notre pays une fois par semaine de l’Algérie à Istanbul par Turkish Airlines».

Selon l’agence de tourisme Cirrus voyages, un vol direct de rapatriement Alger-Amman est programmé le 10 mars par la compagnie Royal Jordanian. Il y a aussi des vols aller-retour avec Qatar Airways tous les lundis, mercredis et vendredis pour Doha avec possibilité de continuer vers d’autres destinations.

Air Algérie, la grande perdante

La décision des autorités algériennes de fermer les frontières dans un sens et pas dans l’autre a-t-elle été suffisamment réfléchie ? A-t-on pris en compte la situation financière catastrophique de la compagnie nationale ? Dans tous les cas de figure, Air Algérie est la grande perdante. «Si on est un peu prudent par rapport aux nouveaux variants de la Covid-19, force est de reconnaître qu’Air Algérie sera pénalisée. Ce sont des vols de rapatriement, chaque compagnie ne peut prendre que ses ressortissants. Notre compagnie nationale est déjà fragilisée, il est temps de penser à la restructurer dans tous les domaines», déclare un agent de voyage.

Air Algérie se contente actuellement des vols intérieurs (50% réseau Nord et 100 % réseau Sud) avec un taux de remplissage estimé à 75%. Cela reste insuffisant pour permettre à la compagnie de redécoller. Air Algérie a renforcé son programme de vols les 27 et 28 février dans l’optique de rapatrier le plus grand nombre de ressortissants algériens bloqués à l’étranger. Paris Aéroport a annoncé 5 vols par jour depuis l’aéroport de Paris Charles de Gaulle (CDG) à destination d’Alger. 2 vols matinaux (10h10 et 12h10) et 2 autres vols l’après-midi (14h40 et 17h40). Le dernier vol de la journée a été programmé pour le soir, à 20h30.

Anéantie par la crise sanitaire, comme l’ensemble du secteur aérien, Air Algérie traverse une forte zone de turbulences sans précédent. La compagnie publique algérienne accuse un recul de 37% de son bénéfice net pour 2020. Le manque à gagner pour le transporteur public s’élève à plus de 40 milliards de dinars, soit environ 250 millions d’euros. «C’est une chute drastique de nos revenus. Nous n’avons jamais connu une telle baisse en quelques mois», déplore Amine Andaloussi, porte-parole d’Air Algérie, dans une déclaration à l’hebdomadaire Jeune Afrique.

56 appareils cloués au sol

La fermeture des frontières du pays depuis le 17 mars 2020 a cloué au tarmac de l’aéroport Houari Boumediène la flotte d’Air Algérie, composée de 56 appareils. L’entreprise publique a transporté 1,5 million de passagers en 2020, contre 17 millions en 2019, selon la direction.

«Au début de 2017, la trésorerie était aux alentours de 20 milliards de dinars et en mars 2020, cette somme était de 71 milliards de dinars, ce qui lui a permis de tenir pendant les mois d’arrêt de travail (payer le personnel, maintenance)», a affirmé Mohamed Charef, conseiller du PDG d’Air Algérie. Les charges fixes sont comme un boulet au pied. Il y a les salaires et les frais de maintenance. Même si les appareils ne volent pas, il faut continuer à les entretenir régulièrement afin qu’ils puissent repartir le plus rapidement possible une fois la crise passée.

En effet, les avions sont vulnérables et s’usent plus rapidement quand ils sont cloués au sol. «Un avion qui vole coûte paradoxalement moins cher qu’un avion cloué au sol», selon les spécialistes de l’aérien. Face à cette situation, une question se pose : les pouvoirs publics ont-ils un plan de relance pour la compagnie aérienne ou au moins un plan de soutien du gouvernement, d’autant plus que cette situation risque de durer ? Le ministère des Travaux publics et des Transports n’a rien annoncé dans ce sens.

Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, avait déclaré le 16 février 2021 : «Nous devons maintenir la suspension des vols réguliers. Si au bout de quelques semaines, voire des mois, on a la certitude qu’il n’y a plus de clusters, nous pourrons proposer une réouverture des frontières.»

La réouverture des frontières est une décision éminemment politique mais elle n’est pas à l’ordre du jour.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!