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La presse mondiale critique le maintien du statu quo

12 février 2019 à 11 h 20 min

M auvaise nouvelle», «Macabre continuité», «Maintien du statu quo»… L’annonce officielle de la candidature du président Bouteflika, quasiment invisible en public et gravement diminué par les séquelles d’un AVC, pour un 5e mandat lors de l’élection présidentielle d’avril, a été largement commentée hier par la presse internationale, notamment française.

Le quotidien Le Monde a consacré sa une à l’annonce de Bouteflika qui se «représente à la tête d’un pays sans illusions», accompagnée d’un dessin railleur de célèbre dessinateur Plantu. Le quotidien du soir, dans son éditorial au vitriol intitulé «En Algérie, une fossilisation du pouvoir», y voit dans la candidature de Bouteflika «une mauvaise nouvelle pour l’Algérie». «Cette fossilisation du pouvoir scelle la rupture entre le sommet de l’Etat et la société, qui vivent deux histoires différentes», écrit l’éditorialiste.

Et d’ajouter : «Au sommet, le président Bouteflika, entouré d’un clan dont l’opacité est telle, que les observateurs les plus avisés se disent aujourd’hui incapables d’en déchiffrer l’évolution, reste figé dans la génération du FLN victorieuse de la guerre d’indépendance. A la base, une société jeune, qui voudrait vivre dans le XXIe siècle mais qui étouffe dans le carcan qui lui est imposé.»

Le même quotidien a publié un reportage évoquant la lassitude des Algérois de «voir les mêmes têtes se partager les richesses depuis l’indépendance». Même ton du côté de France-Inter qui estime que «les Algériens, dont la moitié a moins de 27 ans, n’attendent pas grand-chose de cette macabre continuité. Ce n’est une bonne nouvelle ni pour l’Algérie ni pour ses voisins». Le chroniqueur de la radio a noté toutefois que Bouteflika, au pouvoir en Algérie depuis deux décennies, «reste indispensable à l’équilibre entre les clans au pouvoir dans ce pays à l’opacité absolue. Et sa victoire ne fait aucun doute le 18 avril».

Le quotidien économique Les Echos, pour sa part, s’interroge sur l’après-élection de Bouteflika, dont la victoire ne fait pas de doute. «Où ’Boutef’’(…) mènera-t-il à partir d’avril prochain un pays dont 40% de la population n’était pas née lors de son arrivée en 1999 et qui aspire au changement sans vouloir forcément renverser la table, au vu des expériences désastreuses du Printemps arabe ?» écrit le quotidien économique, pour qui «le régime est, comme le pays à vrai dire, face à un casse-tête redoutable : comment s’émanciper sans trop de casse sociale de la rente des hydrocarbures».

Pour Le Parisien, l’avenir de l’Algérie reste «très incertain» car «le président du pays, vu son état de santé, pourrait bien ne pas aller au bout de son mandat. Et derrière, aucun n°2 ne se dégage». «Bouteflika n’a pas préparé sa succession.

S’il meurt en cours de mandat, ça créera une situation inédite et il y aura une intense compétition pour lui succéder», a expliqué le politologue Hasni Abidi, cité par le journal, qui précise que parmi ces prétendants au trône, le nom du chef de l’état-major de l’armée en poste depuis 2004, Ahmed Gaïd Salah, revient souvent.

Pour sa part, la branche anglophone de la chaîne qatarie Al Jazeera a souligné que la réélection de Bouteflika «assurera une stabilité à court terme au FLN, à l’armée et aux magnats du monde des affaires, et reportera une succession potentiellement difficile», rappelant que Bouteflika est le seul président d’Afrique du Nord à avoir été épargné par les soulèvements pro-démocratiques du Printemps arabe qui ont débuté en Tunisie en 2010.

Même tonalité du côté du Financial Times, un quotidien économique et financier britannique. «En tant que candidat du régime, Bouteflika devrait remporter la victoire dans un pays où la politique est étroitement contrôlée, les partis d’opposition faibles et la liberté de la presse limitée», a souligné le journal britannique.

Selon lui, le prochain mandat du président octogénaire sera marqué par le «maintien du statu quo» et le report des réformes «radicales et nécessaires» à la refonte de l’économie, ultra-dépendante des hydrocarbures.


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