La précarité des étudiants algériens en France accentuée par la crise sanitaire | El Watan
toggle menu
vendredi, 12 août, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Misère sociale et décrochage

La précarité des étudiants algériens en France accentuée par la crise sanitaire

08 décembre 2020 à 10 h 52 min

Les appels de détresse se multiplient auprès des associations communautaires et sur les réseaux sociaux afin de les aider à surpasser une période cauchemardesque !

A lors qu’elle n’était pas des plus reluisantes ces dernières années, la situation des étudiants algériens en France sur les plans social et pédagogique s’est dégradée davantage sous les effets de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Les appels de détresse se multiplient auprès des associations communautaires et sur les réseaux sociaux afin de les aider à surpasser une période cauchemardesque !

«Déjà qu’ils galéraient sans la Covid-19. Et là, c’est encore pire. A cause du confinement, non seulement ils n’ont pas suivi de cours mais aussi ils n’ont pas pu travailler afin de subvenir convenablement à leurs besoins basiques (nourriture, logement, etc.).

Certains sont dans ce cas de figure depuis fin 2019. Ils survivent avec l’argent qu’ils ont ramené du pays en venant, autrement dit un budget autour de 3000 euros, dans les meilleurs cas, pour plus d’une année.

C’est juste intenable en France !» témoigne Massinissa Bourouih, fraîchement diplômé de la faculté d’informatique de l’Université Rennes 1 (Bretagne, ouest de la France). Avec d’autres membres bénévoles de la communauté nationale établie à l’étranger, dont notamment d’anciens étudiants, il participe depuis mars dernier à l’«organisation de plusieurs quêtes de solidarité en faveur des étudiants nécessiteux».

Il s’agit surtout des étudiants primo-arrivants de l’année universitaire précédente, et à une moindre échelle ceux de cette année. Ils font partie de l’une des catégories sociales les plus fragiles en France, en l’occurrence celle des étudiants étrangers.

Subissant les aléas des réglementations administratives, dites de transition, le temps de leur installation, ils doivent attendre plusieurs mois pour avoir leurs titres de séjour d’études afin de pouvoir travailler.

En même temps, ils n’ont pas le droit de prétende aux différentes aides et allocations attribuées aux étudiants nationaux ou originaires de l’Union européenne.

«Cette dure réalité était subie par nos étudiants avant la pandémie. Or, avec le premier confinement, tout a été bloqué sur le plan administratif et le marché du travail destiné aux étudiants s’est arrêté.

Pour les uns, ils n’avaient le choix que de patienter indéfiniment. Pour les autres, qui venaient juste de commencer le travail ou même les plus anciens qui travaillent depuis longtemps, ils ont perdu leurs jobs étudiants ou leurs stages de fin d’études», relate notre interlocuteur, qui regrette de relever «moins de solidarité depuis la seconde vague en comparaison à la première».

Les étudiants livrés à eux-mêmes

En effet, si les membres de la diaspora (particuliers et collectifs) ont fortement participé à l’élan de solidarité (cagnottes en ligne, distribution de denrées alimentaires et autres produits de première nécessité, etc.) lors du premier confinement, entre mars et mai 2020, c’est loin d’être le cas depuis le reconfinement, ayant débuté fin octobre dernier.

Le travail laborieux d’aide et d’accompagnement qu’accomplissent des associations locales dans les grandes villes universitaires françaises – particulièrement dans la région parisienne où interviennent ponctuellement certaines organisations engagées auprès des étudiants algériens, y compris ceux en situation irrégulière, à l’instar de l’Union des étudiants algériens en France (UEAF), l’Association des Algériens des deux rives et leurs amis (ADDRA), etc. – paraît très insuffisant pour permettre aux étudiants précaires de surmonter décemment cette épreuve.

Cet état de fait a encouragé certains universitaires (syndicalistes étudiants, jeunes diplômés et enseignants) à demander l’intervention des autorités françaises mais aussi algériennes.

C’est le cas par exemple de Sofiane Guerdou, enseignant et interprète établi à Paris, qui a pris l’initiative de lancer un appel à destination des services consulaires.

«Il devient urgent pour les autorités algériennes en France de mettre en place une cellule de crise pour recenser tous nos étudiants précaires et en détresse afin de leur proposer des aides financières sous forme d’allocation ou de crédit sans intérêt.

Pour ce faire, il serait possible de créer une plateforme sur internet et de la partager sur les réseaux sociaux et il serait nécessaire aussi de diffuser l’information dans les médias», écrit-il.

Constatant que ces étudiants vivent une «première phase d’intégration encore plus difficile que d’habitude», il espère par sa requête faire réagir le gouvernement pour venir au secours de cette catégorie de nos compatriotes desquels on peut attendre, selon lui, un important retour sur investissement au profit de notre pays dans un proche avenir.

«En Algérie, le budget de l’Etat permet de financer le logement, les transports, la sécurité sociale et la scolarité des étudiants, ainsi qu’une bourse trimestrielle qui leur est octroyée. Partant de ce constat, il me semble qu’un étudiant algérien en France pourrait bénéficier également d’une aide au financement de ses études. Bien évidemment, cela demande de grands moyens et nécessite une étude approfondie», explique-t-il.

En plus de ces enjeux socio-économiques (malnutrition, logement de fortune, anxiété, isolement, etc.), la précarité des étudiants algériens en France pèse lourdement sur leur cursus universitaire.

A cause de tous les problèmes énumérés, additionnés au manque flagrant de moyens matériels (ordinateurs, accès à internet de qualité, etc.) qui les pénalise pour suivre correctement les cours – assurés entièrement à distance depuis mars 2020, et ce, jusqu’à février 2021 –, le décrochage n’a jamais été aussi important que cette année chez les étudiants algériens, au même titre d’ailleurs qu’une bonne partie des autres étudiants étrangers.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!