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Hirak et projet de société idéal par l’Algérie de demain

La polémique fait rage entre les démocrates et les islamistes de Rachad

11 juillet 2020 à 10 h 03 min

Ce qui devait arriver arriva ! Retardé, voire repoussé, pendant plus d’une année par souci de sauvegarde de la cohésion du mouvement populaire du 22 Février, le débat sur le projet de société qu’il faut pour l’Algérie de demain est désormais lancé sur… les réseaux sociaux.

Et comme il fallait s’y attendre, il donne suite à une dualité entre des représentants du courant démocratique et des adeptes de l’islamisme politique, dominé par le mouvement Rachad.

Ce débat vire, en l’espace de quelques jours, à la polémique et à des échanges vifs sur le Net. Le tout, sur fond de multiples pressions sur le hirak et les militants politiques qui subissent de plus en plus des coups de boutoir du pouvoir pressé, visiblement, de faire taire à jamais ce mouvement dit «béni». Tout a commencé après la publication d’une contribution, le 26 juin dernier, par l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, sur sa page Facebook.

Intitulé «Idéologie dites-vous ?», le texte, se référant toujours à l’histoire de l’Algérie, attire l’attention sur un subterfuge des Frères musulmans, une des branches de l’islamisme politique, qui se prépareraient à récolter les «dividendes» du mouvement populaire pluriel.

«On notera que les arabo-islamistes avaient réussi (après l’indépendance, ndlr) le tour de force d’indexer comme ‘‘toxicité idéologique’’ les principes en qui, en fait, relevaient de l’humanisme ou de la philosophie comme l’égalité des sexes, la liberté de culte, le respect de l’avis minoritaire…

Nous sommes rigoureusement sur la même supercherie aujourd’hui», affirme Saïd Sadi, en présentant le jeu auquel s’adonne le «courant fondamentaliste, représenté par Rachad qui assimile les principes universels à une ‘‘perversité occidentale’’».

Evoquant les connexions internationales de Rachad et ses contacts permanents avec le pouvoir réel en Alger, Saïd Sadi affirme aussi que «cette mouvance n’hésitera pas à anéantir tous les espoirs d’un changement démocratique en Algérie».

«Le MALG qui n’était pas composé que d’islamistes, loin s’en faut, fut le maître d’œuvre de l’enterrement du projet républicain de la Soummam, acte dont ont hérité les Oulémas à l’indépendance, pourvu qu’ils ne revendiquent pas trop de pouvoir régalien. Dit autrement, la piste Rachad est une fausse perspective de changement.

C’est la garantie de l’entretien de la tutelle totalitaire, en l’occurrence militaire», conclut-il. Dans une nouvelle contribution publiée, toujours sur sa page, le 2 juillet dernier, Saïd Sadi dénude aussi la stratégie de la mouvance Rachad et met les points sur les «i» concernant le projet défendu par Abane Ramdane et démonte l’interprétation erronée du contenu de l’Appel du 1er Novembre et la référence «aux principes de l’islam».

Les tribunes de Saïd Sadi ont visiblement fait très mal aux représentants de ce mouvement, en particulier ceux vivant en exil. Ils n’ont pas tardé à réagir, mais sans répondre sur le fond à la problématique évoquée par l’auteur.

C’est notamment Larbi Zitout, Amir Boukhars (connu sur Facebook sous le surnom d’Amir Dz), Yahia Mekhiouba et d’autres militants moins connus de Rachad qui sont montés au créneau pour accuser Saïd Sadi et d’autres militants ayant soutenu son analyse «de rouler pour la police politique» et «de vouloir créer un fissure dans le hirak».

Des voix appellent à la vigilance

Face à l’ampleur de cette polémique, des voix s’élèvent pour dire de faire attention à «ces querelles idéologiques qui risquent de dévier le mouvement de ses objectifs». Elles appellent à différer ce débat, tant la revendication du changement du système ne s’est pas encore concrétisée.

«Restons vigilants, la force du hirak est dans son unité et sa diversité. Restons ensemble, toutes sensibilités confondues, (progressistes et conservateurs. Démocrates et islamistes…) dans l’unité d’action, autour de l’objectif central du ‘‘hirak’’ qui est le changement pacifique du système vers un Etat démocratique, social et civil. Arrachons d’abord la démocratie», plaide Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.

Il rappelle, dans ce sens, que «c’est tout le peuple qui est sorti dans la spontanéité le 22 février 2019». Et d’ajouter : «Ne gâchons pas notre dernier espoir. Le hirak national et pacifique est une chance pour l’Algérie», ajoute-t-il dans un texte posté sur sa page Facebook.

D’autres, à l’image de l’activiste Abderrazak Bendjoudi, rappellent que «toutes les tendances politiques et toutes les idéologies se sont fondues dans le hirak populaire et luttent ensemble, des mois durant, pour le changement». En revanche, des acteurs du hirak et des observateurs de la scène nationale estiment, pour leur part, que le débat lancé en cette phase cruciale est «utile» pour trancher définitivement des questions en suspens depuis l’indépendance et qui n’ont fait que miner la vie politique nationale, voire même la société algérienne.


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