Hirak : La mobilisation se maintient à l’Est | El Watan
toggle menu
mardi, 07 décembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



Hirak : La mobilisation se maintient à l’Est

C’était le principal mot d’ordre lancé lors des marches du vendredi à Constantine, dénotant de la détermination affichée par les masses de poursuivre leur mouvement malgré toutes les mesures décidées par le pouvoir.

«Eddouna gaâ lelhabs, el hirak mahouche habes !» (Emmenez-nous tous en prison, le hirak ne s’arrêtera pas !) ont scandé des centaines de manifestants dans des carrés qui commençaient à grossir au fil de la marche pour réunir toutes les tendances présentes sur le terrain.

«Nous sommes solidaires avec nos frères d’Oran qui ont été empêchés de marcher vendredi dernier, comme nous dénonçons les interpellations dans les rangs des étudiants à Alger, mardi dernier ; ce sont des tentatives pour nous intimider et nous démobiliser, mais peine perdue, nous ne lâcherons pas et nous sommes déterminés à marcher chaque vendredi jusqu’à la satisfaction des revendications du hirak», a lancé un quadragénaire.

Au milieu de la foule, on scande de nouveaux slogans avec le même esprit, comme «Chouia chouia ndjibou elhouria oua ndirou raïs andou charâya» (Petit à petit nous aurons la liberté et nous élirons un Président qui aura une légitimité). La question des détenus est revenue encore une fois à travers des appels pour leur libération.

Chaque vendredi une banderole rassemblant les photos d’une trentaine d’entre eux est brandie pour rappeler qu’il était temps que ces militants de la liberté rejoignent leurs familles en ce mois de Ramadhan. Face à un dispositif policier qui contrôlait les points névralgiques de la ville, et en présence d’éléments en civil, les manifestants ont poursuivi leur marche avec fermeté, alors qu’aucun incident n’a été enregistré.

A Annaba, la mobilisation était forte, hier, au 115e vendredi, le troisième depuis le début du Ramadhan. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes ont investi la place du cours de la Révolution avant de faire d’interminables tours. Ils criaient leur colère contre le système en place en rejetant catégoriquement le vote.

En effet, ils scandaient, comme d’habitude, des slogans hostiles aux législatives du 12 juin prochain. «Il n’y aura pas de vote avec les bandes», «A Annaba pas de vote même avec les menottes !» criaient-ils. D’autres groupes ont brandi des pancartes appelant à la libération des détenus du hirak sans condition aucune.

Ils scandaient : «Libérez nos frères détenus !» «Libérez les journalistes !» «Libérez les otages !» Devant le théâtre Azzedine Medjoubi, plusieurs protestataires ont repris des slogans ayant trait à la restitution du pouvoir au peuple. «Ça y est, c’est bon, le peuple est Président !» «Le peuple réclame sa souveraineté !» ou encore «Le peuple est la source de tous les pouvoirs» et «L’Algérie libre est démocratique !» Devenue une habitude, le retrait des services de sécurité en uniforme se confirme chaque vendredi. Cependant, leur présence se limite à quelques membres en tenue civile, prêts à intervenir en cas d’incident.

Libérez les détenus !

A Skikda, les hirakistes sortis de nouveau dans une ambiance festive scandaient : «Nous sommes des hirakistes, pas des bandits !» Sous les youyous des femmes, les manifestants ont appelé «les généraux à libérer les détenus pour qu’ils puissent passer la fête de l’Aïd avec les leurs». Les prochaines législatives ont par ailleurs été assimilées à une «pièce de théâtre» par les hirakistes qui jugent qu’il faudrait plutôt dénoncer ce qu’ils ont qualifié d’«illégitimité du pouvoir».

Poussant leur diatribe, ils ont appelé, ironiquement, ceux qui s’apprêteraient à voter d’aller plutôt «faire la chaîne pour disposer d’un bidon d’huile». Se démarquant des tentatives visant à semer la zizanie, les marcheurs ont longtemps scandé «Bravo à vous les Kabyles, l’Algérie est fière de vous !» avant de s’attaquer aux «pro-Français» ou «Ouled Bigeard» comme ils les identifieront. Ce n’est que vers 15h que la marche a pris fin dans le calme à l’avenue du 20 Août 1955.

A Jijel, des centaines de manifestants ont marché sur près de 7 km pour donner des réponses aux derniers événements et rappeler les principales revendications du mouvement. La foule évoquera qu’il n’y a «ni islamiste ni laïque, mais une bande qui dilapide au grand jour», et que les «Kabyles et Arabes sont des frères, le peuple est uni». Et d’appeler : «Relâchez nos enfants pour qu’ils jeûnent avec nous.» D’un autre côté, le rejet des législatives a été redit avec le cri. «Pas d’élection avec les bandes !» «Les partis politiques font du business !»

Le jeune de Kaous, qui a déjà connu en 2020 la prison et qui vient d’être placé en détention préventive à Oran, a eu droit à un vibrant soutien avec «Allahou akbar, Rouibah Yasser !»

Sur les écriteaux, on pouvait voir l’angélique visage du jeune Yasser Rouibah avec ces mots : «Liberté pour les détenus d’opinion» alors que sur d’autres on pouvait lire «Mon problème n’est ni avec le MAK ou Rachad», «On peut tout discuter, mais pas avant la remise du pouvoir au peuple» et «Liberté pour Saïd Djabelkheir et Amira Bouraoui : pour la liberté de conscience». On relèvera qu’au moins une arrestation a touché un féru de photographie et ancien entraîneur de la JSD, lequel a été relâché vers 17h.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!