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La manœuvre de Gaïd Salah démontée avec le sourire : Le peuple exige l’application de «l’article sans eux»

28 mars 2019 à 9 h 45 min

Après l’application de l’article sans 2, on demandera l’application de l’article sans eux.» Depuis l’annonce de Gaïd Salah qui demande à appliquer l’article 102 de la Constitution pour «débrancher» le Président finissant, ce slogan qui accompagne une affiche parodique fait fureur sur les réseaux sociaux.

Il a le don de résumer le sentiment d’une bonne partie de l’opinion après cette dernière manœuvre du chef d’éta-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense. Sur cette affiche satirique, on voit les têtes de Abdelaziz et Saïd Bouteflika barrées d’un trait rouge et cette mention : «Article sans 2». Et pour «l’article sans eux», l’œuvre graphique désigne les Bedoui, Haddad, Ouyahia et autre Lamamra…

D’autres propositions de pancartes fusent ça et là, donnant le ton de ce que sera probablement la réponse populaire, ce vendredi (demain).

Parmi les plus inspirées, ce slogan que nous avons piqué de la page Facebook de notre consoeur Nachida Baba Aïssa : «Ya Bouteflika rayah, rayah ! Addi m3ak Gaïd Salah ! Ou balak tenssa Bensalah !» (Bouteflika, tu partiras tôt ou tard/ Emmène avec toi Gaïd Salah/ Et n’oublie pas Bensalah).

De fait, le président du Sénat en a lui aussi pris pour son grade, depuis qu’il est apparu que c’est lui qui succédera à M. Bouteflika en cas d’application de l’article 102 selon l’organigramme de la hiérarchie institutionnelle. Sur une affiche à l’effigie du personnage n°2 de l’Etat, on lit : «Raïs majliss el ghomma. Dégage !» (Président du Conseil de l’étouffement, dégage !) Notre ami Yassine Telmali a eu la bonne inspiration d’adapter Le Déserteur de Boris Vian.

Extrait : «Cher monsieur Bensalah/ Je vous ai fait une lettre/ Que vous liriez peut-être/ Si vous ne dormiez tant/ Nous venons à l’instant/ D’apprendre des militaires/Seigneurs des hautes sphères/Que vous serez président ! (…) Depuis que je suis né/ Je ne vois que vos têtes/ De patriotes d’opérette/ Parfaitement clonés/ Votre article 102/ Je puis vous le promettre/ Qu’on s’en fiche à la lettre/ Comme de tous vos mer…» «Qu’ils soient grands généraux/ Ministres de la République/ Anciens apparatchiks/ Ou blancs-becs libéraux / C’est pas pour vous fâcher/ Il faut que je vous le dise/ Notre décision est prise/ Nous n’allons pas lâcher

Un autre mot d’ordre, qui avait déjà fait son apparition ostensiblement dans les marches, insiste sur l’article 7 de la Constitution : «Le Peuple est la source de tout pouvoir.» A noter que la fameuse punchline devenue virale du jeune qui a répondu à notre consœur Yasmine Moussous de Sky News Arabia, en lâchant «Yetnahaw_Ga3» (ils sont tous virés) reste en tête des slogans les plus en vue. La phrase choc est reprise à volonté, notamment par les partisans du «dégagisme».

Boutef limoge Gaïd Salah, selon El Manchar

Ainsi, toujours en réponse à l’article 102 prôné par Gaïd Salah, une affiche qui circule sur les réseaux sociaux proclame : «Nous demandons d’actionner l’article 2019 qui dit : Yetnahaw_Ga3 !» Un utilisateur sur Twitter a utilisé l’image du jeune homme proférant sa punchline en la faisant précéder de ce coup de gueule : «Les gens qui roulent à 70 km/h sur la voie de gauche de l’autoroute (#Yetnahaw_Ga3 !).»

Le site El Manchar, référence absolue de la presse satirique, s’est régalé pour sa part des derniers développements de l’actualité avec une série de petits papiers, tous plus piquants et affriolants les uns que les autres : «Bouteflika annonce l’abrogation de l’article 102» ; «Bouteflika met fin aux fonctions du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah» ; «Bouteflika salue l’application de l’article 102 contre Saïd». En parlant du frère perfide, Abdellah Benadouda a imaginé cette réaction de l’intéressé : «Message de Saïd Bouteflika : ‘Mon compte a été signalé. Un max de j’aime et de poke svp. Merci’ .»

Le caricaturiste Amine Labter a posté de son côté un dessin sur sa page officielle, où il met en scène un homme brandissant une pancarte qui joue subtilement sur les mots Gaïd (chef) et Aziz (digne), et qui sont en même temps les noms des deux principaux protagonistes de la grosse comédie shakespearienne du moment. Sur la pancarte, on lit donc cette phrase qui illustre le divorce entre le Président déchu et son vice-ministre de la Défense : «Abdelaziz mabka Gaïd wel Gaïd mabka Aziz.»

Zoubida Berrahou, de l’université de Mascara, décortique, quant à elle, l’article 102 avec beaucoup de finesse. Qu’on en juge : «1 Etat, 0 Président, 2 Salah.» Dans un autre post, elle écrit : «La Constitution porte plainte contre le système pour viols répétitifs et harcèlement textuel.» Très fort !

Au chapitre des retournements de veste, l’activiste Samir Nedjraoui a posté ce message en arabe à l’adresse du président du MPA (c’est nous qui traduisons) : «Eh, Amara Benyounès, il ne reste plus que toi et on boucle la liste. Allez, un peu de courage !»

A voir la vitesse avec laquelle les hommes du sérail changent de position, on pense à cette tirade gouailleuse recueillie dans la bouche d’un jeune lors d’une manif : «Aâtini watchek endir bih accident» («Prête-moi ta gueule que je la fracasse contre le pare-brise», selon une traduction pas du tout littérale).

Info de dernière minute qui nous parvient de nos confrères d’El Manchar (que ferions-nous sans eux) : «Urgent : le mauvais temps retourne sa veste et rejoint le Hirak.» Oui, on dirait que même le ciel cède à la mode ambiante de la versatilité des courtisans. Ne manque que de voir Boutef himself au premier rang des manifs, brandissant cette pancarte : «Jamais 102 sans 3, #Yetnahaw ga3 !»


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