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Ali Hamani. Président de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB) : «La loi de finances est déphasée par rapport à la situation économique»

17 janvier 2021 à 10 h 58 min

– Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la filière boissons ?

En matière de consommation, nous avons constaté une hausse de la demande sur l’eau embouteillée. Elle est estimée à 30% par rapport à la normale.

Celle des boissons gazeuses a régressé de 3%, tandis que la demande sur les jus a stagné. Il est indéniable qu’au début de la crise sanitaire et des mesures de confinement, la production et la distribution ont été lourdement perturbées. Nous avons essayé par la suite de reprendre.

Les plus lésées durant cette crise sont les industries qui font dans les petits formats, dont les produits sont distribués et écoulés dans les restaurants, les cafés et cafétérias.

C’est cette activité qui fait le plus de bénéfices. Désormais, il ne reste plus rien ou presque, surtout pour les industriels qui font dans les bouteilles que l’on retourne, telles qu’Orangina. Les retombées impactent directement les différents postes d’emploi. Ceux qui font dans les grands formats arrivent plus ou moins à gérer.

– Vous avez évoqué la loi de finances qui aurait impacté négativement la filière. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le contenu de cette loi de finances est juste inimaginable. La taxe sur l’eau embouteillée a été revue au double. Certainement, l’industriel en crise suite à la pandémie ne va pas pouvoir assumer ces nouvelles charges.

Qui va le faire ? Le consommateur, qui va devoir payer plus que d’habitude la bouteille d’eau. Est-ce le moment de prévoir de telles hausses ?

Est-ce que le pouvoir d’achat des Algériens permet de telles taxes ? Certainement non, notamment que nous sommes en pleine pandémie et que la consommation d’eau a augmenté. J’ai eu de longues séances de travail où le débat était virulent pour ne pas adopter ces hausses en cette période de crise sanitaire. En vain. Il en est de même pour la TVA que nous ne cessons de demander une révision à la baisse.

L’échec est total. Les concepteurs de cette loi de finances n’ont pas pris en considération la situation économique, l’impact de la pandémie et encore moins le pouvoir d’achat des citoyens.

– Qu’en est-il de l’impact de la fermeture des débits de boissons ?

C’est l’arrêt total. Il faut savoir que les débits de boissons sont généralement consacrés aux boissons alcoolisées. Les points de vente sont fermés depuis le début de la crise sanitaire. Même s’il y a eu un allégement des dispositifs de confinement, notamment dans le secteur commercial, cette activité n’a pas été concernée.

Pis encore, aujourd’hui, même les grossistes sont contraints de baisser rideaux jusqu’à nouvel ordre. Là, il ne s’agit plus de confinement, ni de Covid-19, mais d’une volonté de briser cette branche de production de boissons. Beaucoup de non-dits entourent ces décisions. De facto, les prix de ces produits ont doublé. 


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