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Enseignement universitaire à distance

La galère des étudiants

05 décembre 2021 à 12 h 00 min

La moitié du nombre total des apprenants dans le monde, soit 826 millions d’élèves et étudiants, «n’ont pas accès à un ordinateur à domicile», souligne l’Unesco alors que l’enseignement à distance est privilégié par une majorité de pays face à la pandémie de Covid-19.

«Et 43% (706 millions) n’ont pas internet à la maison», ajoute l’Unesco dans un communiqué, dénonçant une «fracture numérique préoccupante dans l’enseignement à distance». L’Algérie ne fait pas exception, vu que tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne.

U n ordinateur, un smartphone, un accès à internet, un bon débit, des supports dématérialisés diversifiés, une tablette graphique, une imprimante, de l’espace, du calme, de la volonté, de la ténacité et un moral d’acier.

Ces conditions sont-elles toutes réunies pour permettre à l’étudiant algérien de suivre ses cours en ligne du fait des contraintes sanitaires induites par les rebonds récurrents de la Covid-19 ?

Si elle se dit ravie de cette alternative, car permettant de soulager ses parents de certaines dépenses, transport et restauration surtout, en lui offrant davantage d’autonomie, Ibtissem, 24 ans, en faculté de droit et des sciences politiques (université Chadli Bendjedid-El Tarf) soulignera toutefois le manque criant de moyens adéquats. «J’habite dans la localité déshéritée de Zrizer (wilaya d’El tarf).

Nous sommes six frères et sœurs. Avec une pension de retraite d’à peine 18 000 DA, mon père, ex-salarié d’une usine de transformation de tomate, n’arrive plus à joindre les deux bouts.

Pour suivre mes cours à distance, j’utilise un vieux PC qui m’a été offert par une cousine établie en France. La clé et la puce 3G m’ont été achetées par un de mes professeurs.

Avec un très faible débit, j’arrive difficilement à me connecter sur la plateforme Zoom, google Meet ou e-learning. Il m’arrive souvent de sortir à des heures tardives pour télécharger et imprimer des cours dans des cybercafés», indique, avec amertume, l’étudiante.

Quelque peu distraite, sa jeune sœur Nesrine, 21 ans, en formation d’infirmière à l’Ecole paramédicale de Oued Forcha (Annaba), regrette, quant à elle, le contact humain : «les cours à distance me privent du peu de liberté que j’avais, de rencontres, de sorties et de balades entre copines.

A Zrizer, localité très conservatrice, j’étouffe, je me sens comme un oiseau dans une cage», se désole-t-elle.

La difficile articulation du présentiel et du distanciel, certains étudiants du Département Sciences naturelles et vie (SNV) de l’Université Badji Mokhtar-Annaba, la vivent mal, très mal aussi : «Ce concept hybride est très contraignant. L’année dernière, les cours étaient assurés physiquement pendant à peine 3 semaines par semestre. Cette année, 15 jours de présentiel et 15 jours à distance.

Nous avons basculé dans une situation à laquelle nous n’avions pas été préparés. Personnellement, bien que je dispose d’un PC, je préfère lire mes cours sur papier. J’assimile mieux», indique Mohamed, 25 ans, en master biologie.

«Et vu que je n’ai jamais pu suivre les cours groupés via Zoom, plateforme de messagerie instantanée et de vidéo-conférence, la plus populaire, dont l’accès gratuit pendant seulement 40 minutes est limité à une centaine de participants (certaines universités n’ont apparemment pas jugé opportun d’en acheter la licence), je me retrouve souvent obligé d’aller au cybercafé de Sidi Amar (200 lits et Terminus) pour ‘‘acheter’’ les cours et travaux dirigés, mis en ligne par nos enseignants, à 5 DA la feuille.

A défaut, j’attends que ces cours et TD, préalablement transférés au délégué de la promotion, soient partagés sur la page Facebook du groupe avant de pouvoir les imprimer pour pas moins de 1000 DA, en moyenne», poursuit le jeune étudiant, issu d’une famille de classe moyenne (mère au foyer et père ex-cadre des services de l’urbanisme et construction (Annaba, chef-lieu).

Retrouvez l’intégralité de nos articles sur la version papier


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