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61 ans après «Gerboise bleue», premier essai nucléaire français en Algérie : La France comptable de ses méfaits

13 février 2021 à 10 h 52 min

L’entrée en vigueur le 22 janvier du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté en 2017 à l’ONU, ouvre une opportunité à l’Algérie pour mettre la France face à ses responsabilités dans la contamination de l’environnement au Sahara et les dégâts sur la santé des populations causés par les rejets radioactifs et l’amener à les assumer. Pour ce faire, l’Algérie qui a signé le traité en 2017 doit le ratifier.

Le principe du ‘‘pollueur-payeur’’ a été d’ailleurs introduit et reconnu officiellement», a précisé le général Bouzid Boufrioua, le chef de service du génie de combat du Commandement des forces terrestres de l’ANP, dans une interview au magazine El Djeich. Soulignant qu’un nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) «vient s’ajouter aux traités antérieurs», il a affirmé que «la France doit assumer ses responsabilités historiques».

C’est la première fois que la communauté internationale demande aux puissances nucléaires de rectifier les erreurs du passé. «En attendant une solution définitive et satisfaisante à ce problème, je souhaite souligner, dans ce contexte, qu’en application des orientations du Haut commandement de l’ANP et dans le cadre de ses missions constitutionnelles et en coordination avec les autorités civiles et les organes scientifiques chargés de ce dossier, les unités et les structures militaires œuvrent à exécuter les missions qui leur sont assignées dans ce volet afin de protéger et d’assainir ces sites qui furent le théâtre des essais nucléaires français dans le désert de notre pays.»

«Nous avons réussi à éradiquer le phénomène lié à l’enlèvement aléatoire des déchets radioactifs et empêché les citoyens de s’approcher des zones polluées, en plus du suivi continu de la situation radioactive», a-t-il encore ajouté.

A l’appui de leur étude «Sous le sable, la radioactivité ! Les déchets des essais nucléaires français en Algérie : analyse au regard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires», publiée par la Fondation Heinrich Böl, présentée en août 2020 en conférence de presse à Paris, Jean-Marie Collin, expert et co-porte-parole d’ICAN France* (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons France) et Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des Armements et co-porte-parole d’ICAN France ont fourni de nombreuses raisons techniques, juridiques et politiques qui expliquent pourquoi le dossier des essais nucléaires «ne peut être clos». Et que «le‘‘passé nucléaire’’ ne doit plus rester profondément enfoui dans les sables».

«Tout oppose la France et l’Algérie»

«Tout oppose la France et l’Algérie. L’un est dit ‘‘doté’’ et l’autre ‘‘non doté’’ au sens du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et leur vue sur le TIAN sont à l’opposé», précisent les deux experts. «La France n’a cessé de le dénoncer, l’Algérie a participé aux négociations du TIAN, signé le traité et débuté son processus de ratification. Une fois que le traité sera ratifié par l’Etat algérien et entré en vigueur, Alger devra mettre en œuvre ses obligations positives (articles 6 et 7)». «Même si la France refuse de se lier au TIAN, elle pourrait très bien participer à ce processus.»

Les articles 6 («Assistance aux victimes et remise en état de l’environnement») et 7 («Coopération et assistance internationales») du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) comportent des obligations pour s’assurer que les zones contaminées soient pleinement connues, pour protéger les populations, les générations futures, l’environnement et la faune de cette pollution.

L’étude, indépendante, Sous le sable, la radioactivité !… est une première réponse et dresse un inventaire de l’ensemble des déchets, notamment radioactifs, présents sur ces sites, précisent ses auteurs.

Des déchets qui devraient faire l’objet d’un travail approfondi de repérage et de récupération sur le terrain par des équipes spécialisées et avec des observateurs indépendants. Un travail qui apparaît désormais possible avec l’adoption, le 7 juillet 2017, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et sa ratification le 22 janvier 2021.

Cette étude propose ainsi «un ensemble de recommandations (mesures de dialogue entre les deux Etats pour améliorer la situation humanitaire ; mesures concernant les déchets nucléaires ; mesures de protections sanitaires ; mesures auprès des populations, réhabilitation et protection de l’environnement) pour parvenir à faire évoluer cette sombre page atomique de l’histoire entre la France et l’Algérie».

*ICAN France est le relais de la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN). Cette campagne, lancée en 2007, regroupe plus de 570 organisations non gouvernementales partenaires dans 103 pays. Elle vise à mobiliser citoyens et gouvernements pour l’entrée en vigueur (c’est fait) et la mise application du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).


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