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Projet de la grande mosquée d’Alger

La folie des grandeurs du Président déchu

08 avril 2019 à 9 h 00 min

En 2008, le projet avait été estimé à 900 millions de dollars pour une durée de réalisation de quatre ans. Depuis, les dépenses ont été multipliées par deux et demi, atteignant les 2,2
milliards de dollars, et là encore, le coût final n’est pas connu.

Le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, n’aura pas l’insigne honneur d’inaugurer la Grande Mosquée d’Alger, un projet controversé, symbole de sa folie des grandeurs. Pour quelqu’un qui tenait tant à ce projet, il s’agit d’un sacré retour de manivelle. La première pierre avait été posée fin 2011 en plein boom pétrolier par l’ex-Président lui-même. Près de huit ans plus tard, les travaux de ce projet, inutile pour beaucoup d’Algériens, ne sont toujours pas terminés, alors que Bouteflika a démissionné sous la pression de la rue. Gigantesque, la Grande Mosquée d’Alger souhaitée par l’ex-chef de l’Etat, l’est résolument.

Les chiffres donnent le tournis. Une fois terminée, la salle de prière de 20 000 m2 pourra accueillir jusqu’à 120 000 fidèles, ce qui en fera, selon ses concepteurs, le troisième lieu de culte musulman le plus important au monde, derrière les immenses mosquées de La Mecque et de Médine en Arabie Saoudite. Le site comprendra également une bibliothèque d’un million d’ouvrages, une salle de conférences, une maison du Coran, un musée d’art et d’histoire islamique et un centre de recherche sur l’histoire de l’Algérie.

La mosquée sera surplombée du plus haut minaret du monde : 265 m. Soit 55 m de plus que celui de la mosquée Hassan II de Casablanca, la grande rivale marocaine.

Outre son gigantisme, le projet est devenu au fil du temps un gouffre financier pour le budget de l’Etat et continue de nourrir la rancœur d’une partie de la population. En 2008, le projet avait été estimé à 900 millions de dollars pour une durée de réalisation de quatre ans. Depuis, les dépenses ont été multipliées par deux et demi, atteignant les 2,2 milliards de dollars, et là encore, le coût final n’est pas connu. Le montant a donc du mal à passer chez de nombreux Algériens qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois, d’autant qu’avec la chute des prix du pétrole, sur lesquels repose toute l’économie nationale, l’austérité générale est de mise.

Dans un pays où les problèmes de logement ou de santé publique sont criants, beaucoup auraient aimé voir cette somme d’argent astronomique investie dans des secteurs sociaux, jugés prioritaires. Outre les retards de livraison et la flambée des prix, le projet, baptisé Djamaâ El Djazaïr, a fait l’objet de polémiques au sujet du terrain choisi, qui serait en zone géologiquement fragile.

Certains experts s’interrogent sur la solidité des fondations, notamment en cas de séisme, la capitale étant située sur une faille active. La gestion du site, pilotée au départ par un bureau d’études allemand, a ensuite été confiée à un conglomérat algéro-chinois. Alors que la livraison de l’édifice est prévue pour cette année, nombre d’Algériens réclament qu’il soit reconverti en un grand hôpital, d’autant plus que le pays compte déjà plus de 30 000 mosquées de proximité dans les quartiers et les villages.

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