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La direction peine à payer les salaires : Les ouvriers paralysent l’usine German

24 septembre 2020 à 11 h 28 min

C’est l’impasse à German (Société des matériels de gerbage et de manutention). Plus de 400 travailleurs de cette entreprise étatique, implantée à la zone industrielle de Aïn Smara (Constantine), sont en grève depuis lundi et font le piquet devant l’usine, décidés à aller jusqu’au bout de leurs revendications cette fois. Ces pères de familles n’ont pas perçu leurs salaires du mois d’août, énième privation depuis janvier de cette année, marquée par des retards récurrents et des paiements amputés.

Se disant éreintés par le sacrifice de leurs salaires déjà maigres, les ouvriers refusent désormais d’être considérés en dernier. «Si la société peine à reprendre des forces, ce n’est pas de la faute des travailleurs, mais de la direction qui n’est pas à la hauteur», déclare un cadre moyen qui a préféré garder l’anonymat. Les grévistes exigent le paiement de leurs salaires, mais aussi le départ du président-directeur général, Noureddine Bennia.

Hier, au troisième jour de grève, une délégation représentant les travailleurs est allée rencontrer le médiateur de la République pour faire parvenir leur cri de détresse au gouvernement. Les travailleurs de German veulent cette fois attirer l’attention, notamment celle du ministre de l’Industrie, sur le naufrage de leur entreprise jadis prospère. Un naufrage dont ils imputent la responsabilité à la direction actuelle.
Les travailleurs de German ne comprennent pas la situation de leur entreprise et soupçonnent un plan diabolique visant le bradage avant privatisation.

Comment expliquer sinon que cette entreprise, créée en 1997 et ayant généré un chiffre d’affaires multiplié par cinq entre 2009 et 2014, passant de 625 millions à près de 3 milliards de dinars, en soit arrivée là ? Comment expliquer l’échec du plan de relance décidé en 2016 par le gouvernement et crédité de 12 millions d’euros visant à développer le savoir-faire en matière de sous-traitance et la diversification des produits de German ? Et dans l’objectif de concrétiser cet investissement, une autre enveloppe financière de 256 millions de dinars a même été dégagée pour l’extension de l’usine.

En fin de compte, non seulement German n’est pas devenue «leader» dans le domaine de la sous-traitance dans le délai imparti de deux ans, mais en plus elle a commencé à souffrir de graves problèmes de trésorerie. Ce à quoi s’ajoute une douloureuse compression de travailleurs qui a touché environ 300 postes en 2018, exclusivement parmi les contrats à durée déterminée.

La rude concurrence imposée par les importateurs de chariots élévateurs exige de l’Etat à revoir sérieusement sa copie pour maintenir à flot cette entreprise qui a un gros potentiel et une expérience indéniable qui lui ont permis de compter dans son portefeuille clients de grandes entreprises publiques, comme Naftal, Air Algérie, la SNTF, la SNVI, l’ENMTP, l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), l’Algérienne des textiles (Texalg), Sonatrach et l’ANP.

Le chariot élévateur bulgare Balkancar, produit sous licence depuis l’ouverture de l’usine, n’est manifestement plus en mesure de supporter la concurrence, de l’avis de cadres de l’entreprise. Aussi, le management, aujourd’hui clairement contesté, doit être sérieusement examiné par Ferhat Aït Ali.

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