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Maintien de la prière à la mosquée pour les hommes

La décision «insensée» de la Commission nationale de la fatwa

17 mars 2020 à 10 h 09 min

La Commission ministérielle de la fatwa a pris la décision de maintenir la prière, notamment celle du vendredi, dans les mosquées, malgré la lourde menace de contagion de coronavirus qui pèse sur le pays.

Si la fermeture des écoles, des centres de formation, des crèches et des universités a été prise par le président de la République sur la base de recommandations de scientifiques, la question de la fermeture ou non des mosquées est étrangement laissée aux soins d’une commission d’imams.

Et voilà que cette autorité religieuse décide de faire les choses différemment, au moment où d’autres pays musulmans, moins touchés, procèdent à la fermeture des mosquées, à l’instar de tous les lieux de rassemblement non vitaux pour la vie quotidienne.

Ainsi donc, cette commission annonce l’interdiction de la présence des enfants, des femmes et des personnes âgées et malades dans les mosquées. Mais les hommes peuvent donc continuer à se regrouper dans ces lieux pour les différentes prières, comme si de rien n’était.

Une décision pour le moins insensée, car personne n’est à l’abri de ce virus mortel, qui fait des ravages dans des pays équipés et au système médical très performant, comme l’Allemagne et la France.

Aussi, la commission décide d’«interdire à toute personne qui doute de sa contamination par cette maladie ou présentant des symptômes similaires, comme la grippe ou le rhume, de venir à la mosquée ou de fréquenter les gens».

Mais elle ne dit pas comment elle compte mettre en application une telle décision. Va-t-elle envoyer des contrôles médicaux chez chaque fidèle pour savoir s’ils sont en bonne santé ou non ?

Le bon sens voudrait qu’on suspende les prières dans les mosquées pour tout le monde et jusqu’à nouvel ordre, afin d’éviter une éventuelle propagation de ce virus. Car, le sujet porteur du virus, une fois à la mosquée, peut facilement contaminer d’autres personnes, même s’il est renvoyé.

Il y a également un autre élément scientifique qui n’a pas été pris en considération, à savoir le porteur sain, asymptomatique. La plupart des cas confirmés jusqu’à présent en Algérie n’ont présenté aucun symptôme de maladie.

La santé publique ne doit pas être une affaire des religieux mais des spécialistes qui recommandent tous la fermeture des lieux de rassemblement non vitaux. Il suffit d’observer ce qui se fait autour de nous et dans le monde musulman pour savoir que les mesures concernant les mosquées sont en deçà des exigences de prévention contre cette maladie.

En effet, la grande mosquée El Aqsa a fermé ses portes par précaution contre le nouveau coronavirus. Au Liban, les autorités religieuses chiites et sunnites ont annoncé la suspension de la grande prière hebdomadaire du vendredi et de tout autre rassemblement dans les mosquées, jusqu’à nouvel ordre.

La Turquie, qui n’a jusque-là déploré que 18 cas infectés, a annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre des prières collectives dans toutes ses mosquées, y compris la grande prière du vendredi, afin de limiter le risque de propagation de ce virus. La même décision a été prise au Koweït, Bahreïn, au Qatar, aux Emirats et au Maroc.

Aussi, l’Arabie Saoudite a suspendu le petit pèlerinage (la omra). Qu’attend donc le gouvernement algérien pour prendre les mêmes mesures drastiques, surtout que la Malaisie vient d’annoncer avoir enregistré plus de 400 cas de contamination liés à un rassemblement religieux ?


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