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Ils se sont manifestés le jour du procès de Djabelkheir : La «Badissia novembaria», entre la «Phénicie» et l’«Etat militaire»

05 avril 2021 à 11 h 01 min

Plusieurs personnes, pas plus d’une dizaine, se sont déplacées au tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, pour «dénoncer» l’islamologue Saïd Djebelkheir, qui venait d’assister à son procès, poursuivi par un enseignant universitaire de Sidi Bel Abbès pour, entre autres, «atteinte aux préceptes de la religion». Les slogans scandés par ces individus renvoient encore une fois à ce qui est communément appelé la «badissia novembaria».

L’une de ces personnes s’étant même illustrée au mois de mai de l’année dernière pour avoir vandalisé une fresque murale à Alger-Centre, sous prétexte qu’elle contenait des symboles maçonniques. «Etat phénicien», criaient-ils à la face de l’islamologue et des quelques personnes qui s’étaient déplacées pour le soutenir, reprenant ainsi une thèse vulgarisée par un certain cercle, composé, entre autres, de Lakhdar Benkoula, Naima Salhi… qui nie l’origine amazighe des populations algériennes.

Ces «badissistes novembristes», comme ils se définissent, ont même cité, et à maintes reprises, le nom de l’ancien chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, décédé en décembre 2019, tout comme ils ont crié : «Dawla askaria machi madania» (Etat militaire, non civil). Quel serait donc le lien entre l’ancien vice-ministre de la Défense et le procès de l’islamologue ? Voyaient-ils en lui le «rempart» qui préserverait l’Algérie d’une «laïcisation» qui lui ferait perdre son âme ?

C’est, en tout cas, ce que semble vouloir dire leurs commentaires et déclarations. Il faut rappeler que les tenants de ce discours se sont notamment manifestés avec le début des opérations anti-emblème amazigh, en juin 2019, lorsque Gaïd Salah avait pointé du doigt, pour la première fois, ses porteurs en disant qu’aucun drapeau autre que le drapeau national ne sera toléré. Plusieurs arrestations ont eu lieu par la suite. Les partisans de ces thèses se sont félicités de cette décision, bien entendu.

Les «badissistes novembristes» de moins en moins visibles

A vrai dire, au-delà des arguments avancés, sans aucune consistance historique, philosophique ou autre, d’ailleurs, leur discours est surtout marqué par un racisme envers une région bien précise, à savoir la Kabylie. Le vocable de «zouave», ou même «franco-zouave», est utilisé pour qualifier les Kabyles qui, d’après eux, seraient la cause des différents maux auxquels fait face le pays.

Une «université d’été» a même été organisée durant ce même été 2019, à Mostaganem, par Lakhdar Benkoula, où il a été question d’opération «zéro Kabyle». Une rencontre qui, apparemment, a eu la «bénédiction» des autorités de l’époque, puisque des véhicules de la gendarmerie étaient bien visibles sur les lieux, d’après des photos divulguées.

Une attitude qualifiée de dangereuse par plusieurs militants et même des universitaires. Si les choses se sont tassées depuis, puisque les porteurs du drapeau amazigh ne sont plus interpellés – du moins c’est le cas depuis le retour du hirak – ces «badissistes novembristes», quoique de moins en moins visibles, tentent toujours de faire parler d’eux. Le procès de Djabelkheir a donc été une occasion pour eux pour faire entendre une nouvelle fois leurs slogans. Loin d’être une idéologie ou un courant de pensée, ses tenants développent essentiellement un discours «anti-Kabyle».

Et finalement s’ils soutiennent farouchement et sans conditions l’ancien chef d’état-major, c’est parce que ce dernier s’en est pris à l’étendard amazigh qu’il a voulu bannir du hirak. D’ailleurs, après avoir soutenu l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, beaucoup d’entre eux se sont retournés par la suite contre le président élu, Abdelmadjid Tebboune, parce que son discours ne cadrait pas avec leurs éléments de langage.

Leur désillusion était encore plus grande lorsque l’officialisation de tamazight est devenue une «disposition immuable» dans la nouvelle Constitution. Ils n’ont pas appelé au boycott des élections, parce que le hirak était sur cette position, mais à voter contre. Le résultat est sans appel : le taux de participation à ce rendez-vous électoral était de 23,7%. Le «non» n’a finalement récolté que 1 668 148 voix sur près de cinq millions exprimées. Ceci alors que les partis islamistes, MSP et FJD principalement, avaient également appelé à voter «non» sur ce texte. 


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