Kherrata, ville hirak | El Watan
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vendredi, 07 mai, 2021
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Deuxième anniversaire du 16 février 2019

Kherrata, ville hirak

17 février 2021 à 11 h 23 min

Des milliers de personnes, en provenance de différentes régions du pays, ont pris part hier à une grande marche à Kherrata pour célébrer le 2e anniversaire de la manifestation qui avait précédé la grande mobilisation historique du 22 février. Ils sont venus par milliers pour célébrer une date qui installe Kherrata au premier rang d’un mouvement populaire au goût d’inachevé.

Kherrata n’a rien perdu de sa fidélité au mouvement populaire. Cette ville historique, à l’extrême est de Béjaïa, s’est remise hier dans la grande ambiance des manifestations populaires pour célébrer, dans la mobilisation intacte, le deuxième anniversaire de la marche du 16 février 2019, qui avait donné le la au hirak.

Rien à voir avec les marches hebdomadaires du samedi. Des milliers de personnes, de tout âge, sont venues même de l’extérieur de la wilaya de Béjaïa, comme elles l’ont fait il y a une année. Même si elles ne sont pas nombreuses, les femmes étaient aussi présentes à la manifestation. Les citoyens sont là pour honorer l’engagement pour lequel ils sont sortis ensemble il y a deux ans, mais aussi pour rendre hommage à «Kherrata l’historique».

La place de la Liberté, 16 février 2019, au cœur de la ville, a commencé à recevoir les contingents de manifestants dès les premières heures de la matinée pour être littéralement et vite inondée de monde.

La veille déjà, ils étaient nombreux à s’y rassembler, donnant un avant-goût de ce que sera le rendez-vous du lendemain. Drapeaux, banderoles, slogans…, on a ressorti tout «l’arsenal» du hirak et on n’a pas eu besoin de tout dépoussiérer, puisque bien des banderoles et pancartes ont continué à servir dans la rue ces derniers mois, malgré la crise sanitaire et la répression.

Après la suspension du mouvement quelque trois mois durant, depuis la mi-mars dernier, les manifestations de rue ont repris sporadiquement dans plusieurs endroits de la wilaya de Béjaïa, dont à Kherrata où des marches ont lieu fidèlement chaque samedi.

Hier aussi, où le port du masque de protection était pratiquement inexistant, on a fait très peu cas des risques de la Covid-19, que l’engagement pour cet anniversaire populaire a fait complètement oublier.

«Nous ne sommes pas là pour festoyer, mais pour vous dégager !», ont crié des manifestants regroupés sur la place où des habitants de la ville offraient café, eau, gâteaux… Si ce deuxième anniversaire a apporté avec lui les mêmes revendications et les mêmes ardeurs, il est s’est «enrichi» de nouvelles exaspérations. «Moukhabarat Abla, ihagrou f zwawla !», des milliers de voix ont répété ce slogan qui dénonce la répression et les exactions sur des militants du mouvement, rappelant le cas de l’étudiant Walid Nekkiche dont on a crié le nom.

Ce second anniversaire est aussi célébré avec les portraits de nouveaux prisonniers, dont celui de Dalila Touat, et qui sont nombreux à allonger la liste des détenus d’opinion déjà longue durant la première année du hirak. La manifestation d’hier était aussi l’occasion de rendre hommage aux avocats pour leur rôle ininterrompu dans la défense de ces détenus. «Les avocats, bravo alikoum !» a-t-on aussi scandé.

Quelques personnalités politiques et figures connues du hirak ont réitéré leur fidélité au mouvement en se déplaçant hier à Kherrata, à l’exemple de Karim Tabbou et Fodil Boumala. Mohcine Belabbas, président du RCD, était entouré de plusieurs militants de son parti et accueilli chaleureusement par la foule.

La marche s’est ébranlée pour sillonner les rues de la ville aux cris de «El houria !», «L’istiklal !», «Y en a marre de ce pouvoir»… soit les mêmes slogans tenaces criés de longs mois durant.

On a réentendu les «Ya Ali !» et «Dawla madania machi askaria !» et retrouvé la banderole qui avait vu Kherrata mettre le premier wagon du train du «hirak» et qui suggère que le mouvement est à la «case départ» parce que revendiquant toujours un Etat de droit : «Algérie algérienne, Kherrata s’engage, système dégage.»


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