Justice : La cour d’Alger confirme la peine de six mois de prison contre Ali Haddad | El Watan
toggle menu
mardi, 11 août, 2020
  • thumbnail of elwatan11082020




Justice : La cour d’Alger confirme la peine de six mois de prison contre Ali Haddad

05 août 2019 à 10 h 32 min

Poursuivi pour «détention illégale de deux passeports», Ali Haddad, patron du groupe ETRHB, a comparu hier en appel devant la cour d’Alger, avec son coprévenu Boualem Hassan, directeur du Centre national de production des titres et documents sécurisés, pour entendre le verdict final de cette affaire.

La cour a débouté le représentant du ministère public qui avait requis, il y a une semaine, l’aggravation des sanctions infligées par le tribunal de Bir Mourad Raïs, le 3 juin dernier, en confirmant la peine de six mois de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA retenue contre Ali Haddad, et en annulant celle de deux mois de prison avec sursis contre son coprévenu Boualem Hassan, condamné à une amende de 20 000 DA.

C’était la première décision prononcée par le président de l’audience, avant qu’il ne quitte la salle et que les policiers ne ramènent Ali Haddad à la prison d’El Harrach. Lors du procès en appel qui s’est tenu le 28 juillet dernier, Ali Haddad avait rejeté le grief retenu contre lui, à savoir «détention illégale de deux passeports», en disant que le document lui a été délivré par l’administration. «J’étais à la veille d’un voyage officiel en Iran et j’avais peur qu’ils me mettent un cachet sur mon passeport avec visa Schengen. J’ai sollicité le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lequel a instruit le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui. Ce dernier a saisi son secrétaire général. J’ai eu mon passeport au bureau. Ce document je ne l’ai pas volé.»
Pour sa part le commissaire Hassan Boualem, poursuivi pour «octroi illégal» d’un deuxième document de voyage, s’est défendu en affirmant que le passeport a été délivré à Ali Haddad «sur instruction du secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Lui-même avait reconnu cela devant le juge.

La délivrance d’un deuxième passeport suscite la destruction systématique du premier par le système. Le contrôle des documents incombe à la police des frontières, par à mon service». Ses avocats ont d’ailleurs beaucoup insisté sur ce point précis, en soulignant que le prévenu «n’a agi que sur instruction de son responsable hiérarchique». Cependant, le représentant du ministère public n’était pas de cet avis. Pour lui, les deux prévenus «sont coupables. Nul n’est censé ignorer la loi. Ali Haddad devait savoir que détenir deux passeports était illégal, tout comme il est illégal d’en délivrer un deuxième sans dossier ni quittance de paiement des taxes». Pour ces raisons, le procureur général, qui s’est pourvu en appel contre le premier verdict, a requis des peines plus lourdes que celles retenues par le tribunal de Bir Mourad Raïs, à savoir 6 mois de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA contre Ali Haddad et 2 mois avec sursis avec une amende de
20 000 DA contre Hassan Boualem.

Cette affaire, faut-il le rappeler, ne représente qu’une partie infime du dossier lié aux marchés publics, dans lequel Ali Haddad est poursuivi et qui a entraîné l’inculpation de 12 hauts responsables de l’Etat, dont les deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, tous deux incarcérés par le magistrat instructeur près la Cour suprême. Parmi les inculpés figurent également les anciens ministres des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, Boudjemaa Talai, Amar Ghoul, mais aussi Abdelkader Bouazgui, ex-ministre de l’Agriculture, Abdessalem Bouchouareb, ex-ministre de l’Industrie, réfugié à l’étranger, et deux walis, d’Alger, Abdelkader Zoukh, et d’El Bayadh, Mohamed Djamel Khenafer. Ali Haddad est également poursuivi pour «financement occulte de la campagne électorale du 5e mandat du président déchu» au même titre que Mohamed Baïri, vice-président du FCE (Forum des chefs d’entreprise) et patron du groupe Ival, ainsi que l’homme d’affaires Ahmed Mazouz, propriétaire des boissons N’gaous et patron du montage de véhicules de marques chinoises Shacman, Chery et Higer, et le fils de Abdelmalek Sellal, son associé-gérant, mais aussi ses 23 sociétés. Jusqu’à présent, l’enquête n’est toujours pas terminée, au même titre que celle liée aux colossaux marchés obtenus, dans de nombreux domaines, notamment l’hydraulique, les travaux publics, le transport et l’agroalimentaire. C’est dire que le dossier Haddad vient à peine de commencer et l’affaire des deux passeports n’est en fait qu’un fait banal.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!