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lundi, 18 mars, 2019
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Juges et greffiers dans la rue à Annaba

12 mars 2019 à 10 h 50 min

Les magistrats et les greffiers de la cour de justice et des différents tribunaux de la wilaya de Annaba se sont joints, hier, aux avocats du barreau de la même ville pour répondre à l’appel de leur nouveau syndicat, le Club des juges.

Pour la première fois dans l’histoire de la justice annabie, les rabats rouge, vert et blanc des magistrats, avocats et greffiers se sont mêlés pour protester contre le système en place que dénonce le peuple. Ils étaient nombreux à se masser sur la voie publique et crier d’une seule voix, entre autres : «Nous voulons un Etat de droit», «C’est une République non une monarchie» et «Respectez la Constitution».

Munis de pancartes et de banderoles portant des slogans hostiles au pouvoir algérien, ils se sont bousculés sur le perron de la cour de justice pour observer un sit-in, avant de s’ébranler vers les rues de la ville sous les applaudissements des habitants. «C’est une journée mémorable que l’histoire algérienne retiendra inéluctablement.

Tous les corps de la justice algérienne, magistrats, avocats et greffiers, se sont unis pour le même objectif : revendiquer le respect de la Constitution et un Etat de droit. Actuellement, il n’est plus question du rejet du 5e mandat, nous sommes déjà dans l’après-Bouteflika.

A une opposition obsolète, le peuple a déjà montré la voie de la liberté et c’est à lui seul de dicter le chemin de son avenir», a déclaré avec émotion Abderahmane Boutamine, l’un des doyens des avocats d’Algérie.

Il faut dire que, hormis les avocats qui ont toujours des activistes, la sortie des juges dans la rue est une première. Ils ont bravé le droit de réserve pour dénoncer, eux aussi, tous les maux et les pressions dont ils souffrent.

Avant d’entamer cette louable action, ils ont averti leur syndicat pour qu’il le fasse en leur nom, en vain. «Si le SNM tarde encore à exprimer son soutien à la démarche pacifique du peuple algérien et adopter ses revendications, nous sortirons dans la rue pour le scander publiquement à sa place», ont-ils averti.

Mettant à profit cet effervescent contexte social, les robes noires ont dénoncé : «La dégradation de l’image du juge algérien vis-à-vis de l’opinion publique, la non-garantie de l’indépendance de la justice ainsi que les pressions de l’exécutif ministériel à travers l’inspecteur général sont en grande partie le résultat des faibles positions de notre syndicat et de ses membres. L’occasion du changement pour un véritable Etat de droit se présente et encore une fois, ce même syndicat, avec son éternel secrétaire général, confirme par son silence ce qu’on pense de lui.»

Sans se ranger à leur côté, le SNM a convoqué avant-hier son bureau ; le menu de la réunion était la dénonciation de cette sortie incommodante. Seuls deux magistrats ont répondu à cet appel et la réunion a été annulée.

Analogue est la situation de deux magistrats qui auraient été convoqués vendredi dernier par l’inspecteur général au siège du ministère de la Justice pour répondre de leurs actes, dont la publication d’un communiqué signé par le Club des juges, un nouveau syndicat qui se prévaut de l’adhésion de 1000 magistrats. Sous la pression de leurs confrères de la Cour suprême et des avocats, la «comparution» a été également annulée.

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