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Un détenu d’opinion cancéreux maintenu à la prison d’El Harrach : «Je sais que je vais mourir, mais je ne veux pas mourir en prison»

24 septembre 2019 à 10 h 01 min

Interpellé le vendredi 13 septembre, Ziane Bilel a été présenté avec 23 autres détenus devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed.

Souffrance à la maison d’arrêt d’El Harrach. Arrêté lors de la 30e marche, Ziane Bilel est placé en détention préventive par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Atteint d’un cancer, le jeune originaire de Larbaâ (Blida) devait subir sa séance de chimiothérapie hier, mais les juges ont décidé de le garder en détention.

«Ziane n’arrête pas de pleurer. Un détenu que j’ai rencontré hier à la prison d’El Harrach m’a assuré qu’il veut toujours quelqu’un à ses côtés. Il ne dort ni le jour ni la nuit. Il est très affecté», signale Me Yamina Alili, membre du collectif de défense des détenus. Interpellé le vendredi 13 septembre, Ziane a été présenté avec 23 autres détenus devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed. Le collectif avait espoir que le juge d’instruction, informé de son cas, le libère. Mais il n’en a rien été. «Il aurait pu le mettre sous contrôle judiciaire», s’offusque l’avocate.

Les 24 détenus arrêtés avaient été séparés dans deux chambres : 17 prévenus dans la chambre 1, parmi lesquels Ziane, et 7 autres dans la chambre 10. Le juge d’instruction n’a pas fait dans la dentelle : il a ordonné la détention préventive à l’encontre de tous les détenus, y compris le jeune cancéreux de Larbaâ.

Le collectif de défense a décidé de sortir de la salle d’audience et de rédiger une déclaration au vitriol sur le fonctionnement de la justice. «Moi qui d’habitude me retiens, j’étais sous le choc après la décision du juge de le mettre en détention préventive. Je m’attendais à ce qu’il bénéficie au moins de la comparution immédiate», s’indigne l’avocate.

«Retard de la procédure»

Dimanche, Me Alili s’est rendue à la maison d’arrêt d’El Harrach. Ziane Bilel, très affecté, s’est confié à elle : «Il m’a dit en pleurs :  »Considère-moi comme ton frère. Je sais que je vais mourir, mais je ne veux pas mourir en prison. Les jours qui me restent à vivre, je veux les passer dehors, hors des murs de la prison. » Le cas de ce prisonnier m’a bouleversée. Je n’ai pas voulu lui demandé des détails sur sa maladie. Mais j’ai remarqué une blessure profonde à son cou. Nous allons constituer avec notre collectif son dossier médical. Et avec nous agirons en conséquence», signale l’avocate.

Les chefs d’inculpation retenus contre les derniers détenus (30e acte du hirak) sont plus graves que pour les premiers mis en cause. «Ils sont considérés comme des criminels alors qu’ils n’étaient pas en possession de drapeaux, comme pour Ziane», fait remarquer Me Alili. Hier, des détenus auditionnés par les juges d’instruction ont été renvoyés en prison.

«Les auditions vont se poursuivre. Il y a eu les cas d’aujourd’hui. Il y aura, selon le juge que j’ai vu, d’autres comparutions», indique l’avocate. Le Collectif national pour la libération des détenus (CNLD) s’interroge sur le retard dans la programmation des affaires. «Pourquoi tout ce retard dans la procédure et pourquoi les juges d’Alger ne veulent pas libérer ces otages, vu que les tribunaux de Annaba, Mostaganem, Batna et Chlef ont déjà acquitté les détenus ?» s’insurge le CNLD.

Par ailleurs, l’avocate Alili signale le cas d’un détenu, Redha Bouarissa, qui n’a pas pu entrer en contact avec sa famille depuis son arrestation le 13 septembre dernier. «Redha est un détenu qui habitait dans un logement de fonction du CEM Kouchi Mohand Idir à Ouled Fayet (AADL). J’ai lancé des alertes sur les pages Facebook du quartier, mais sans résultat», signale-t-elle.

– L’aide aux familles des détenus s’organise

Des citoyens ont contacté le Collectif national pour la libération des détenus (CNLD) pour apporter de l’aide aux familles des détenus, surtout celles dans le besoin. «Des Algériens résidant à l’étranger nous ont contactés. Nombreux aussi ont publié sur leurs comptes Facebook des posts dans le même sens (…)Sur ce point, Me Badi Abdelghani a été l’un des premiers à avoir lancé l’alerte sur sa page Facebook en appelant les bonnes volontés à aider ces familles.

Le CNLD, dont une des missions est la « solidarité entre et avec les familles des détenus » , informe tous ceux qui veulent aider les familles qu’ils peuvent nous contacter sur la messagerie de la page Facebook ou bien en téléphonant afin qu’on les oriente», poste le CNLD sur sa page Facebook. Il est précisé que l’opération se fait en collaboration avec le Collectif des familles des détenus et le collectif de défense, surtout pour le recensement des familles.

«Pour toutes les personnes qui souhaitent aider et qui nous contacteront, nous allons leur remettre les numéros de téléphone des familles des détenus. Ils vont prendre contact directement avec elles. Que l’aide soit financière, qu’elle soit un soutien moral, nous vous remercions d’avance pour votre geste et votre solidarité», souligne le collectif. N. Id.


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