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Issue du mélange de l’argent sale et de la politique : Le RND et le FLN s’opposent à la dissolution de l’APN

05 septembre 2020 à 11 h 40 min

Scandalisés et outrés par les aveux de l’ancien député Baha Eddine Tliba et du fils de Djamel Ould Abbès faits, mercredi dernier, devant le juge sur la corruption politique liée à l’achat de sièges à l’APN à coups de milliards de centimes, des partis politiques ont réagi pour rappeler et réclamer l’urgence de dissoudre, aujourd’hui, cette Assemblée frappée de suspicion et d’illégitimité.

Aussi bien le FFS, le RCD, le PT que le MSP et El Adala qualifient l’APN de «chambre d’enregistrement», issue de surcroît d’une fraude généralisée et du mélange de l’argent sale avec le politique. Nombreux sont ceux qui pensent qu’il est moralement et politiquement inacceptable de confier le destin du pays, en l’occurrence l’examen et l’adoption de la nouvelle Loi fondamentale, à une majorité parlementaire dont les sièges ont été achetés. Seulement contre tout attente, les anciennes béquilles de l’Etat, à savoir le FLN et le RND, ont annoncé ouvertement leur opposition à la dissolution des Assemblées élues.

Le RCD, dirigé par Mohcine Belabbas, appelle à un processus constituant qui doit passer impérativement par la dissolution des Assemblées «croupion» mais aussi par le «départ de la façade civile du pouvoir imposée contre la volonté populaire». Les déclarations de Tliba à propos de l’achat des sièges de députés du FLN, qui sont le fruit de la corruption, n’ont pas choqué les élus du RCD. «Ceci n’est pas nouveau et nous l’avons dénoncé à maintes reprises. Ces pratiques ne peuvent avoir de solutions qu’à travers une justice indépendante et libre. Et ce n’est pas avec une justice soumise et aux ordres que nous pouvons espérer des enquêtes pour confirmer tout un système frauduleux sur lequel est construit tout l’édifice institutionnel du pays», tranche Atmane Mazouz.

Une Assemblée illégitime et la constitution !

Les députés islamistes estiment que la dissolution de l’APN s’impose, car cette institution fait partie de la crise et ne peut, donc, faire partie de la solution.

Le Parti des travailleurs (PT) a saisi l’occasion du procès de Tliba pour rappeler son combat mené durant des années contre le mélange de l’argent sale avec la politique, le conflit d’intérêts. Pour le PT, «les listes, le classement dans les listes électorales se monnayaient à coups de milliards sous le regard et la complicité de responsables à tous les niveaux.

Du chef du gouvernement aux chefs de daïra, en passant par des ministres et des walis, mais aussi des magistrats…». Mais qui peut nier que ce qui a été révélé lors de ce procès n’est que la partie émergée de l’iceberg ? Qui peut croire que la fraude électorale et l’usage de l’argent sale n’ont concerné que les législatives de 1997 ? s’interroge le PT, avant de répondre par la négation.

De l’avis du PT, le procès Tliba pose plusieurs questions sur les pratiques du système, mais aussi sur le fait que toutes les institutions de l’Etat sont gangrenées par la corruption. «Dans cette affaire, faut-il oublier le rôle joué par les magistrats et les walis, qui fabriquaient les résultats des différentes élections locales et nationales. En l’absence d’un changement véritable, de la démocratie, de la justice, de la liberté de presse… il n’y a aucune chance d’éviter que ce phénomène de décomposition politique, qui s’est installé depuis des décennies, se perpétue», tranche le PT, persuadé de l’impossibilité de toute réforme ou reconstruction démocratique dans le cadre du maintien du système.

En dépit de toutes ces révélations, le RND et le FLN se sont prononcés contre la dissolution des Assemblées élues. Le RND de Tayeb Zitouni a même critiqué ceux qui appellent à la dissolution des Assemblées : «Nous sommes contre la dissolution des Assemblées, car cette option s’apparente à une période de transition déguisée.»

Pour le RND, cette période de transition n’est pas envisageable au moment où l’Algérie a élu démocratiquement son président. «En plus, le Président n’a à aucun moment évoqué le dissolution des Assemblées», affirme Tayeb Zitouni, qui fait, toutefois, savoir que son parti adhère à l’organisation d’élections anticipées, au cours desquelles «le RND, qui gère plus de 400 APC et 12 APW et dispose de plus de 132 parlementaires, va créer la surprise !»


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