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mardi, 07 décembre, 2021
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Structures sanitaires face aux risques d’une troisième vague : Insuffisances et épuisement des personnels à Constantine et Sétif

27 avril 2021 à 10 h 48 min

Au moment où le nombre des personnes infectées par la Covid est en hausse ces derniers jours, le corps médical dans la wilaya de Constantine se prépare déjà pour une nouvelle bataille. Mais nombreux sont les médecins qui s’interrogent sur la capacité des établissements hospitaliers et la disponibilité des moyens nécessaires.

Qu’ont tiré les autorités locales des conséquences de deux premières vagues, afin d’éviter un similaire scénario cauchemardesque vécu l’année écoulée ? «Pour être franche avec vous, la situation est actuellement maîtrisable. Mais en cas de hausse, nous n’avons rien prévu comme une nouvelle stratégie de prise en charge.

Ce sont toujours les mêmes moyens. D’ailleurs, la moitié de mon service est dédié à la prise en charge des cas Covid, et le reste est orienté pour les cas graves des autres malades», a déclaré Pr Nadia Boulakhal, médecin chef du service des maladies infectieuses au CHU Dr Ben Badis.

Et de poursuivre que les décideurs doivent tirer une leçon de la deuxième vague qui a surpris tout le corps médical. Notre interlocutrice a appelé les autorités à se focaliser sur le séquençage du virus et les enquêtes sur les contaminés. «Est-ce qu’il y a actuellement des enquêtes sur toutes les personnes contaminées ? Il y a certaines qui ne viennent pas à l’hôpital et se font soigner seules à la maison. Car il ne faut pas oublier que toutes les formes du virus sont contagieuses», a-t-elle avisé.

Dans d’autres établissements, des médecins affirment qu’ils n’ont pas réduit la marge de manœuvre. Le Pr Djamel Bensaad, responsable du service épidémiologie et médecine interne à l’hôpital de Didouche Mourad assure que l’établissement est doté de 70 jusqu’à 80 lits. Mais est-ce suffisant ?

En réponse à notre question, il explique que l’équation se joue sur la vitesse de la propagation des variants. «Par exemple, le variant britannique se propage plus rapidement que la souche originale du virus et il y aura sûrement plus de cas compliqués. Mais le non-respect des mesures barrières et la non-application de la réglementation peuvent générer la surcharge des structures. Il faut qu’il y ait une prévention en amont, penser à l’ampleur de l’épidémie et comment elle va encore frapper, pour pouvoir freiner la propagation», a souligné le Pr Djamel Bensaad.

Les professionnels tirent la sonnette d’alarme

Par ailleurs à Sétif, et après une courte accalmie, le nombre des cas atteints de la Covid-19, monte en flèche. L’insouciance d’une grande partie de la population en est la cause. La dégradation de la situation épidémiologique inquiète les professionnels de la santé qui pointent du doigt l’épuisement des personnels et le manque de vaccins. Contactés par El Watan, des soignants du centre hospitalo-universitaire (CHU) de Sétif tirent la sonnette d’alarme. «Les 32 lits dédiés à la Covid-19 sont occupés. Ne disposant d’aucun respirateur, le service est non seulement saturé, mais fait face à la fatigue des médecins et des paramédicaux.

Avec le manque d’effectif et l’exiguïté des structures, nous aurons du mal à contenir la troisième vague. Il est donc impératif de revoir les mesures anti-Covid-19, d’autant que les gens ne portent plus de bavettes et font en outre fi de la distanciation physique», souligne non sans dépit le Pr Abdelhak Moumeni, médecin chef du service de pneumologie du CHU.

Craignant le pire, le Pr Nabil Mosbah, médecin chef du service de réanimation, est du même avis : «Le calme du mois de mars est éclaboussé par cette nouvelle vague. Sans le renforcement du personnel médical et paramédical, nous ne pourrions la contenir.

Avec uniquement 10 lits alors que nos capacités ne dépassent pas les 14 places, il serait très difficile de répondre à une forte demande. Nous n’avons pas suffisamment de moyens humains et matériels pour affronter une situation exceptionnelle. L’apparition des nouveaux variants complique la situation. Il faut dire que ces mutants impactent fortement le tableau clinique».

Médecin chef du service de médecine interne, le Pr Rachid Malek met le doigt sur la vaccination, le talon d’Achille de la lutte anti-Covid. «Avec une très grande campagne de vaccination des personnels de la santé, des malades chroniques et des personnes âgées, on aurait pu augmenter notre immunité collective.

Une vaccination urgente et tous azimuts s’impose plus que jamais», précise le spécialiste ne cachant pas lui aussi ses craintes et inquiétudes.


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