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Prise en charge des cancéreux : Installation d’une commission nationale et des interrogations

28 décembre 2020 à 10 h 54 min

Le Pr Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie, dénonce l’exclusion du coordonnateur du Plan cancer.

Alors qu’un rapport final portant évaluation du Plan national de lutte contre le cancer comportant une feuille de route pour la nouvelle stratégie devait être présenté au président de la République en mai dernier, une commission nationale pour la prise en charge des cancéreux vient d’être installée par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et présidée par le Pr Lyes Rahal, directeur des services de santé et des structures au ministère de la Santé.

Composée de dix membres, dont des oncologues de cinq services d’oncologie, dont quatre à Alger, la directrice de la PCH, le directeur général de la prévention au ministre de la Santé, la sous-directrice à la direction de la pharmacie, cette commission a pour objectif, selon le Pr Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, d’après l’APS, de «créer un guide national consensuel pour soigner les cancéreux, et ce, avec la participation et la consultation de l’ensemble des intervenants, étant donné que la prise en charge de cette maladie s’appuie sur un grand nombre de médicaments et, par conséquent, il est indispensable d’unifier la vision sur les médicaments choisis pour le traitement».

Un travail qui a été pourtant élaboré par la commission pharmaco-oncologie dans le cadre du Plan cancer, dont les conclusions ont été élaborées sous forme d’un rapport en phase de finalisation, au même titre que les huit autres axes thématiques, en plus du rapport global d’évaluation du plan cancer qui «sera présenté au président de la République à la fin de la pandémie», a déclaré le Pr Messouad Zitouni, le coordonnateur du Plan cancer, qui ne semble pas être informé de cette commission.

D’aucuns s’interrogent justement sur le calendrier choisi pour la mise en place de cette commission alors qu’ un groupe de travail s’est déjà attelé depuis plusieurs mois sur cette approche relative au consensus thérapeutique et la pharmaco-oncologie avec des recommandations précises à la pratique et l’utilisation des nouvelles thérapeutiques issues de la biotechnologie.

Première ébauche

Pourquoi alors une nouvelle commission pour l’élaboration d’une nouvelle stratégie, si ce n’est une première ébauche pour la future mouture du prochain Plan cancer ?

Cette commission «sera chargée également de la mise en place et de la numérisation d’un réseau national pour la prise en charge de ces malades, la numérisation étant un outil important permettant d’obtenir des informations précises, d’activer et d’améliorer le processus idoine pour une meilleure prise en charge des cancéreux, outre une stratégie efficace pour assurer les nouveaux médicaments et traitements innovants approuvés par les spécialistes», a soutenu le ministre de la Santé, selon la même source. Une plateforme qui a été également mise en place il y a près d’une année mais ne semble pas avoir donné les résultats escomptés.

«Un immense travail est confié à cette commission, entre autres l’action préventive pour la lutte contre le cancer et les méthodes de traitement à adopter en adéquation avec l’évolution accélérée du diagnostic et des médicaments, dans le contexte d’adhésion à la dynamique mondiale pour la prise en charge du cancer et l’endiguement de sa propagation». La réaction du président de la Société algérienne d’oncologie, le Pr Kamel Bouzid et chef de service d’oncologie au CPMC, ne s’est pas faite attendre.

Il estime qu’«une commission composée uniquement d’oncologues et d’administrateurs sans les radiothérapeutes, les pathologistes, les radiologues et les onco-chirurgiens n’a pas de sens». Et de rappeler qu’«un premier Plan cancer a été mis en place et une évaluation devait être présentée en mai dernier, mais à cause de la Covid-19, elle a été reportée».

Il dénonce l’exclusion du Pr Zitouni, le coordinateur du premier Plan cancer, qui n’a pas été informé ni convié à la mise en place de cette commission «Ce n’est pas une façon de remercier le Pr Messaoud Zitouni, qui a sillonné le pays et qui connaît parfaitement la réalité du terrain».

L’urgence aujourd’hui, a-t-il ajouté, est de «mettre en place le deuxième Plan cancer et de remercier décemment le coordonnateur du Plan cancer». Quant à l’action préventive dont sera chargée cette commission, le rôle de la société civile est plus que primordial.

D’ailleurs, les associations de malades déplorent «l’exclusion des représentants des malades au sein de cette commission alors que des problèmes de prise en charge persistent, notamment la radiothérapie, dont les rdv s’étalent jusqu’au mois de juillet et août 2021, la rupture de stock de médicaments de chimiothérapie et les molécules innovantes». Hamida Kettab, secrétaire générale de l’Association des malades atteints du cancer, souligne : «Nous souhaitons la levée du blocus sur ces médicaments enregistrés depuis 2018.»

Et de rappeler le travail colossal effectué par les associations de malades dans le dépistage précoce des cancers les plus répandus en Algérie, à travers des campagnes de sensibilisation dans tout le territoire national. D’ailleurs, ce deuxième axe du Plan cancer a été pris en charge par un staff multidisciplinaire avec feuille de route pour le dépistage précoce du cancer du sein dans cinq zones pilotes et du cancer colorectal en ciblant d’autres zones.


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