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Incursion du FLN, RND, MPA et Taj dans la scène politique : Les partis de l’alliance cherchent une réhabilitation

12 juin 2019 à 10 h 06 min

Le secrétaire général du Front de libération national (FLN), Mohamed Djemaï, a fustigé, avant-hier, les tenants de la «transition», mis en garde les Algériens contre ceux qui, selon ses propos, tentent d’infiltrer le hirak, «produisant chaque semaine de nouveaux slogans», et a appelé au dialogue.

Il va également plus loin en déclarant que «si le FLN s’est tu jusque-là, c’est par amour pour le pays». En d’autres termes, désormais le parti répondra à toutes les critiques et attaques.

Ainsi, la formation politique la plus décriée de la scène politique nationale par ce mouvement populaire, et dont l’«envoi» au musée est réclamé par de larges pans des manifestants, tente, selon toute vraisemblance, de se replacer et de paraître comme un parti débarrassé des membres ou soutiens de la «issaba» (la bande, ndlr) et qu’il pourra donc jouer un rôle dans le processus futur.

S’agit-il d’une simple posture d’une entité qui résiste et qui ne veut pas disparaître, ou est-il question d’une stratégie globale de redéploiement d’un pouvoir, qui voudrait s’appuyer sur le FLN, avec de nouvelles figures ? Djemaï pourra répéter autant qu’il le veut que son parti «a soutenu le hirak depuis le début», rien ne pourra effacer la vidéo d’un discours qu’il a prononcé peu avant le début de la protestation, dans lequel il affirmait : «N’est pas encore né celui qui sera comme Bouteflika».

D’ailleurs, au-delà de l’exigence du départ du président de l’APN, Moad Bouchareb, le FLN est empêché, dans plusieurs wilayas, de tenir des réunions organiques, comme cela s’est passé il y a quelques jours à Tébessa.

Le FLN n’est pas le seul parti qui tente de «revenir» au-devant de la scène politique. Les autres partis de l’ex-alliance présidentielle, ainsi que d’autres qui ont soutenu Abdelaziz Bouteflika durant ses quatre mandats, ont aussi adopté la même attitude. Il en est ainsi du RND d’Ahmed Ouyahia, du MPA de Amara Benyounès, Taj de Amar Ghoul, ou bien de l’ANR de Belkacem Sahli.

Des partis, les seuls d’ailleurs, qui ont «applaudi» le dernier discours du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, prononcé le jeudi 6 juin. Et ils font également la même chose au lendemain de chaque discours du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.

Au point où certains, parmi ceux qui soutiennent la feuille de route du vice-ministre de la Défense nationale, paraissent gênés par ces soutiens «encombrants». Sur les réseaux sociaux, des militants ironisent en affirmant que «l’alliance présidentielle qui s’était constituée autour de Bouteflika a repris du service pour Gaïd Salah».

Est-ce que l’«activisme» politique de ces partis relève d’une volonté de leur part de rester sur la scène en tentant de «sauver» ce qui peut l’être, ou agit-il, comme c’était le cas par le passé, d’une stratégie concertée avec le pouvoir en place, visant à les utiliser, dans un futur pas trop lointain, dans une équation à élaborer, ou qui est en train de l’être en ce moment ? Le responsable du RND, Sedik Chihab, n’a-t-il pas affirmé au début du hirak à des militants de son parti que «de toute façon dans quelques semaines les protestataires rentreront chez eux».

Ces «partis du pouvoir» ne misent-ils pas toujours sur l’essoufflement du mouvement ? D’où leur volonté de maintenir, tant soit peu, un minimum de présence sur la scène politique. Si le FLN a déjà changé de chef (Djemaï à la place de Bouchareb), le RND et Taj sont, quant à eux, minés par des crises internes, leurs premiers responsables étant désormais contestés dans leurs formations politiques font face à des démêlés avec la justice. Seul le MPA, le plus effacé d’entre eux, n’a pas connu de remue-ménage, publiquement du moins.

Ces partis semblent croire que le départ de leurs chefs (un changement de personnes) pourrait atténuer la colère exprimée par la population à leur endroit chaque semaine. La classe politique de l’opposition et la société civile peuvent-elles ainsi envisager un dialogue, avec les tenants du pouvoir, auquel prendront part ces formations ayant été associées à la gestion du «régime Bouteflika» ?

Pour l’instant, que ce soit pour les partis de l’opposition classiques, des «Dynamiques de la société civile» ou même de certains partis qui peuvent être qualifiés de «modérés», tel que Talaie El Hourriyet, il n’est nullement question d’associer à ce processus les partis ayant été «aux commandes» des affaires du pays sous l’ère Bouteflika ou l’ayant soutenu sans réserve. «Il y a lieu d’être d’une extrême vigilance quant à un risque majeur, celui de voir le dialogue national pris en otage par la multitude de partis politiques, d’associations et de mouvements qui, deux décennies durant, ont servi le régime politique, condamné au départ, avec un zèle et une soumission sans faille et dont les retournements tardifs ne leurrent ni ne dupent qui que ce soit», a déclaré, avant-hier, Ali Benflis dans une contribution publié sur El Watan. Ces partis dits du pouvoir voudront certainement revenir au-devant de la scène.

Mais ils devront affronter la colère populaire qui, pour l’instant, ne donne pas l’impression de s’essouffler. Pari risqué donc pour le FLN, RND, Taj, MPA, ANR et autres.


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