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Élection présidentielle 2019 : Incertitudes au sommet

29 novembre 2018 à 11 h 25 min

Dans son long texte, dont la lecture a été pénible pour Habba El Okbi, qui a dû ingurgiter plusieurs gorgées d’eau pour s’acquitter de cette tâche, le chef de l’Etat, absent de la scène en raison de son état de santé, n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour charger ses adversaires.

Le débat houleux autour de la prochaine présidentielle s’est imposé lors de la rencontre annuelle gouvernement-walis. En effet, c’est le président Bouteflika qui l’a suscité avec son message adressé aux participants et lu en son nom par le secrétaire général de la Présidence, Habba El Okbi.

La lettre véhicule, on ne peut plus clairement, un agacement face aux multiples critiques de son bilan général et de la volonté du pouvoir d’imposer un 5e mandat. Les signes de colère sont perceptibles dans les éléments de langage utilisés contre les critiques qui ne sont pas nommés dans ce message : «aventuristes», «amateurs de la culture de l’oubli», «partisans de la succession des personnes», «faucilles des massacres»

Dans son long texte, dont la lecture a été pénible pour Habba El Okbi, qui a dû ingurgiter plusieurs gorgées d’eau pour s’acquitter de cette tâche, le chef de l’Etat, absent de la scène en raison de son état de santé, n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour charger ses adversaires. Après un bref rappel de ses «réalisations» sur les plans de la sécurité, la stabilité et la reconstruction du pays, il aborde le débat du moment.

«Manœuvres politiciennes»

«Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée, vous savez, vous qui êtes sur le terrain, à relever au quotidien les défis sécuritaires et socioéconomiques, que l’enjeu est beaucoup plus grand», précise-t-il.

Pour lui, ces derniers sont des «aventuristes» qui «promeuvent la culture de l’oubli, du déni et de la négation» et qui «ne seront jamais des forces de construction et d’édification».

«Bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu», lance-t-il. Dans la foulée, le chef de l’Etat qualifie également d’anormal que «la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants».

«Les manœuvres politiciennes, que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien, sont la preuve tangible de ces intentions inavouées et s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos», estime-t-il.

Abdelaziz Bouteflika dénonce, au passage, «l’atteinte à la stabilité des institutions de l’Etat» qui est, selon lui, «une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable qui nous réunit et nous protège contre les visées des haineux». Poursuivant, il appelle à «l’adhésion autour des institutions de la République et leur défense» pour «barrer la route à toute tentative de leur instrumentalisation pour de funestes visées ou pour leur déstabilisation».

«Nos concitoyens ne sont découragés ni par les défis ni par les enjeux auxquels ils sont confrontés, mais par les manœuvres infâmes et les manigances dans lesquelles certains se positionnent en spectateur, en guetteur ou en conspirateur, bien qu’elles ciblent notre peuple et pays», ajoute-t-il.

«Ces manœuvres infâmes sont, souligne-t-il, des attitudes inacceptables» qui obligent «chacun à assumer sa responsabilité et à s’engager pleinement dans les options politique et économique nationales ou à en sortir définitivement». «L’ère des demi-mesures est révolue», a tranché le Président.

Les walis invités à lutter contre la corruption

Dans ses conseils aux walis, le président Bouteflika les invite à lutter contre «les fléaux représentés par des parasites handicapants». «Au moment où vous vous attelez d’arrache-pied à la matérialisation des stratégies tracées sur le terrain, nous constatons la propagation, dans la société, de fléaux représentés par des parasites handicapants pour vous et sabordant vos efforts à des fins malveillantes», explique-t-il, précisant que ces fléaux sont «la corruption, le clientélisme et la bureaucratie».

Selon lui, ces pratiques sont «les maux les plus dangereux rongeant notre société et les plus grands défis auxquels notre pays fait face à l’heure actuelle». Les auteurs de ces pratiques, enchaîne-t-il, sont des «éléments dévoyés» qu’il faut combattre.

«Autant est-il attendu de vous la matérialisation des grands objectifs de notre politique publique, que leur immunisation contre les manœuvres de cette espèce perfide qui n’a cure des souffrances, attentes et aspirations de nos concitoyens ni des ambitions de notre pays, et qui n’agit que par pur égoïsme et sordides intérêts», ajoute le président Bouteflika. 


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