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Il hérite d’un secteur désorganisé et précarisé : Belhimer a-t-il un projet sérieux pour la presse ?

05 janvier 2020 à 10 h 15 min

Nouveau ministre mais pour quel projet ? Amar Belhimer a pris, hier, ses nouvelles fonctions de ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.

La cérémonie d’installation dans ses fonctions s’est déroulée au siège du ministère de la Communication, en présence des cadres du ministère et des responsables de médias, rapporte l’APS. Le frais émoulu ministre a promis dans son allocution de «donner un nouveau souffle au secteur de la Communication et trouver des solutions aux problèmes professionnels, matériels et organisationnels à même de lui permettre d’accomplir sa noble mission de diffusion de l’information objective et d’être au diapason des exigences de l’heure et des développements que connaît le pays».

De son côté, Hassane Rabehi s’est dit convaincu que le nouveau ministre poursuivra le travail pour «la valorisation et la consolidation» du système d’information en Algérie et le renforcement «des chantiers de réformes» engagés dans le secteur.

Le nouveau ministre du gouvernement Djerad, ancien journaliste et professeur d’université, hérite d’un secteur désorganisé et précarisé. Belhimer, qui connaît la presse pour avoir été une de ses personnalités les plus en vue, à l’époque particulière du Mouvement des journalistes algériens (MJA), est attendu sur plusieurs dossiers.

Les promesses faites par les prédécesseurs de Belhimer n’ont pas été tenues. Les journalistes algériens font toujours face à d’énormes difficultés : entraves administratives, atteintes répétées aux journalistes, précarité, etc. L’un des défis majeurs auquel sera confronté le premier responsable du secteur est celui de la mise en place d’un service public fortement dévoyé depuis plusieurs années, mais plus particulièrement ces derniers mois. Le traitement de l’information liée au mouvement populaire, le scandale provoqué par les accusations abjectes à l’encontre du Commandant de la Wilaya IV historique, Lakhdar Bouregaâ, les dérives racistes sont quelques exemples qui renseignent sur l’état de déliquescence du champ audiovisuel national. Un très courageux collectif des travailleurs de ce secteur a dénoncé, dans ses actions de protestation périodiques, une situation de censure inacceptable, la partialité dans le traitement de l’information, la médiocrité des responsables et réclamé à cor et à cri le respect des règles du service public de qualité.

Les chaînes offshore, quel destin ?

L’autre dossier sur lequel est attendu le ministre est «l’assainissement» du secteur de l’audiovisuel privé, empêtré dans une situation anarchique incroyable, avec des dizaines de chaînes satellitaires de droit étranger. Le rôle de ces chaînes offshore a été parfois dangereux, mais les ministres successifs du secteur ont préféré «traiter» avec les gérants de ces entreprises favorisées par le système Bouteflika. La situation est restée telle quelle : à peine quelques jours après le lancement de l’appel à candidature portant création de chaînes de télévision en 2017, le gouvernement décide de «réétudier» le texte «en concertation avec les acteurs concernés, pour qu’il réponde aux exigences de développement du paysage médiatique audiovisuel algérien d’aujourd’hui». Mais depuis cette annonce ambiguë, le projet d’«assainissement» de l’audiovisuel médiatique national est à l’arrêt. Sans tenir compte des réactions «mitigées» d’une autorité, l’ARAV, paralysée par l’administration centrale, les chaînes privées continuent d’exercer dans l’illégalité, bénéficiant pour certaines d’un régime d’accréditation ambigu. Belhimer sera aussi attendu sur le traitement réservé à la gestion de la publicité étatique.

Le monopole de fait qui s’exerce sur l’ANEP ne permet pas un fonctionnement normal du secteur, où l’allégeance à des cercles de décision occultes prime sur d’autres considérations liées au travail médiatique à proprement parler. Le prédécesseur de Belhimer, Hassane Rabehi a pourtant annoncé, la main sur le cœur, l’installation d’une commission chargée d’appliquer la décision du gouvernement relative à l’adoption de la «transparence et l’objectivité» dans l’octroi de la publicité publique.

Ladite commission devait se baser dans son travail sur les principes de «la déontologie, la transparence et l’équité», que fera respecter un conseil de l’éthique et de la déontologie. Rien de tout cela n’a été mis en place. Le ministre se contentera-t-il de quelques actions de replâtrage en révisant des textes de loi du secteur ? Aura-t-il les coudées franches pour mener des réformes fortes ? Quelle trace devrait-il laisser ? 


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