Il faut instaurer un mécanisme de prise de décision et de validation locale pour avancer sur ce sujet | El Watan
toggle menu
mercredi, 21 avril, 2021
  • thumbnail of elwatan19042021





Maamri Ammar. Président de la Fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla

Il faut instaurer un mécanisme de prise de décision et de validation locale pour avancer sur ce sujet

07 septembre 2018 à 2 h 42 min

Tout d’abord comment évaluez-vous cette rentrée scolaire ?

Un gros effort a été fait en matière de nettoyage et d’aménagement des établissements scolaires à travers la wilaya. Certaines d’entre eux sont méconnaissables, le lancement des écoles dotées d’énergie solaire est un indicateur qu’une nouvelle ère commence, et ce sont autant d’efforts que nous appuyons et apprécions à leur juste valeur.

D’un autre côté, nous sommes encore une fois devant le constat négatif de la donne climatique. Dans la classe où a été donné le premier cours de l’année, il faisait 44°C le matin, et malgré les deux climatiseurs en marche, nous suffoquions. Nos enfants auront à subir cette canicule jusqu’au mois d’octobre. Elle est insoutenable autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

L’amélioration des conditions de scolarisation des élèves était l’un des points cardinaux de vos propositions ces dernières années, le changement du rythme scolaire également, qu’en est-il advenu ?

Des initiatives très louables avec une participation massive de la société civile ont permis de donner cette belle image à nos écoles. C’est un élan de solidarité et d’entraide qui fait chaud au cœur et qu’il faut à tout prix maintenir et entretenir tout au long de l’année, il ne saurait être conjoncturel avec cette épidémie de choléra qui s’abat sur le pays.

Cela a apporté une touche de gaité et de bien-être qui influeront positivement sur nos élèves, mais nous déplorons que la question de la réorganisation du calendrier scolaire en soit au point mort. La ministre a lancé la balle aux autorités locales, à l’académie et à nous-mêmes, mais nous n’avons pas avancé d’un iota depuis trois ans.

Comment expliquez-vous qu’aucun consensus n’ait été obtenu par rapport à cette revendication principale ?

Personne ne veut en prendre la responsabilité. Après plusieurs rounds de discussion en tripartite, regroupant l’administration, les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves, nous étions partis sur la piste d’un consensus des parents d’élèves d’abord.

A Ouargla, nous étions les pionniers de cette démarche et pour nous l’adoption d’un rythme scolaire en conformité avec la réalité du terrain est la clé de voute de toute tentative d’amélioration des rendements et résultats scolaires dans le Sud. Nos efforts ont été laminés par l’actuelle présidente de la Fédération nationale, cautionnée par le ministère, et qui n’a rien à voir avec les problèmes des élèves et de leurs parents.

Le changement de calendrier pour le Sud n’a jamais été la priorité du ministère et toutes nos tentatives de changer la donne n’ont pas abouti malgré des rapports circonstanciés et des propositions claires et peu couteuses, mais qui peuvent métamorphoser le paysage scolaire au sud du pays.

Vous voulez dire qu’il n’existe pas de mécanisme d’adoption de vos résolutions ? Que les dizaines de réunions organisées aux échelons local, régional et national n’ont servi à rien ?

Ecoutez, d’un point de vue réglementaire, c’est l’administration qui organise les rencontres et convie les différentes parties concernées. Notre fédération a toujours répondu présente et participé au débat avec des solutions à la clé, les syndicats d’enseignants nous ont rejoint depuis plusieurs années sur ce volet purement pédagogique, et le consensus sur ce sujet est atteint.

Nous l’avons exprimé à maintes reprises et demandé à ce qu’une consultation régionale se fasse rapidement pour mettre en place un système qui réponde au mieux aux besoins. Avec feu l’ancien président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves, nous étions arrivés à une démarche des régionalisations, c’est-à-dire que nous devions créer une fédération des associations de parents d’élèves de la région sud qui porterait ce projet et aboutirait à un consensus pour l’ensemble des wilayas du Sud. Je vous parle de 2016, et depuis de l’eau a coulé sous les ponts.

Et la solution donc ? Pourquoi ne pas profiter de la rentrée scolaire pour soulever de nouveau ce problème ?

Vous savez comme moi que le coup d’envoi de la rentrée est un acte purement protocolaire et qu’il prend beaucoup de temps et de mobilisation. Ce sujet est soulevé dans toutes nos réunions, nos rencontres formelles et informelles, nous sommes allés jusqu’à faire des simulations au M3 des classes scolaires pour proposer des solutions aux insuffisances de la climatisation.

Nous sommes prêts à porter au sommet de l’Etat ce projet de refonte, mais il faut qu’un mécanisme de prise de décision soit mis en place pour valider ces décisions, en concertation avec les autorités locales de chaque wilaya concernée. Or, ce rouage n’existe pas et il ne tient qu’aux directeurs de l’éducation respectifs de sortir de leur carcan administratif pour appréhender le sujet comme un plus à leur gestion et les choses iront bien.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!