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Les participants au colloque sur la résistance des femmes nord-africaines : «Il faut inscrire le nom de Dihya dans l’espace public»

01 octobre 2019 à 10 h 00 min

A l’ouverture du colloque au siège de la wilaya, les participants ont dû être surpris par une déclaration du wali, Attalah Moulati, qui affirme que la reine berbère Dihya/Kahina «a résisté à la présence romaine», effaçant d’un trait le combat acharné de la guerrière contre les conquérants arabes durant les premiers temps de l’introduction de l’islam en Afrique du Nord.

Se réapproprier l’histoire nationale et revaloriser les noms de ses personnages méconnus. Les participants au Colloque sur la résistance des femmes en Afrique du Nord, qui s’est clôturé hier à Tébessa, ont recommandé à l’issue de leurs travaux la mise en place d’une unité de recherche spécialisée au niveau local, voire national afin d’ouvrir un chantier d’études, de recherches et de prospections sur la «période de la Kahina».

Cela devra permettre, précisent-ils, de lever toute «l’ambiguïté et l’imprécision des faits historiques» rapportés par des sources étrangères et évitera la «sacralisation du mythe et de tomber dans les affres de la légende».

A l’ouverture du colloque au siège de la wilaya, les participants ont dû être surpris par une déclaration du wali, Attalah Moulati, qui affirme que la reine berbère Dihya/Kahina «a résisté à la présence romaine», effaçant d’un trait le combat acharné de la guerrière contre les conquérants arabes durant les premiers temps de l’introduction de l’islam en Afrique du Nord.

«Le récit de la période de la Kahina est fait par les Omeyyades qui ont donné d’elle une piètre image. Rien de sérieux n’a été fait par la suite pour la faire connaître.

Il y a eu la statue, érigée en 1994 à Baghaï (Khenchela), après des années de militantisme et grâce à l’aide du wali Djebarri. Des intégristes sont venus jeter des ordures à ses abords (la statue a été brûlée en 2016, ndlr). J’ai toujours dit que pour promouvoir la culture, il faut d’abord faire connaître l’histoire.

Pour faire aimer la langue aux nouvelles générations, faisons-leur découvrir notre histoire», soutient Mohamed Merdaci, chercheur en langue et culture amazighes et auteur d’un recueil de citations chaouies, publié récemment.

Constatant son absence dans l’espace public, les participants au colloque de Tébessa, dont l’une des thématiques est le résistance de la Kahina, ont recommandé l’inscription du nom de la reine sur un «édifice adéquat et approprié à sa dimension».

Considérant aussi l’importance du site de Bir El Ater et de sa profonde portée historique liée à la culture atérienne et à l’illustre Kahina/Dihya, les participants ont également recommandé de «consolider» les mesures de préservation et de concrétiser, dans la région du Bled El Hedba, le projet d’un parc archéologique, en se référant au rapport de recensement et d’inventaire par le Centre national de recherche archéologique.

Pour faire face à beaucoup de contre-vérités historiques, répétées depuis des années par des spécialistes autoproclamés, les chercheurs affirment qu’il faut privilégier l’archéologie à l’historiographie.

Pour eux, il s’agit surtout de «reconsidérer l’importance de l’oralité comme source référentielle à exploiter par une approche scientifique dans ses multiples segments (le conte, le proverbe, les arts, la litanie, le rituel…)».

Il faudra œuvrer «à introduire les personnages objets de la thématique du colloque dans le manuel et l’anthologie scolaires placés sous la responsabilité de la commission nationale des programmes et inciter l’université à introduire l’enseignement des langues anciennes comme le libyque, le punique, le grec, le latin, le turc…», insistent-ils.

Précisons par ailleurs que les participants aux rencontres de l’antique Thevest souhaitent voir inscrire, au plan du HCA pour l’année 2020, l’organisation à Sétif du 6e colloque sur la connaissance et la revalorisation de l’histoire autour de la récente découverte de Aïn El Hanech, «replaçant l’Algérie comme berceau de l’humanité».


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